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Nouvelle dynamique

Sunday 24 sept. 2017

Avec le geste d’ouverture du Hamas envers son rival le Fatah, la semaine dernière, et son accepta­tion des conditions de l’Autorité palestinienne en vue de former un gouvernement commun et d’orga­niser des élections, c’est une nou­velle dynamique régionale qui s’installe. Depuis de longues années, le Fatah et le Hamas entre­tenaient des relations en dents de scie. Les deux mouvements sont séparés par un fossé idéologique. Le Hamas a vu le jour en 1987 dans le sillage de la première Intifada palestinienne. Dès ses pre­miers jours, il s’est posé en rival du Fatah de Yasser Arafat, en s’op­posant notamment aux accords d’Oslo de 1993 et à la reconnais­sance par l’OLP de l’Etat d’Israël, et en prônant la poursuite de la lutte armée contre « l’ennemi israélien ». Le Hamas a toujours tenu le Fatah pour responsable de la « destruction » de la Palestine et des divisions interpalestiniennes. La rivalité entre les deux mouve­ments a atteint son apogée en 2007 lorsque le Hamas a expulsé le Fatah de la bande de Gaza à l’issue d’une confrontation san­glante.

Au cours des années précé­dentes, plusieurs facteurs ont inci­té le mouvement palestinien à modérer ses positions. L’enclave palestinienne de Gaza est confron­tée à une grave crise en raison du blocus israélien, mais aussi en rai­son des sanctions imposées par l’Autorité palestinienne. Le Hamas était également sous une énorme pression après la fermeture, par l’Egypte, des tunnels souterrains et l’arrêt de la contrebande d’armes et de marchandises qui passaient par ces tunnels. Sur le plan politique, le mouvement palestinien a perdu tour à tour l’appui de la Syrie, empêtrée dans une terrible guerre civile depuis 2011, mais aussi celui du régime des Frères musulmans en Egypte après la chute de ce dernier. Mais, facteur déterminant, il a surtout perdu l’appui financier du Qatar, soumis à un embargo par l’Egypte et par ses voisins du Golfe, en raison de son soutien au terro­risme.

La décision du Hamas de se soumettre aux efforts de réconci­liation est une victoire pour l’Egypte, qui a exercé d’inlassables pressions sur le mouvement palestinien. Elle montre que les efforts régionaux visant à juguler l’influence du Qatar ont com­mencé à payer. La soumission du Hamas aux efforts de réconcilia­tion permet aussi de contrer l’in­fluence de l’Iran, avec qui le mou­vement palestinien a toujours entretenu des liens privilégiés. Le « domptage » du Hamas donnera sans doute lieu à une amélioration de la sécurité dans la péninsule du Sinaï. L’Egypte avait à plusieurs reprises affirmé que des combat­tants de Daech se réfugiaient dans la bande de Gaza et bénéficiaient de l’appui des extrémistes dans l’enclave palestinienne. La dyna­mique régionale est en train de changer, privilégiant le rôle de l’Egypte au détriment de celui du Qatar et de l’Iran .

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