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Un culturama pour Al-Azhar

Nasma Réda, Lundi, 30 juin 2014

Une salle pour la documentation du patrimoine d’Al-Azhar et un site Internet pour la « mémoire d’Al-Azhar » ont été inaugurés cette semaine. L’initiative vient mettre en évidence le rôle joué par cette institution religieuse au cours des siècles.

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La documentation de la « mémoire d’Al-Azhar Al-Charif » est un projet ambitieux qui vise à col­lecter en un seul lieu la longue et riche histoire de cet important éta­blissement religieux. La mosquée d’Al-Azhar ainsi que ses annexes sont considérées comme la plus ancienne université religieuse encore active dans le monde musul­man.

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L’idée de cette initiative est née en 2009 lors d’une conférence tenue au Maroc sur la documenta­tion de l’histoire des pays arabes. « La mémoire des pays arabes et même du monde entier ne sera jamais documentée sans celle d’Al-Azhar », a affirmé le créateur de ce projet et son actuel directeur, Mahdi Chaltout. Une idée encouragée et soutenue par le cheikh d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, qui a affirmé : « Ce projet national aspire à rap­peler la grandeur d’Al-Azhar, à mettre en évidence son rôle dans la diffusion de la modération de l’is­lam, à éclaircir les différences entre les sectes islamiques et à pré­server l’identité islamique dans dif­férentes parties du monde. Le pro­jet vise à définir le rôle d’Al-Azhar au long de son histoire qui s’étend sur plus de mille ans et qui joue un rôle important au niveau social, éducatif et politique ».

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du protocole signé en 2011 entre Al-Azhar et le ministère des Télécommunications et des Technologies de l’information, et exécuté par le Centre de documen­tation du patrimoine culturel et naturel de la Bibliothèque d’Alexandrie (Cultnat). Le projet met en lumière le rôle joué par Al-Azhar au fil des siècles, mais aussi l’architecture de la mosquée et ses instituts religieux honorés. En plus de la documentation, des biographies de cheikhs célèbres d’Al-Azhar, leurs ouvrages et tra­vaux au cours des années, les articles publiés dans la presse et médias audiovisuels concernant Al-Azhar seront documentés.

E-portail éducatif

Le projet dont le budget atteint près de 300 millions L.E., aide de même à l’automatisation du système éducatif des instituts d’Al-Azhar, à créer un e-portail éducatif interactif et un centre d’informations. De précieux manuscrits et publications des biblio­thèques d’Al-Azhar seront acces­sibles en ligne. Ces informations seront publiées en trois langues : arabe, anglais et français. Ce projet a par la même occasion contribué à la création de cadres formés par Al-Azhar en mesure d’utiliser les dernières avancées technologiques. « Ce processus de documentation se poursuivra même après la livraison du projet. Une étape considérée comme un premier pas car les infos seront modifiées au fur et à mesure », affirme Chaltout.

le taf taf

Cette documentation n’a pas été tâche facile. Pendant plus de trois ans, une équipe a recherché des docu­ments aux quatre coins du pays, entrant en contact avec les familles des scientifiques d’Al-Azhar. « Il a été très difficile de collecter les pho­tos, lettres ou manuscrits des célèbres azharis anciens et jusqu’à nos jour », précise Chaltout. Un des défis les plus importants affrontés par l’équipe était d’explorer et identifier les docu­ments, surtout ceux des anciens cheikhs imams (présidents) d’Al-Azhar d’avant le cheikh Khorachi (le grand imam d’Al-Azhar de 1679 à 1690), considéré comme le premier président de cette institution.

Al-Azhar au fil des siècles

Fondée en 972 par le général Gawhar Al-Seqelli au nom du calife fatimide Al-Moezz Lidine Allah, la mosquée d’Al-Azhar a donné son nom au quartier qui est l’un des plus réputés du Caire. Depuis sa fondation, la mosquée d’Al-Azhar a une double fonction. C’est à la fois un lieu de prière et un lieu d’enseignement. Chaque souverain gouvernant l’Egypte a voulu y laisser son empreinte. Le bâtiment actuel, très différent de la mosquée à portiques d’origine, est un mélange d’éléments d’époques diverses. En conséquence, l’architecture de la mosquée d’Al-Azhar traduit toutes les influences qui se sont combinées au fil des siècles, pour faire l’originalité et la qualité de l’architecture islamique égyptienne. Ces ajouts successifs donnent un ensemble particulièrement riche. La mosquée accueillait autrefois des milliers d’étudiants égyptiens et étrangers provenant de plusieurs pays isla­miques pour étudier dans les différentes madrassas (écoles) de la grande mosquée. Aujourd’hui, la majorité des cours ont lieu dans les locaux des différentes facultés de l’Université d’Al-Azhar. La mosquée est surtout réser­vée à la prière. Au mois du Ramadan, chaque année, de nombreux croyants s’y rendent régulièrement pour célébrer ce mois sacré.

Le taf-taf dans la rue Al-Moezz

Pour aider les amateurs de monuments islamiques de la rue Al-Moezz mais aussi les personnes âgées, le minis­tère des Antiquités a célébré le lancement de quatre nouveaux véhicules électriques, appelés pour l’occasion « taf-taf », du nom des anciens autobus ouverts sur les flancs. Une idée appréciée par les visiteurs et habitants de la rue, puisque Al-Moezz est redevenue rue piétonne il y a quelques mois. Mohamad Abdel-Aziz, directeur du projet de développement du Caire historique, déclare : « Ces quatre véhicules seront bientôt au nombre de six ». Cette rue, vieille d’environ 1050 ans, s’étale d’Al-Azhar à Bab Al-Fotouh, et regroupe des monuments des époques omeyyade, fatimide, ayyoubide, mamelouke et ottomane. Des mosquées, marchés, fontaines publiques (sabils), maisons avec moucharabiehs jalonnent de part et d’autre cette rue millénaire.

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