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Mahmoud Ismaïl Mohamad : « La solution passe par les sanctions sévères »

Rasha Hanafy, Lundi, 20 mai 2013

Mahmoud Ismaïl Mohamad, ancien sous-secrétaire pour l’administration de la gestion des crises et des désastres environnementaux au

ministère d’Etat pour l’Environnement, dénonce le manque de sérieux dans l’ap­plication de la loi.

Al-Ahram Hebdo : Récemment plu­sieurs marées noires ont frappé les côtes d’Egypte et le Nil. Que proposez-vous pour limiter au maximum ce genre de pollution ?

Mahmoud Ismaïl : Afin de limiter ou diminuer ce genre de pollution par les hydrocarbures, il faut avoir des stratégies et des outils de surveillance et de répres­sion. Il est important d’intégrer la sur­veillance des pollutions dans les patrouilles aériennes de la marine nationale et des douanes, avec des avions dotés d’équipe­ments de télédétection spécialisés. Et ce, notamment dans les zones où cette pollu­tion est fréquente. Si le budget ne peut contenir ces équipements, les photos satel­litaires pourraient nous aider surtout en ce qui concerne les navires. Il est important de mentionner aussi l’inspection marine et le fait de rendre efficaces les lois de l’envi­ronnement (4/1994 et 9/2009). Je dois préciser également la réception des déchets des navires sur les ports au lieu de les jeter dans les eaux, ce qu’on appelle les stations de déballastage.

— En quoi consistent ces stations ? Nos ports en sont-ils dotés ?

— Les rejets opérationnels de tous les navires consistent à déverser plusieurs tonnes d’hydrocarbures dans les eaux. Il faut renforcer la capacité de réception des déchets des navires. Beaucoup de ports pétroliers possèdent maintenant une sta­tion de réception spécialisée (station de déballastage), comme les nôtres. Nous avons dans les différents ports des agents formés pour inspecter et recevoir ce genre de rejets. La station de déballastage sert à recevoir les déchets huileux des navires, venus en escale ou pour réparation. Ces déchets huileux, conservés à bord des navires dans des bacs dédiés, sont pompés vers les réservoirs de la station, où ils sont séparés de l’eau de mer et des déchets solides qu’ils contiennent par décantation. La fraction huileuse est envoyée en raffi­nerie pour recyclage ou directement réuti­lisée lorsqu’elle est essentiellement com­posée de fioul lourd. Après épuration, les eaux rejoignent le milieu naturel. Une sta­tion de déballastage relève du régime des installations classées, avec des normes de rejet à respecter, des procédures d’auto-surveillance et des contrôles périodiques.

— Ce système est-il appliqué dans nos ports ?

— Ces rejets sont comptés en tonnes de déchets opérationnels. Le port achète la tonne à environ 20 dollars américains, pour la vendre à la compagnie Petrotrade à 1 000-1 200 L.E./tonne. Cette compa­gnie revend ces tonnes à son tour aux usines de recyclage à 1 700 L.E./tonne pour qu’elles soient filtrées et traitées afin d’en faire des huiles de véhicule. Ce pro­cessus n’est pas toujours appliqué, parce que les ports peuvent vendre directement au marché noir. La solution passe par l’efficacité des lois, l’inspection marine et les sanctions sévères .

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