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A condition de voir loin

Rasha Hanafy, Lundi, 01 juillet 2013

Dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen, l’Union Européenne et le ministère de l’Agriculture ont lancé un projet visant un dévelop­pement rural qui conserve les res­sources naturelles et assure la dura­bilité du sol pour les générations futures.

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« le développement rural basé sur des incitations conditionnelles ». C’est le projet-pilote lancé la semaine der­nière et visant à soutenir les petits agriculteurs pour augmenter la production agricole et avoir un revenu fixe tout en conservant l’environnement rural, le sol et l’eau. Le projet est le fruit d’une coopération entre le ministère égyptien de l’Agriculture et l’UE. La convention de ce projet a été conclue en 2010. Durant 2 ans, les responsables des deux côtés ont préparé les normes techniques sur lesquelles le travail sera basé et sélec­tionné les associations de la société civile, qui vont mener le travail sur terrain. Le projet sera exécuté sur 2 ans dans 6 villages dans les gouvernorats de Fayoum et Minya. Il s’agit du premier projet du genre basé sur des inci­tations conditionnelles.

C’est le système européen qui consiste à imposer des conditions respectant l’environ­nement et le développement durable des res­sources naturelles, aux paysans possédant de petites superficies agricoles, moins de 3 fed­dans (0,42 hectares). « Nous visons la forma­tion et le renforcement des capacités, notam­ment dans la gestion des ressources naturelles et l’utilisation des équipements pour conser­ver l’environnement. Je dois préciser qu’il s’agit d’un projet-pilote qui va nous guider pour savoir ce qui est convenable pour les paysans égyptiens, afin d’avoir un revenu fixe, de rationaliser le système d’irrigation et d’améliorer le sol pour un développement durable dans l’agriculture », explique John Rhodes, responsable de l’équipe technique du projet.

L’Union des Producteurs et des Exportateurs des Produits Horticultures (UPEPH), relevant du ministère de l’Agriculture, va mener l’exé­cution du projet avec les paysans en fournis­sant les agronomes qui seront formés selon le système européen.

« Nous avons visé les petites superficies parce que c’est leur suppression par la construction ou la détérioration du sol qui mène à la déser­tification. Ce projet-pilote vise à limiter au maximum la pauvreté puisque le paysan aura un revenu fixe sans abus dans l’exploitation de ces terrains agricoles », indique Nader Al-Banna, président de l’UPEPH.

Surmonter les difficultés

L’agriculture en Egypte doit faire face à de sérieux défis : l’augmentation des prix des produits agroalimentaires sur le plan interna­tional, la limitation des terrains arables agri­coles dans le Delta, soit 3 % de la superficie de l’Egypte, la limitation de la quantité de l’eau nécessaire à l’irrigation, notamment avec la rareté des pluies, outre l’explosion démographique et le manque d’autosuffisance des produits alimentaires. Selon les dernières statistiques nationales réalisées en 2011, 51 % de la population des communautés rurales en Egypte vit en dessous du seuil de pauvreté, par rapport à 44 % en 2009. Le taux des petites superficies agricoles moins de 3 fed­dans s’élève à 38 % du total des terres agri­coles en Egypte.

Le revenu modeste des petites superficies agricoles cause la mise en jachère de ces ter­rains pour les vendre et donc les perdre. « Notre travail avec les petits paysans égyp­tiens consiste à les aider pour subsister, à les guider pour mener des pratiques agricoles qui favorisent une agriculture respectant l’en­vironnement et permettant aux enfants d’avoir du sol et de l’eau pour cultiver dans l’avenir. Nous allons évaluer l’expérience pour tout calculer : les revenus, la pollution et l’appau­vrissement des sols. Nous allons aider le paysan à ne pas utiliser trop d’engrais, ni de pesticides en appliquant ce qu’on appelle l’agriculture de conservation », assure Philippe Cornuejols, spécialiste en suivi-éva­luation du projet.

Si le projet est concentré sur les pratiques respectant l’environnement et conservant les ressources naturelles, il crée également un canal de communication direct et un réseau liant les petits paysans et les commerçants des produits agricoles. Les nouvelles politiques visant à rationaliser l’eau de l’irrigation et l’utilisation des engrais, à se servir de bonnes semences et à purifier les canaux et les rivières seront menées en partenariat avec les paysans et en coopération avec les ministères de l’Agriculture et des Ressources hydrau­liques. La grande part de financement de ce projet provient de l’UE. Le coût s’élève à 10 millions d’euros durant la durée de ce projet-pilote, à savoir 2 ans. L’évaluation du projet sera réalisée par des spécialistes européens et les résultats seront publiés régulièrement. Il n’est jamais trop tard, l’essentiel est de com­mencer quel que soit le chemin à parcourir .

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