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Oiseaux migrateurs : l’étape à protéger

Rasha Hanafy, Lundi, 19 mai 2014

Lors de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs célébrée à Assouan, des appels ont été lancés pour l'instauration d'un tourisme durable, afin de conserver, en Egypte, les voies de passage vers l'Afrique australe.

Oiseaux migrateurs : l’étape à protéger

Dotée de 34 sites impor­tants pour les oiseaux migrateurs, comme le lac Bardawil au Nord-Sinaï, les îles d'Hurghada et la réserve natu­relle de Ras Mohamad, l’Egypte a célébré le 11 mai la Journée Mondiale des Oiseaux Migrateurs (JMOM), à Assouan. Cette ville, située au sud d’Egypte et célèbre pour sa richesse des monuments pharaoniques, est une étape importante dans l’itinéraire migratoire des oiseaux provenant de l’Est et se rendant en Afrique centrale.

Le ministère de l’Environnement, aidé par des ONG et le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), tente d’établir une coopéra­tion avec le secteur du tourisme en Egypte. C’est en application du thème de cette année, à savoir « Les voies de migration des oiseaux : destinations touristiques ». Pour l’heure, il s’agit surtout de sensibiliser la population à l’importance de ces oiseaux. « Le tou­risme doit être durable pour protéger les oiseaux migrateurs. Nous devons protéger les habitats des oiseaux, tout en créant des emplois pour les commu­nautés locales et en les formant à observer les oiseaux dans les villes, sur les itinéraires de migration. Dans les hôtels, à titre d’exemple, il est question de se servir des plantes locales qui consomment peu d’eau et qui sont cultivées avec peu ou sans pesticide. Il s’agit également de former le person­nel de ces hôtels pour qu’il connaisse l’importance d’être au sein de la voie de migration des oiseaux », explique Nour Nour, de l’Association égyp­tienne pour la conservation de la nature. Pour lui, l’essentiel est que « le tourisme durable respecte, préserve et mette en valeur les ressources natu­relles, culturelles et sociales, de manière à minimiser les impacts néga­tifs pouvant être générés. Il faut se servir de l’observation ornithologique, pour accueillir plus de touristes ». Il regrette que le « développement touris­tique » cause une disparition des res­sources naturelles et une destruction de l’environnement, à l’instar des projets touristiques de la Côte-Nord, qui ont négligé toute vision de protection de la nature.

Nour fait appel aux responsables, pour que les constructions touristiques dans l’avenir soient durables, en res­pectant les normes du développement dans la gestion des déchets solides, la rationalisation de la consommation de l’eau dans les espaces verts et la ges­tion des drains sanitaires et agricoles.

Lors de la célébration à Assouan, la première tour pour l’observation orni­thologique a aussi été inaugurée au sein du centre culturel Fekra, situé dans la zone du réservoir d’Assouan.

Aigles, faucons et hiboux

Selon l’ONG Bird Life, 1 227, soit 12,4 % des presque 10 000 espèces d’oiseaux recensées dans le monde, sont menacées. 1,5 million d’oiseaux migrateurs passent par l’Egypte annuellement, parmi lesquels figurent des prédateurs comme aigles, faucons et hiboux. Il y a aussi 300 000 cigognes, 6 000 cygnes et des ibis. Cela sans compter les autres espèces des oiseaux migrateurs qui passent par l’Egypte dans leur itinéraire du Nord vers le Sud. Tous ces oiseaux sont confrontés à de nombreux dangers, comme les pesticides, les lignes à haute tension, les éoliennes, les déchets solides, les eaux polluées, sans compter la chasse et le développement touristique, notamment sur les rives de la mer Rouge et de la Méditerranée.

Un certain nombre d’initiatives ten­tent d’alerter les pouvoirs publics et la population sur les dangers qui mena­cent les oiseaux migrateurs en Egypte. « Un projet régional des oiseaux migrateurs est en cours visant un objectif double, qui cherche à intégrer la conservation des oiseaux migra­teurs dans les politiques nationales. Il s’agit des politiques qui portent sur l’agriculture, l’énergie, les déchets et le tourisme. Et ce, parce que beaucoup d’oiseaux meurent le long du trajet migratoire et dans les lieux d’hiver­nage en Afrique, et ceci a un impact significatif sur la densité des popula­tions d’oiseaux en Europe », explique Ossama Al-Guébali, directeur du Projet national pour la protection des oiseaux migrateurs. Et de préciser : « Citons, à titre d’exemple, ce qui a été appliqué avec le ministère de l’Elec­tricité et de l’Energie renouvelable avec les éoliennes. En Egypte, les parcs éoliens sont construits le long de la mer Rouge. Tout projet visant à construire des stations éoliennes doit au préalable étudier leur impact sur le trajet des oiseaux migrateurs pla­neurs. Les pays situés sur l’itinéraire de ces oiseaux doivent également prendre des mesures pour les proté­ger. L’objectif est de protéger les oiseaux migrateurs d’Europe de l’Est, qui hivernent en Afrique centrale et au nord-est de l’Afrique ». Selon lui, il est indispensable que les pays concernés adoptent des mesures adé­quates dans les secteurs de la chasse, de l’énergie, de l’agriculture, de la gestion des déchets et du tourisme durable, pour rendre les voies de migration plus sûres.

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