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Agriculture: La menace des inondations

Rasha Hanafy , Mardi, 15 janvier 2013

L’excédent d’eau issu de l’irrigation massive de certaines cultures a entraîné un débordement du lac Qaroun, causant des dégâts dans les villages et les champs limitrophes. Les responsables sont appelés à prendre des mesures urgentes.

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Les chutes de Wadi Al-Rayane. (Photos: Rasha Hanafy)

Depuis une trentaine d’années le même pro-blème se répète dans la région du lac Qaroun et les autorités semblent impuissantes. Avec l’irrigation massive de cer-taines cultures, le surplus d’eau est déversé dans le lac, entraînant un débordement de celui-ci.

Les villages et les champs situés en bordure du lac sont les plus tou-chés. Cette année, 1 200 feddans ont été submergés. Le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Irri-gation a mis en place des pompes pour assécher les champs inondés. Mais sans solution structurelle, le problème se répétera. Les respon-sables souhaitent rehausser les digues et construire des barrages autour du lac Qaroun. Un système de drains, en cas d’inondation, per-mettrait aussi à l’eau de mieux s’écouler.

« Le gouvernorat et le ministère de l’Irrigation déploient des efforts pour réparer les dégâts. Mais ce problème se répétera tant que les violations des lois relatives à l’irri- gation seront maintenues. L’irrigation massive, notamment pour la culture du riz, doit cesser. Si le ministère de l’Agriculture et celui de l’Irrigation ne mettent pas un terme à ces infractions, les catas-trophes se répéteront », prévient le gouverneur du Fayoum, Ahmad Ali. En signe de protestation, les agri-culteurs ont intercepté la route tou-ristique qui mène au lac Qaroun. Si des barrages ont été construits autour d’Al-Batts, Abou-Harawa et Chamatta, ils restent insuffisants. La digue de briques autour du lac Qaroun a aussi été surélevée afin de résister aux eaux dont le niveau a atteint un mètre de hauteur.


45 mètres sous le niveau de la mer

A 130 km au sud-ouest du Caire, le gouvernorat de Fayoum est situé à 45 m sous le niveau de la mer. Dans les années 1970, d’impor-tantes inondations ont été causées « Cette solution a été efficace durant de nombreuses années. par un excès d’eaux d’irrigation. Le ministère de l’Irrigation a alors fait construire un canal pour détourner les eaux vers les terrains de Wadi Al-Rayane, une vallée située à 64 m sous le niveau de la mer. Depuis, ces eaux ont formé deux lacs, un petit et un grand. En 1999, cette vallée est devenue la réserve naturelle de Wadi Al-Rayane. Mais avec l’augmentation de l’irri-gation sauvage, il faut être plus strict à l’égard de ceux qui violent la loi. Il faut aussi augmenter la quantité d’eau déversée dans la réserve pour éviter que des inonda-tions n’aient lieu ailleurs », estime Samer Al-Mufti, ancien secrétaire général du Centre des recherches sur le désert. Selon lui, « il faut renouveler l’infrastructure des drains agricoles qui ne suffisent plus pour détourner la grandequantité d’eau qui résulte de l’ex-cès d’irrigation ». Le ministère de l’Irrigation met, quant à lui, ces inondations sur le dos de l’irriga-tion massive, plus que sur la désué-tude des infrastructures. « Il faut garder un équilibre entre le taux d’évaporation du lac Qaroun et l’eau de l’irrigation qui s’y déverse par les canaux de drainage. Avec les changements de pratiques agri-coles tout a été déséquilibré »,assure Bayoumi Attiya, conseiller du ministre de l’Irrigation.Les tentatives se succèdent pour remédier à la dégradation de la situation, sans beaucoup de succès toutefois. Le ministère de l’Agricul-ture, de son côté, a laissé entendre qu’il prendrait des mesures plus fermes envers toutes violations des lois sur l’irrigation. Il planche aussi sur l’instauration d’un système de rotation des cultures, mieux adapté à la nature de la région.

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