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La relance du tourisme vert

Dalia Farouq, Lundi, 21 novembre 2016

Le ministère du Tourisme assure la reprise du plan de conversion en énergies renouvelables qui devrait s'étendre à l’ensemble du secteur. Un plan mis à mal à cause des crises successives du tourisme en Egypte.

La relance du tourisme vert

Le ministre du Tourisme, Yéhia Rached, vient d’annoncer la poursuite du plan de développement du tourisme vert, l’un des piliers du plan adopté pour le développement du secteur en Egypte. « La conversion en tourisme vert n’est plus un luxe, c’est une nécessité pour tout pays qui aspire au développement durable du tourisme », assure le ministre. Il a annoncé un programme visant à encourager les hôtels de la mer Rouge à répondre aux normes écologiques internationales, non seulement en termes d’énergie, mais aussi dans des domaines comme la consommation de l’eau, la gestion des déchets, ou encore le traitement des eaux usées.

« Les crises dont souffrait le secteur du tourisme depuis la révolution du 25 janvier et le déficit financier ont entravé la progression de ce plan, mais on cherche des alternatives pour le financement à travers la caisse du tourisme qui accordera des prêts à des taux d’intérêt préférentiels à tout acteur du secteur qui en ferait la demande pour entamer la conversion en tourisme vert de son établissement », explique Rached. Il ajoute : « Le Conseil des ministres a consacré 20 millions de L.E. pour le secteur du tourisme afin de reprendre ce projet. Avec cette somme, on va bientôt commencer un projet pilote qui consiste à convertir une dizaine d’hôtels de la mer Rouge en énergie propre », assure le ministre du Tourisme.

La Fondation allemande pour la coopération internationale (GIZ) était un partenaire principal du gouvernement égyptien pour l’exécution du projet de l’utilisation de l’énergie propre et renouvelable dans le secteur du tourisme.

Selon Emad Hassan, conseiller du ministre du Tourisme pour le tourisme écologique, 73 hôtels à Charm Al-Cheikh se sont déjà convertis. « Ce n’est pourtant pas la première fois que l’écotourisme est mis en avant en Egypte. Ce concept a vu le jour à Charm Al-Cheikh en 2008 avec l’initiative Green Charm », dit Hassan. Cette initiative faisait suite à la deuxième conférence internationale sur le changement climatique de Davos et prévoyait la transformation de Charm Al-Cheikh en une ville verte.

La déclaration de Davos avait notamment souligné que « le secteur du tourisme doit réagir rapidement face à son empreinte écologique, s’il veut connaître une croissance durable ». Hassan poursuit : « C’est à partir de cette date que le ministère a commencé l’application de ce type de tourisme en Egypte. Il a créé une unité pour le tourisme vert et durable qui a pour but de gérer le dossier de la transformation, ainsi que de coordonner le travail entre les différents organismes concernés. En outre, les hôtels qui suivent ce plan de reconversion se voient décerner le label égyptien Green Star, mis en place par le ministère du Tourisme ».

Pour sa part, Adla Ragab, conseillère économique du ministre du Tourisme, assure que dans quelques années, le prix et la qualité des services ne seront plus les seuls critères pour le choix des destinations. « Les normes écologiques deviennent des critères de plus en plus importants. Les voyageurs sont désormais sensibles à la dimension écologique du tourisme dans les pays qu’ils visitent et prennent davantage ce facteur en compte avant de réserver leur voyage », explique Ragab.

Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), le tourisme vert représentera bientôt 50 % de la demande mondiale. Ragab ajoute que l’Egypte ne manque pas de ressources renouvelables, ce qui fait de sa conversion en tourisme vert un projet tout à fait réalisable. « Même si les technologies de conversion sont coûteuses, à long terme, elles augmentent le rendement économique des entreprises touristiques, surtout que les énergies alternatives sont presque gratuites », indique la responsable.

En Egypte, particulièrement, cette conversion en énergies renouvelables vise également à compenser la réduction des subventions à l’énergie dans le contexte de la hausse des prix de l’électricité qui a beaucoup affecté les établissements hôteliers.

« Nous sommes conscients de la crise financière dont souffrent presque tous les établissements touristiques et non seulement les hôtels, ainsi nous avons élaboré plusieurs études pour rendre raisonnable le coût de la conversion en tourisme vert », précise le conseiller du ministre. « On espère achever notre objectif d’ici 2020. On commencera par la région de la mer Rouge pour s’étendre ensuite aux autres destinations touristiques en Egypte », espère Hassan.

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