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Japon  : Toujours aussi attentif à l’Egypte

Dalia Farouq, Lundi, 26 janvier 2015

La visite du premier ministre japonais en Egypte ouvre le dossier de la coopération égypto-japonaise dans le domaine archéologique, surtout la construction du Grand Musée égyptien. Etat des lieux.

Japon  : Toujours aussi attentif à l’Egypte
Le premier ministre japonais écoute les explications du responsable du Grand Musée égyptien.

Lors de sa visite en Egypte, les 16 et 17 janvier derniers, le premier ministre japonais Shinzô Abe s’est rendu au siège du nouveau Musée égyptien situé à deux kilomètres du plateau des Pyramides à Guiza, afin de voir de près les travaux de construction du musée, dont le Japon est un partenaire principal. L’agence japonaise pour le développement Jaïka a, en effet, fait un don de 42 milliards de yens (300 millions de dollars) au gouvernement égyptien pour l’aider à achever les travaux de ce musée considéré comme le plus grand musée mondial. Le premier ministre a promis, lors de cette visite, d’accorder toute l’aide possible au gouvernement égyptien, qu’elle soit technique ou financière, afin d’achever ce grand projet. Il a promis de compléter le don, puisque l’Egypte n’a reçu jusqu’à présent que 29 milliards de yens (207 millions de dollars). « On a achevé plus de 70 % des travaux de construction du musée qui s’étendra sur une superficie de 480 000 m2 et abritera plus de 100000 pièces antiques. En raison de la chute du nombre de touristes, et donc de la fréquentation des sites archéologiques, on fait face à un déficit budgétaire qui nous a empêchés de continuer la construction du Grand Musée au même rythme, et ainsi reporter plusieurs fois la date de son inauguration», explique Mamdouh Al-Damati, ministre des Antiquités.

Cette coopération égypto-japonaise dans le domaine de la culture et des antiquités n’est pas nouvelle. Elle remonte aux années 1980 lorsque le Japon a fait un don à l’Egypte pour l’aider à construire l’Opéra du Caire. Selon Youssef Khalifa, directeur du département des antiquités égyptiennes au Conseil suprême des antiquités, plusieurs missions archéologiques japonaises travaillent en Egypte depuis des décennies. La plus importante est celle de l’Université de Wassida, qui opère sur le plateau des Pyramides de Guiza et qui a réussi à mettre au jour en 2006 la barque solaire du roi Chéops et qui travaille depuis sur l’aménagement du site et la restauration de la barque. « Le Japon est un pays qui apprécie la culture et la civilisation. Il accorde beaucoup d’intérêt à la civilisation et aux antiquités égyptiennes. Il possède aussi les laboratoires et les technologies les plus modernes pour la restauration », assure Khalifa. Ce sont aussi les experts japonais qui sont responsables du Centre de restauration des antiquités, annexé au Grand Musée égyptien, et qui travaillent actuellement dans la restauration des pièces qui seront exposées plus tard dans le musée. « Ils ne se contentent pas de la restauration: ils nous aident dans la formation des jeunes restaurateurs égyptiens en utilisant des techniques sophistiquées », reprend Youssef Khalifa.

Cette égyptomanie japonaise est de même bien présente chez l’ensemble de la population japonaise. Le Japon accueille d’ailleurs actuellement une exposition des acquisitions du roi Toutankhamon à Tokyo depuis septembre dernier et jusqu’en octobre 2015. « Cette exposition remporte un grand succès, ce qui a poussé le gouvernement japonais à demander d’accueillir une autre exposition pour les pièces restaurées au Centre de restauration du Grand Musée égyptien », lance Khalifa.

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