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Vie décente : L’espoir renaît à Béni-Soueif

Ola Hamdi, Mardi, 27 juillet 2021

L’initiative « Vie décente » a changé la vie des habitants du gouvernorat de Béni-Soueif au nord de la Haute-Egypte. Témoignages.

L’espoir renaît à Béni-Soueif

« Je n’imaginais pas qu’un jour j’aurais une maison décente avec des meubles et tout ce qu’il faut pour vivre », affirme Khaled Abdel-Hamid, habitant du petit village de Nasser dans le gouvernorat de Béni-Soueif. Comme d’autres habitants de cette petite bourgade, Khaled souffrait de l’absence de services dans son village. « Nous n’avions ni d’électricité ni de réseau d’égouts. Les infrastructures ici sont délabrées », ajoute-t-il. Nasser est l’un des villages les plus pauvres d’Egypte. Outre l’absence des infrastructures, le village souffre d’un chômage endémique et de l’absence de services sanitaires. Lorsqu’il a pris connaissance de l’initiative « Vie décente », lancée par le gouvernement à l’initiative du président de la République, Khaled a présenté une demande au ministère de la Solidarité sociale pour bénéficier de cette initiative. « J’ai attendu un mois et demi. Ils m’ont contacté et m’ont dit que des travaux seraient effectués chez moi. A vrai dire, je ne le croyais pas mais quelques jours après, j’ai reçu la visite de responsables de l’initiative. Les travaux ont aussitôt commencé. Ils ont tout changé. Les murs ont été repeints, la menuiserie refaite et un mobilier a été installé », dit-il. Khaled a bénéficié du projet Sakan Karim (logement décent) qui fait partie de l’initiative « Vie décente ». Ce projet, supervisé par le ministère de la Solidarité sociale, consiste à réhabiliter ou à construire des logements décents à tous ceux qui en sont privés. 120 000 foyers dans 20 gouvernorats en ont bénéficié au cours de la première phase de « Vie décente ». Financée à 100 % par des fonds égyptiens, « Vie décente » vise à améliorer en trois ans le niveau de vie, les infrastructures et les services de base de plus de 4 000 villages couvrant 58 % de la population avec des investissements qui dépassent les 700 milliards de L.E.

La première phase a été lancée en janvier 2019 et a couvert 375 villages à travers l’Egypte. En janvier 2021, le coup d’envoi de la deuxième phase a été donné, ciblant 4 584 villages et couvrant une population estimée à 50 millions de citoyens.

Au village de Nasser, le paysage commence à changer. Installation de câbles électriques, mise en place d’un réseau d’eau potable, rénovation des maisons, revêtement des routes et construction de centres de jeunesse et d’hôpitaux. « Le travail se poursuit à un rythme accéléré. Nous avons réussi à atténuer les souffrances quotidiennes des habitants des villages de la région », déclare Ali Youssef, directeur du chef-lieu du village de Nasser. Selon les données publiées par le gouvernorat, les services d’eau et d’assainissement mis en place pour environ 53 villages ont coûté plus de 4 milliards de L.E. jusqu’à présent.

Des emplois pour tous

Outre les services, le problème du chômage est hautement problématique à Nasser. D’où le projet « Prime » parrainé par « Vie décente » et qui consiste à renforcer les capacités de commercialisation des petits agriculteurs. Le projet est financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA). A Ebichna, un autre village du gouvernorat de Béni-Soueif, le projet a amélioré le niveau de vie de plusieurs petits agriculteurs. « Les associations agricoles créées dans le cadre de ce projet m’ont donné de nombreuses facilités pour améliorer la qualité de ma récolte. Ce qui m’a beaucoup aidé à augmenter mes revenus mensuels », raconte Mohamad Al-Sayed, 50 ans, petit agriculteur. L’association agricole d’Ebichna est considérée comme un centre d’opérations auquel les villageois recourent souvent pour chercher un emploi ou apprendre des méthodes pour pouvoir améliorer la qualité de leurs récoltes.

Le village d’Ebichna se distingue par ses cultures d’ail. Les exportations égyptiennes d’ail se trouvent aujourd’hui en concurrence avec l’ail marocain après avoir gagné de nouveaux marchés en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, comme le confirme Mahmoud Metwally, propriétaire d’une compagnie d’exportations de l’ail à Béni-Soueif. « Nous sommes maintenant sur la carte mondiale de l’ail en termes de qualité. Nous exportons plus de 100 000 tonnes par an », ajoute-t-il. Outre l’ail, le village est célèbre pour la culture de l’oignon, des haricots, des gombos et de plantes aromatiques et médicinales. Eid Imam Al-Charqawi, un autre agriculteur âgé de 40 ans, explique comment ce projet l’a aidé à surmonter beaucoup d’obstacles. « Les problèmes auxquels font face les petits agriculteurs se résument dans la petite superficie consacrée à la culture, les coûts élevés des engrais et l’incapacité de vendre la récolte à un bon prix. Nous avons pu surmonter tous ces problèmes après avoir participé au projet Prime. Les nouvelles associations agricoles nous donnent des cours de sensibilisation sur le moment approprié pour la culture et la récolte, les normes requises, les périodes convenables pour l’utilisation des pesticides et même quel type de pesticides est le plus adéquat. En plus, l’association nous aide également à conclure des contrats avec des entreprises pour acheter la récolte à un bon prix », ajoute-t-il. L’initiative « Vie décente » a changé la vie des habitants de Béni-Soueif et leur a donné espoir en une vie meilleure.

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