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Soeur Marguerite : On tient autant à l’éducation qu’à l’enseignement

Lundi, 15 avril 2019

Soeur Marguerite, directrice de l’école de la Délivrande d’Héliopolis, explique les valeurs de son établissement et ce qui le caractérise.

Soeur Marguerite

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi, d’après vous, les parents veillent toujours à ce que leurs filles joignent des écoles religieuses, notamment la Délivrande ?

Soeur Marguerite : A chaque fois que je rencontre les parents qui viennent inscrire leurs filles chez nous, je leur pose la même question. Et la réponse vient toujours la même : l’enseignement on peut le trouver ailleurs ou même à la maison, mais ce que nous cherchons ici c’est une éducation distinguée pour nos filles. La plupart de ces parents me confient qu’ils ont pris leur décision après avoir contacté les anciennes diplômées de l’école et ils ont repéré qu’elles ont reçu une formation à la fois sérieuse et humanitaire. Moi, personnellement, je vois que ce qui nous caractérise, c’est qu’on tient autant à l’éducation qu’à l’enseignement, car les deux ne peuvent pas être séparés si on veut construire une personnalité distinguée.

— Et qu’est-ce qui distingue les diplômées de la Délivrande ?

— C’est leur personnalité. La formation que les filles de la Délivrande reçoivent les pousse à devenir fermes et capables d’occuper n’importe quelle position soit en tant que mère de famille ou en tant que femme active. Nos filles sont fortes, autonomes. Elles peuvent se lancer dans n’importe quel milieu et être capables de se tenir toujours debout.

— Comment faites-vous pour maintenir et protéger les valeurs sur lesquelles est basée la mission de l’école, surtout avec les changements qu’endure la société ?

— On insiste beaucoup avec nos enfants sur les dons et les valeurs humains qu’il faut garder et fructifier pour pouvoir lutter contre tous les dangers qui se trouvent ailleurs, comme la violence et la drogue par exemple, et, encore plus, on les encourage même à tenter de les changer. On sensibilise les filles à travers un film, une chanson, un texte ou à travers des informations lancées par les professeurs, soit lors des cours de vie ou pendant les cours ordinaires. Tout cela pour les mener à réfléchir, à analyser et à savoir à la fin comment réagir et devenir fortes. Mais il y a aussi un autre danger : les foyers ne sont plus unis comme auparavant. Les filles viennent me confier les drames qu’elles vivent chez elles, alors j’essaye de les pousser à être fortes, et au lieu de subir les effets négatifs des problèmes familiaux, je les aide pour qu’elles deviennent elles-mêmes un atout de changement dans leur famille, pour qu’elles essayent de créer elles-mêmes leur bonheur, afin que cette joie intérieure se transmette à tout son entourage.

— Et quels rôles jouent les activités dans la formation de vos élèves ?

— J’encourage beaucoup l’activité et je pousse les filles à donner de leur temps et de leur vie même. D’un côté, l’activité humaine basée sur le service des autres à travers des visites aux hôpitaux, aux asiles des vieillards et aux centres de handicapés pousse les filles à penser aux autres. Le fait de donner devient une chose naturelle et essentielle dans leurs personnalités. Ainsi, on les prépare à devenir des membres efficaces dans la société. D’un autre côté, les autres activités comme le sport, le dessin et la musique par exemple jouent aussi un rôle très important en donnant de la confiance aux filles à travers l’exploitation de leurs dons. Parfois même on trouve des enfants qui sont faibles de nature en ce qui concerne l’enseignement, mais lorsqu’on découvre leurs charismes dans ces activités, cela leur donne confiance en elles-mêmes et les encourage à avancer dans leurs études. Et, en effet, on remarque que les filles changent, et précisément à partir de la troisième préparatoire.

— Comment choisissez-vous les enseignants pour qu’ils s’adaptent avec le concept éducatif de l’établissement ?

— Le choix n’est pas facile, car je refuse de lancer des annonces sur les réseaux sociaux demandant des professeurs. Mais je dois rencontrer moi-même la personne qui se présente pour se joindre à l’école. A travers cette rencontre, je dois m’assurer d’abord qu’elle peut s’intégrer avec les principes de l’école, surtout qu’on a des élèves musulmanes, chrétiennes, pauvres, moyennes et riches. Alors, cette personne doit réagir avec tout le monde de la même manière sans distinction. Et la même chose au niveau de la relation avec les autres professeurs, où tout le monde doit vivre avec l’esprit de la famille. Puis sans doute j’évalue aussi son niveau dans la matière qu’il vient enseigner l

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