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Courtiser les « touristes Z »

Dalia Farouq, Mercredi, 06 janvier 2021

La génération Z est devenue une cible de prédilection pour le tourisme mondial. Désormais, les tendances et les goûts de ces jeunes voyageurs sont examinés à la loupe par les professionnels de ce secteur qui cherchent à cerner cette nouvelle clientèle.

Courtiser les « touristes Z »
Le safari attire beaucoup les jeunes voyageurs. (Photo : AFP)

Ils représenteraient 40 % des consom­mateurs. C’est ce que suggèrent les études réalisées par Booking, Expedia et Digital Tourism Think Tank (DTTT), ainsi que des organisations internationales comme la Commission européenne de voyage, qui ont essayé d’analyser les tendances, les habi­tudes et les goûts de ladite génération Z, afin de permettre aux professionnels du tourisme de s’approprier ces nouveaux voyageurs. Il fallait d’abord étudier les diverses plateformes et leurs influences sur les jeunes voyageurs, branchés 24h sur 24 et toujours collés à leurs smart­phones, sans toutefois sous-estimer le poids des réseaux sociaux. Selon les études en question, la tranche d’âge des 16 à 18 ans utiliserait des applis différentes de celles des plus de 19 ans. Snapchat et Instagram et leurs « influenceurs » sont les références en matière de voyage. YouTube est également un média important pour ces jeunes. « Ce n’est plus Facebook, que 25 % d’entre eux auraient quitté depuis 2014 », assure l’étude de Booking. C’est presque la même conclusion de l’étude menée par DTTT qui explique que la génération Z a grandi avec le mobile multitâche et est exposée dès le plus jeune âge aux clichés et vidéos de vacances postés par les amis. Selon cette étude, l’envie de vivre des expériences hors du commun est parti­culièrement présente chez les nouvelles généra­tions, nourries de tout ce qui puisse exister sur Internet et les réseaux sociaux. Alors, pour par­venir à capter leur attention, les marques de voyages et d’hôtellerie doivent collaborer avec les influenceurs mondialement célèbres qui par­tagent des contenus et sont suivis par des mil­lions de fans.

D’après une autre étude menée par Expedia, les jeunes voyageurs sont si sensibles aux nou­velles technologies qu’ils cèdent à la publicité et aux événements sponsorisés. 70 % des voya­geurs de la génération Z utilisent leurs smart­phones lorsqu’ils cherchent des idées de voyage et 84 % d’entre eux reconnaissent que les réseaux sociaux ont une influence sur leurs déci­sions, en particulier les images et les vidéos d’amis. L’étude indique, en outre, que la généra­tion Z, tous âges confondus, effectue en moyenne trois voyages par an qui s’étalent sur des durées plus longues que la moyenne. Les deux tiers de ces jeunes sont très souvent indécis sur le choix de leur destination et se laissent inspirer par les destinations à la mode ou les conseils de leur entourage virtuel. La planification ne semble pas être leur point fort, c’est une génération qui vit au jour le jour selon ses envies.

Une génération responsabilisée

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L'escalade des montagnes répond au goût aventureux de la génération Z, folle d'adrénaline.

L’enquête menée par la Commission européenne du tourisme visant à comprendre les motivations de voyage de cette génération a trouvé que les principales raisons derrière le choix d’une destination de voyage sont par ordre décroissant : le rapport qualité-prix (47 %), la disponibilité de vols bon marché (45 %) et la sûreté et la sécurité (42 %). En ce qui concerne l’hébergement, cependant, plus d’un répondant sur trois (36 %) a déclaré qu’il choisirait très probablement un hôtel haut de gamme quatre ou cinq étoiles, ce qui suggère que la génération Z est heureuse de mélanger des voyages petit budget avec des expériences de luxe lorsqu’il s’agit de se récompenser.

D’après cette même étude, les voyageurs de cette génération sont conscients des avantages que représente le voyage pour leur enrichissement personnel, notamment la découverte d’autres cultures et le développement de la confiance en soi au fil de nouvelles expériences. Hyperconnectée, cette génération, qui a grandi à une époque de prise de conscience collective, est très consciente de l’impact de la technologie et du comportement humain sur la santé et l’environnement, deux enjeux importants du XXIe siècle et qui ont joué un rôle important dans le façonnement des attitudes et des croyances de la génération Z.

La Commission européenne du tourisme affirme que les cinq valeurs touristiques dictées par la génération Z sont : des voyages plus écologiques sur terre et sur mer, voyager pour développer sa personnalité et sa confiance en soi, les frontières deviennent invisibles aussi bien en ligne que hors ligne, les destinations sont jugées en fonction des valeurs qu’elles représentent et, enfin, d’une destination à l’autre, le développement durable est mis à l’honneur.

Cibler la génération Z

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Toujours connectée, la génération Z mémorise ses expériences avec le smartphone.

« Cette génération doit être dorénavant une cible de l’industrie du tourisme, surtout que ces jeunes, aujourd’hui influenceurs, seront dans quelques années les décideurs », explique Mohamad Farouq, expert en tourisme électronique. Selon lui, il serait temps pour les responsables en Egypte d’étudier les tendances et les besoins de la génération Z en matière de tourisme. « Le e-tourisme n’est plus limité aux opérations de réservation et de vente en ligne. Beaucoup se passe sur les applications mobiles et celles-ci sont devenues indispensables pour accéder à l’univers de cette génération », ajoute Farouq. Il prône de joindre l’utile à l’agréable à travers de nouveaux programmes touristiques où figurent les stations balnéaires et les sites archéologiques et culturels dans un même ensemble destiné à ces jeunes qui veulent « tout faire très vite ».

L’idée n’est peut-être pas étrangère au ministère du Tourisme et des Antiquités, qui a en effet installé des musées dans des destinations balnéaires égyptiennes, notamment à Charm Al-Cheikh et Hurghada, comme le rappelle Ghada Ali, professeure à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie.

« Mais on doit aller bien au-delà et offrir à cette génération folle d’aventure et de divertissement des programmes touristiques innovants comme le safari à Siwa, les sports de montagne à Sainte-Catherine, la plongée dans les sites où se trouvent les trésors engloutis d’Alexandrie et des vols en montgolfière au-dessus de Louqsor », préconise-t-elle. « Tous ces programmes doivent être présentés et commercialisés via les réseaux sociaux, tels Instagram, Snapchat, YouTube et TikTok. Le gagnant dans cette compétition sera la destination qui répond le plus aux besoins des jeunes et à leurs préférences », conclut Ghada Ali.

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