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Le Musée de Suez voit enfin le jour

Nasma Réda, Lundi, 13 octobre 2014

Le Musée national de Suez, qui retrace l'histoire de cette ville, sera enfin ouvert au grand public à l'occasion de la Fête nationale de Suez au mois d'octobre.

Musée de Suez
L'exemplaire canal à l'entrée du musée. (Photo : Mohamad Hassanein)

A l’entrée du musée, l’at­tention du visiteur est immédiatement retenue par ce bateau de type pharaonique, placé dans un bassin et qui donne la sensation d’être dans un endroit exceptionnel. « Ce bateau a été fabriqué à Rachid (Rosette) pour donner un goût exceptionnel à ce musée unique », explique Khaled Moustapha, chef du département central des musées régionaux au ministère des Antiquités. Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre des Antiquités, Mamdouh Al-Damati, a estimé que ce musée, proche de Port-Tewfiq, sera bientôt mis sur la carte des visites touristiques. L’inauguration du musée aura un goût particulier, puisqu’elle a coïn­cidé avec le méga-projet de creuse­ment d’un nouveau Canal de Suez. Il raconte la longue histoire de la ville de « Kalzum », nom gréco-romain de la ville de Suez. Il renferme des documents historiques rares, notam­ment ceux relatifs à la construction du Canal de Suez.

Sur une superficie de 6000 m2, ce musée est composé de deux étages. Le rez-de-chaussée renferme une seule salle d’exposition appelée « salle variée ». C’est une salle funé­raire qui montre toutes les étapes de l’embaumement chez les pharaons. Cette salle renferme une fausse porte de tombeau, une table des offrandes, des vases canopiques et quelques offrandes dont la plupart ont été découverts à Suez.

Une momie dorée unique avec son sarcophage y sont aussi présentés. « Cette salle attire les visiteurs ainsi que les chercheurs, car elle renferme d’énormes secrets ayant trait aux rites funéraires », souligne Khaled Moustapha.

Le premier étage attire plus de visiteurs. 1276 pièces sont exposées. Elles racontent l’histoire de la ville de Suez grâce à une muséologie fine répartie sur 6 salles. La première est nommée « Sésostris », du nom du canal creusé sous le règne du roi Sénousert III (1855-1874 av. J.-C.) de la XIIe dynastie sous le Moyen Empire. Elle raconte les innom­brables tentatives des pharaons de creuser un canal reliant la mer Rouge à la Méditerranée, à travers le Nil, afin de faciliter le transport commer­cial et maritime. Le commerce mari­time est décrit dans la deuxième salle qui met en relief le visage de Hatchepsout, cinquième reine pha­raonique de la XVIIe dynastie et son célèbre voyage au pays de Punt (Somalie). La salle renferme aussi certains outils et instruments de navigation, comme cette planche en bois et ces poteries utilisées pendant les excursions. Etant donné que cette ville est située tout près du Sinaï et regorge de pétrole, on y trouve une salle consacrée à la « métallurgie ». « Des pierres précieuses comme la turquoise ou l’or, l’argent et d’autres métaux sont exposées. Elles ont l’air d’être récemment extraites de la terre », souligne Khaled Moustapha. La salle Al-Kulzum, nom gréco-romain de Suez, retrace l’histoire du « canal des Ptolémées », creusé par le roi Ptolémée II pour relier le Nil à la mer Rouge.

Ce musée montre l’importance de l’aspect religieux de la ville à l’époque islamique. Elle était, en effet, située sur la principale route du pèlerinage à La Mecque. Des objets qui racontent le pèlerinage comme ces fragments de la kiswa (la toile qui couvre la Kaaba à La Mecque), ou encore ces pistolets et autres ins­truments de sécurité, sont exposés au musée. Cette salle nommée « Mahmal » (nom du convoi qui transportait la toile de la Kaaba) ren­ferme la dernière kiswa offerte à l’Arabie saoudite par Ahmad Fouad, dernier prince d’Egypte.

La dernière salle porte le nom du Nouveau Canal de Suez. « Les vitrines renferment quelques corres­pondances de hauts responsables égyptiens au khédive Ismaïl, afin de le prévenir de la colère du monde entier s’il poursuit l’exécution de ce grand projet », explique Khaled Moustapha. De même, les statues des khédives Ismaïl et Tewfiq sont exposées dans cette salle ainsi qu’un véhicule utilisé lors de la cérémonie d’ouverture du Canal de Suez en 1869.

46 millions de L.E. est la somme totale allouée à la construction du Musée national de Suez. Au cours des 4 dernières années, il aurait dû être inauguré trois fois. « A chaque fois, l’ouverture au public a été entravée par des mesures adminis­tratives. Cette fois-ci, le ministère a tout réglé », explique Khaled Moustapha. « Le musée ouvrira ses portes officiellement au public au mois d’octobre pendant la Fête nationale de la ville de Suez », conclut-il.

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