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Darine Alaa : Nous fouillons dans l’Histoire pour créer des pièces au goût du jour

Dina Kabil , Mardi, 08 février 2022

Darine Alaa a créé, avec 4 jeunes artistes, une marque à grand succès dans le domaine des bijoux contemporains inspirés de l’art de l’Egypte Ancienne. Entretien.

Nous fouillons dans l Histoire pour cr er des pi ces au go t du jour

Al-Ahram Hebdo : En l’espace de 3 ans, votre marque de bijoux Sepia a remporté un vaste succès et a participé à la grande manifestation Expo Dubaï. Qui êtes-vous ?

Darine Alaa: Nous sommes 5 jeunes artistes femmes diplômées de l’école des beaux-arts en 2019. Notre étude de l’histoire de l’art nous a certes incitées à nous spécialiser dans la création des bijoux contemporains inspirés de l’Egypte Ancienne. Normalement, les étudiants d’art portent un regard distant sur l’histoire pharaonique, comme s’il s’agissait d’un univers complexe difficile à approcher. C’était pour nous un défi d’aborder cet art grandiloquent et d’aider les gens à intégrer cette histoire lointaine dans leur vie au quotidien.

—  Le marché égyptien est actuellement inondé d’accessoires pharaoniques. Comment avez-vous créé votre spécialité ?

— Nous travaillons d’une manière contemporaine. Les Egyptiens sont peut-être habitués aux pièces commerciales dans les bazars destinés aux touristes. Pour nous, il s’agit de fouiller dans l’Histoire et de créer des pièces au goût du jour: lignes épurées, formes abstraites, pierres naturelles qui rappellent les secrets d’outre-tombe. C’est un travail de recherche dans les détails, infiniment riches, de l’art de l’Egypte Ancienne, que ce soit dans les motifs (le scarabée, le faucon, les fleurs de lotus, les étoiles, les figures animales) ou dans le recours aux pierres précieuses largement utilisées dans l’art des ancêtres comme par exemple le lapis lazuli qui rappelle, dans l’art pharaonique, la couleur nocturne du ciel.

— Est-ce que le public égyptien s’intéresse aux motifs qu’il a coutume de croiser dans les musées ?

— Nous nous sommes rendu compte que les Egyptiens adorent l’art pharaonique. Dans les différentes expositions de nos produits, nous avons constaté que le public aime l’histoire racontée derrière chaque pièce. C’est un mystère qu’on déchiffre en s’appropriant l’histoire cachée. Car on a inventé une astuce qui nous est spéciale, qui consiste à mettre avec chaque bijou un bout de papier sous la forme d’un ancien manuscrit dans lequel on explique l’origine de la forme utilisée dans l’accessoire ou on raconte l’histoire de la pierre précieuse avec laquelle est fabriqué le bijou.

— Comment évaluez-vous votre expérience? Pensez-vous qu’on doive continuer dans cette voie? Ou bien est-il impératif de creuser dans d’autres sources ?

— Je suis fière qu’après deux ans et demi, nous avons été invitées à participer à Expo Dubaï. De plus, de grandes stars ont choisi nos créations comme Mona Zaki, Amina Shelbaya ou Radwa Al-Sherbini. Et à chaque fois que j’entends les réactions de notre public en dehors de l’Egypte, cela me touche profondément, parce que l’on reconnaît tout de suite que c’est de l’art de l’Egypte Ancienne. Pour le moment, nous continuons à creuser dans ce trésor intarrissable, et peut-être dans l’avenir, nous ajouterons une touche africaine

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