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L’enjeu de l’élection présidentielle

Monday 26 mars 2018

Depuis le 26 mars, les Egyptiens votent pour élire leur président. Cette élection prési­dentielle, la quatrième à carac­tère pluriel de l’histoire de l’Egypte (après celles de 2005, 2012, et 2014), a une impor­tance toute particulière, en rai­son du contexte dans lequel elle se déroule.

Après deux révolutions suc­cessives en 2011 et 2013 et une période de troubles, l’Egypte est aujourd’hui en quête de stabilité, avec l’objectif de consolider les acquis déjà réalisés, et d’avancer vers de nouveaux horizons. Au cours des dernières années, l’Egypte, au bord de la guerre civile, est parvenue à sortir de l’ornière. Elle s’est éloignée du spectre de l’Etat théocratique religieux, et a conservé le statut qui a toujours été le sien, celui d’un Etat civil basé sur l’égalité des droits. Elle s’est dotée d’une Constitution libérale qui garan­tit l’égalité des citoyens loin de tout sectarisme religieux ou de discrimination basée sur le sexe, la race ou la religion. La femme égyptienne a été au coeur d’une réforme menée par les autorités égyptiennes, avec notamment un quota pour la représentation féminine au sein du parlement égyptien, et des lois visant à consolider son statut dans la société. La femme a également sa place dans l’exé­cutif avec six femmes au sein de l’actuel gouvernement. 2017 a été déclarée année de la femme.

Parallèlement à ces réalisa­tions, la guerre contre le terro­risme et le fondamentalisme religieux est menée sans relâche. Les activités terro­ristes ont pratiquement disparu dans la région du Delta et une offensive est en cours pour éradiquer définitivement le fléau terroriste au Sinaï.

Sur le plan externe, l’Egypte a retrouvé la place qui était la sienne sur l’arène internatio­nale, adoptant une diplomatie active et instaurant des rela­tions équilibrées avec son entourage arabe et africain.

Enfin, au cours des deux der­nières années, un vaste et ambi­tieux programme de réforme économique a été initié, avec l’objectif de freiner l’inflation et de juguler le déficit budgétaire. Aujourd’hui, et malgré l’ampleur des défis, ce plan commence à porter ses fruits comme en témoignent les chiffres des insti­tutions monétaires internatio­nales. Ainsi, le taux de croissance devrait passer en 2018 de 4,8 % à 5,5%. Les investissements étrangers devraient connaître une hausse de 20% en 2018. Le déficit budgétaire a été maîtrisé et le tourisme reprend lente­ment mais sûrement.

L’objectif à présent est de poursuivre ces réformes. Et c’est là l’enjeu de l’élection présidentielle de 2018: moder­niser l’Egypte.

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