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Les freelancers de demain, ambitions différentes et nouvelles attentes

Racha Darwich, Mercredi, 06 janvier 2021

Alors que les « Digital Natives » commencent à arriver sur le marché du travail, nombre d’entre eux sont séduits par le freelancing. L’Hebdo a donné la parole à plusieurs jeunes qui font leurs premiers pas dans ce monde, afin de connaître leurs aspirations professionnelles et leur vision de l’avenir.

Les freelancers de demain, ambitions différentes et nouvelles attentes
Télétravail et freelancing, les nouvelles formules qui séduisent les jeunes.

Sara Ihab : Exploiter de nouveaux horizons

Sara Ihab

« En quelques mois seulement j’ai découvert un monde dont j’ignorais même l’existence. Je savais à peine ce que c’est que le marketing digital, mais je n’avais jamais entendu parler du freelancing et des plateformes de freelancers ». Après avoir terminé ses études universitaires de pédagogie, Sara, en quête de travail, a entendu parler à la télévision d’une bourse gratuite pour l’étude des sciences informatiques, un domaine dont elle ignore tout et qui est très éloigné de ses études. Mais elle décide de découvrir ce nouveau monde, avec l’espoir qu’il lui ouvrira de nouveaux horizons de travail.

« L’étude de la programmation informatique et des sciences des données m’a semblé trop compliquée. Le seul domaine que j’ai réussi à comprendre était le marketing digital. Au fur et à mesure que j’avançais, j’apprenais des choses entièrement nouvelles pour moi ». Résidant dans la ville côtière d’Hurghada, Sara n’a pas eu besoin de se déplacer pour suivre ses cours et obtenir ses diplômes. Elle a terminé les deux premiers niveaux et se prépare pour commencer le troisième. Mais elle craint encore de se lancer dans le freelancing et préférerait travailler d’abord dans une entreprise pour acquérir de l’expérience. « Je suis convaincue que le freelancing dans le domaine de la technologie informatique et du marketing digital sera la forme de travail la plus répandue à l’avenir. Raison pour laquelle je veux gagner de l’expérience avant de m’y lancer ».

Walid Hecham : Créativité et innovation

Walid Hecham

« Je travaille dans les applications du portable et le Web comme freelancer depuis deux ans. J’ai suivi des cours en ligne. J’ai fait un auto-apprentissage. J’ai une petite équipe de programmeurs. Nous coopérons ensemble pour créer un produit professionnel. Mais j’ai découvert que le marketing digital est une science qui a ses fondements. Raison pour laquelle j’ai adhéré à l’initiative FWD ».

En fait, Walid a suivi le premier niveau dans les trois domaines présentés par l’initiative pour avoir une connaissance générale de tous les domaines de la technologie informatique avant de continuer dans le domaine du marketing digital. « J’ai étudié le marketing digital pour me faciliter l’accès aux clients car le marché digital est encore nouveau en Egypte. Les gens craignent encore d’acheter des produits via Internet ». Aujourd’hui, Walid a appris comment utiliser les réseaux sociaux et le courriel pour parvenir aux clients. Il a appris les étapes, les détails et les techniques pour parvenir plus rapidement au public visé. « Ceci va nettement améliorer mon travail de freelancer, car je ne savais pas comment parler à un marché qui ne me connaît pas. A mon avis, le freelancing est le meilleur modèle de travail pour notre génération car chacun sort le meilleur de lui. La créativité et l’innovation sont au maximum car le contact est direct avec le client. Il n’y a pas d’intermédiaire ».

Marwan Al-Guendy : Conquérir les marchés arabes et internationaux

Marwan Al-Guendy

« J’ai décroché mon premier travail pigiste alors que j’avais à peine 16 ans ». Très jeune, Marwan, fasciné par le monde informatique, découvre ses talents dans le domaine de la programmation. Il rejoint alors une initiative lancée par Udacity, une plateforme offrant des cours et des stages en ligne, Next coders, destinée aux élèves de première secondaire pour les initier à la programmation. Puis, il commence à accumuler les connaissances dans ce domaine en suivant des cours en ligne. Pendant les vacances de 2e secondaire, il exécute son premier site Web, réussit à le vendre à un client et entame ainsi sa carrière de freelancer.

« Après avoir vendu ce projet, je me suis donné pour objectif de devenir programmeur informatique et, donc, de rejoindre la faculté des sciences des ordinateurs et de l’informatique ». Au cours de sa première année universitaire, Marwan continue à exécuter de petits travaux pigistes à travers ses connaissances ou à travers LinkedIn où il a enregistré son curriculum vitae. « Je faisais un travail que je n’aimais pas et qui me rapportait de petites sommes d’argent. Mais grâce à l’initiative Future Work is Digital (FWD), présentée par le ministère des Télécommunications (voir page 21), j’ai pu accéder aux marchés arabes et internationaux à travers les plateformes internationales de freelancing ». En effet, outre le côté technique qu’enseigne l’initiative, elle apprend aux futurs freelancers toutes les astuces de ce large monde virtuel, comment attirer des clients, comment présenter son travail, comment organiser son temps, comment élaborer un calendrier de travail, comment organiser le versement de l’argent … « Je suis encore en 2e année à la faculté, mais j’essaye de développer un CV puissant à travers mon travail de freelancer pour pouvoir un jour devenir un ingénieur de software dans la vallée de Silicone chez Google, Microsoft ou Apple. Car je rêve un jour de créer mon propre business, une start-up ou un software house pour aider les jeunes Egyptiens et Arabes à ce que leurs innovations voient le jour ».

Islam Nagy : Indépendance

Islam Nagy

« Je suis fier de mon travail et de ma carrière professionnelle. J’ai réussi à réaliser ce dont je rêvais ». Diplômé de l’Institut supérieur d’Alexandrie pour l’ingénierie et la technologie, Islam a découvert que les requêtes du marché du travail étaient très éloignées de ce qu’il a appris durant des années. « J’étais coincé dans un endroit très étroit. Ni je possédais un diplôme technique, et donc je ne pouvais pas travailler comme technicien, ni je possédais un diplôme supérieur pour me permettre de trouver un bon travail ». Conscient que l’avenir est dans le domaine de la technologie numérique, il a alors commencé un auto-apprentissage de la programmation des applications Android et a commencé à travailler dans une petite entreprise de programmation. Mais il n’a pas oublié son rêve de devenir freelancer. Il a alors commencé à entendre parler du domaine du marketing digital, l’un des domaines qui présente les plus grandes opportunités de freelancing. « J’ai alors commencé à apprendre ce domaine à partir de zéro ».

L’année dernière, pendant les mois de confinement, alors qu’il travaillait à domicile et qu’il avait un peu de temps, Islam a commencé à se lancer dans le monde du freelancing. Aujourd’hui, Islam a quitté son job et travaille sur la plus grande plateforme de freelancing avec quatre grandes compagnies au Canada, en France, aux Emirats arabes unis et aux Etats-Unis, réalisant un revenu mensuel dont il n’aurait jamais rêvé.

Soha Abou-Zeid : Flexibilité

Soha Abou-Zeid

« Mon travail est devenu plus flexible. Je travaille quand je veux où je veux. Je travaille à côté de mes parents et je contrôle davantage mon temps ». Soha est originaire d’Alexandrie. Elle a dû quitter ses parents et sa ville natale pour poursuivre ses études à la faculté de mass media de l’Université du Caire, puis pour travailler dans une compagnie de renom. « A côté de mon travail de plein temps, j’ai travaillé comme freelancer dans le domaine du marketing digital depuis que j’ai terminé mes études. J’ai pris des cours en ligne pour améliorer mon niveau. Mais je travaillais à une échelle locale ». En fait, Soha est parmi les premiers étudiants qui ont adhéré à l’initiative et a eu la chance de suivre un stage avec les plus grandes plateformes de freelancing comme Upwork et Freelancer.com.

Aujourd’hui, Soha a réussi à conquérir les plateformes internationales de freelancing. Elle a décroché de nombreux travaux pigistes en ligne et possède un profil de marque sur la plateforme Upwork. « Mon travail de freelancer sur les plateformes internationales m’a permis d’améliorer nettement mon revenu. Je ne suis pas la seule. De nombreux freelancers égyptiens ont réussi à s’imposer sur ce marché. Ils ont beaucoup travaillé sur eux-mêmes. Ils ont suivi des cours en ligne et adhéré aux différentes initiatives pour atteindre cette échelle internationale ».

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