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Profil d’une Egypte en mauvaise santé

Amani Gamaleddine, Jeudi, 23 juillet 2015

Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement ne parvient pas à augmenter les dépenses publiques allouées à la santé, pour atteindre le seuil requis par la Constitution. Le secteur de la santé continue à souffrir de la négligence et des inégalités. Dossier.

Profil d’une Egypte en mauvaise santé

Le budget de l’exercice financier 2015-2016, qui vient d’être publié, alloue 48 milliards de L.E. au secteur de la santé, soit 2,4 % du PIB. Le gouvernement s’était pourtant engagé à augmenter les dépenses de la santé de 1 % par an sur trois ans pour arriver au seuil des 6 % du PIB, requis par la Constitution. On en est encore loin de ce chiffre. Outre le manque de moyens, le secteur de la santé souffre depuis des années de la négligence et des inégalités, comme le montre une étude réalisée en 2013 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Celle-ci qualifie « d’insatisfaisant » le système de santé et d’assurance médicale en Egypte. Une situation due selon l’organisation à la « complexité du système de santé publique en ce qui a trait à la gestion, au financement et à la fourniture des services ». Un système pléthorique et inefficace.

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Les statistiques de l’OMS montrent que l’Egypte est très loin des standards des pays dont la densité démographique est comparable. Ainsi, le nombre d’hôpitaux publics est restreint comparé au nombre de patients. Il y a en moyenne 1,7 lits et 2,83 médecins pour chaque 1 000 individus. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de problème dans le nombre de praticiens, contrairement au nombre d’infirmiers qui est de loin inférieur. Dans un pays comme la Jordanie, dont la densité démographique équivaut au 8e de celle de l’Egypte, il y a plus d’infirmiers. Bizarrement, en Turquie où la densité démographique est plus ou moins proche de l’Egypte, les infirmiers sont moins nombreux qu’en Egypte. Mais ce fait est compensé par un budget 3 à 4 fois supérieur. L’Egypte souffre d’une carence en infrastructures et en technologies médicales, ce qui explique la répartition inégale des services médicaux sur le territoire. Les faibles ratios sont associés à une faible qualité de services.

Les dépenses publiques de santé par individu (voir tableau ci-dessous) sont 25 à 30 fois inférieures à celles des pays européens. Même en Jordanie où la densité démographique est faible, les dépenses publiques de santé par individu sont deux fois supérieures à celles de l’Egypte. En Turquie qui dispose de chiffres modestes en personnel médical, les dépenses sont 3 à 4 fois supérieures. Le budget limité est la principale entrave au progrès. Résultat : le système de santé en Egypte est très loin des standards internationaux. Les ménages sont responsables de 70 % du total des dépenses de santé.

Le principal fournisseur de services médicaux en Egypte est le ministère de la Santé qui, à travers une politique décentralisée, délègue ses prérogatives aux différents gouvernorats. Alors que le financement est assuré par le ministère des Finances.

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