Débats > Opinion >

L’avenir de la réconciliation palestinienne

Sunday 29 oct. 2017

L’Egyptea dernièrement accentué ses efforts visant à réaliser une réconciliation interpalestinienne et à mettre fin à une division qui dure depuis plus de 10 ans. Des réunions intensives entre des représentants du Fatah et du Hamas ont été tenues au Caire fin septembre, sous le parrainage des responsables des renseignements égyptiens. Ces discussions ont créé un climat favorable en vue d’une réconciliation.

A la suite de ces réunions, le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est adressé au peuple palestinien à travers un discours d’une grande importance, l’appelant à assumer sa responsabilité afin de réaliser cet objectif historique et mettre fin à la division interpalestinienne. Puis Sissi a envoyé le chef des renseignements à Gaza et en Cisjordanie pour rencontrer la direction palestinienne et les directions du Fatah et du Hamas. Durant cette visite, l’envoyé égyptien a assuré que l’Egypte restera un partenaire complet dans ces efforts jusqu’à ce que la division prenne fin.

Les efforts égyptiens ont abouti à la signature par le Fatah et le Hamas d’un communiqué commun au Caire le 12 octobre dernier, dans lequel ils se sont mis d’accord sur des pas déterminés, dont le plus important est de permettre au gouvernement d’union nationale, dirigé par Dr Rami Hamdallah, d’assumer ses charges dans la bande de Gaza, conformément à un agenda sur lequel les deux parties doivent se mettre d’accord. Il a également été conclu de tenir une réunion le 21 novembre courant au Caire, regroupant toutes les factions palestiniennes qui avaient participé au document de réconciliation signé au Caire le 4 mai 2011. Pour comprendre l’avenir de cette réconciliation, il est indispensable de jeter la lumière sur les problèmes qui l’entravent et qui peuvent être classés en 2 catégories principales.

La première concerne les moyens concrets de la mise en exécution du document signé au Caire en 2011 et qui comprend 5 questions (les normes concernant l’adhésion du Hamas et du djihad islamique à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), la sécurité et la reformation des appareils palestiniens de sécurité, la tenue des élections générales, la réconciliation sociétale et la formation du gouvernement). La seconde catégorie porte sur les problèmes qui ont émergé à cause de la longue durée de division, comme la question de l’unification de l’arme, la possibilité de former un gouvernement d’union nationale ou bien garder le gouvernement actuel tout en lui permettant d’assumer ses charges. En plus de la question des fonctionnaires du Hamas et des moyens de les intégrer dans les institutions de l’autorité, ainsi que d’autres problèmes liés au paiement des factures d’électricité et des salaires.

Il est clair que la réussite de la réconciliation est liée à la nécessité de garantir certains principes. Et l’engagement des différentes parties à ces principes sera l’indice réel du destin de la réconciliation.

Premièrement, la réorganisation de la « maison palestinienne », qui n’est plus un choix mais une nécessité. Et il faut reconnaître qu’il est possible qu’il n’y ait pas d’autres occasions pour réaliser cet objectif si l’occasion actuelle est ratée. Deuxièmement, il faut savoir que la réorganisation de la maison palestinienne est le pas essentiel sur la voie de la fondation d’un Etat palestinien. Car c’est le seul moyen de mettre fin aux prétextes sur lesquels Israël s’appuie pour se désengager des accords de paix. Troisièmement, la bande de Gaza et la Cisjordanie sont encore des territoires occupés, les factions palestiniennes ne possèdent donc pas le luxe de rester divisées, de se chercher des gains illusoires dans le contexte d’une occupation israélienne qui dit clairement qu’elle ne veut pas d’un Etat palestinien indépendant. Quatrièmement, c’est l’intérêt palestinien suprême qui compte et les intérêts propres à chaque partie doivent disparaître. Cinquièmement, tous les problèmes qui entravent la réconciliation peuvent être résolus et tous les accords dernièrement conclus sont applicables et ne nécessitent qu’un peu de flexibilité, de confiance mutuelle, et surtout d’avoir un objectif commun, à savoir l’intérêt du peuple palestinien uni, même si les tendances politiques divergent. La pluralité politique est un droit légal tant que ceci ne va pas à l’encontre de l’intérêt, de la sécurité et de la stabilité du pays. Sixièmement, il faut que le côté palestinien compte sur le partenaire égyptien et réagisse positivement avec les compromis qu’il propose, partant du principe qu’il n’y a aucun intérêt égyptien de s’aligner sur une faction au détriment d’une autre.

Il est évident que les efforts dernièrement déployés ont permis de dépasser l’étape la plus importante qui était de réussir à réunir toutes les parties sur une seule table. Vient ensuite une autre étape très difficile sur la voie de la réalisation d’une réconciliation réelle qui est de réussir à exécuter le contenu du document du Caire de 2011, et aussi d'exécuter les solutions qui ont été approuvées concernant les problèmes survenus après 2011. Il faut que les directions du Fatah, du Hamas et de toutes les organisations palestiniennes prouvent qu’elles envisagent la réconciliation à partir d’un angle national et non pas partisan.

Et si Israël, suivi par Washington, a exprimé son opposition à la réconciliation, en réclamant des conditions préalables auxquelles le Hamas doit répondre comme le fait de reconnaître Israël et de céder ses armes, ceci ne doit pas être dépressif. Bien au contraire, c’est une raison pour accomplir la réconciliation

Mots clés:
Lien court: