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Inauguration d’une pyramide oubliée

Nasma Réda, Mardi, 30 juillet 2019

Le ministère des Antiquités a annoncé l’inauguration au public de la pyramide de Sénousret II dans la région du Fayoum.

Inauguration d’une pyramide oubliée
(Photo : Ministère des Antiquités)

Située à 132 km du Caire, la pyramide d’Al-Lahoun, dite aussi pyramide de Sénousret II (Sésostris II), a été inaugurée pour la première fois au public la semaine dernière. « Découverte il y a plus d’un siècle, cette unique pyramide remontant au Moyen Empire n’a jamais été ouverte au public », déclare Khaled El-Enany, ministre des Antiquités, lors de l’inauguration.

Depuis août 2018, les travaux de restauration, de nettoyage et de consolidation des parois intérieures sont en cours par le secteur des projets du ministère, par une mission archéologique du Conseil Suprême des Antiquités (CSA). « On a commencé par nettoyer l’entrée principale qui est située sur le côté sud, puis on s’est débarrassé de 16 m3 de débris, on a ensuite installé une échelle à environ 15 m de profondeur dans les puits menant aux couloirs et à la chambre funéraire qui se trouvent sous la pyramide », explique Moustapha Waziri, secrétaire général du CSA, soulignant que les travaux ont consisté également à installer un réseau d’éclairage et d’aération moderne afin de faciliter la visite. « La consolidation de certains murs et du plafond était indispensable pour sécuriser et faciliter le déplacement dans les longs couloirs menant à la chambre funéraire où se trouve le fabuleux sarcophage taillé dans un seul bloc de granite rouge sans couvercle », ajoute-t-il. D’après lui, cette inauguration au public est importante, car les gens peuvent maintenant non seulement visiter les pyramides de l’Ancien Empire de Guiza, mais aussi les différencier de celles du Moyen Empire. « C’est la plus grande pyramide en brique crue trouvée jusqu’à aujourd’hui », assure-t-il.

Les fouilles qui remontent à 1889

Sénousret II, IVe roi de la XIIe dynastie (1895 à 1878 av. J.-C.), a accordé une attention particulière à la région du Fayoum. Il a également construit son complexe funéraire non pas à Dahchour où se trouvent les tombeaux royaux de sa famille, mais plus loin à Al-Lahoun au Fayoum. Son architecte, Inpy, a choisi une colline de 12 m de haut pour y construire cette géante pyramide en brique soutenue et entourée par des murs imposants de calcaire, dont les traces apparaissent jusqu’à nos jours. Cette structure fut ensuite complétée par du calcaire à l’intérieur.

L’histoire des fouilles autour de cette pyramide a commencé en 1889, quand l’égyptologue anglais William Flinders Petrie a cherché l’entrée de l’édifice au nord comme toutes les autres pyramides de l’Ancien Empire. Cependant, l’entrée de cette pyramide n’était pas située au nord mais au sud-est. Petrie, qui a cru au départ à une simple tombe et non pas à une pyramide, éprouvera des difficultés pendant plusieurs mois à trouver l’entrée principale qui mène à la chambre funéraire. L’architecte a peut-être eu recours à cette astuce pour tenter d’induire en erreur les voleurs, ce qui n’a pas empêché le contenu de la chambre funéraire d’être volé. Notons que l’architecte qui a conçu la pyramide a eu recours à une nouvelle méthode : le couloir menant à la chambre funéraire est dissimulé à travers le creusement de deux puits à l’extérieur de la pyramide. Dans la chambre funéraire, on a découvert un sarcophage vide, une table d’offrandes en albâtres et un uræus d’or (serpent-cobra). Les trouvailles, sauf le sarcophage, l’un des plus beaux jamais faits par les Egyptiens, selon Pertie, ont été transportées au Musée égyptien du Caire, place Tahrir. Cette pyramide est d’une hauteur de 48 m et a une base longue de 106 m inclinée avec un angle de 42 degrés. Au nord de la pyramide se trouvent 8 tombes creusées dans la roche et la petite pyramide de son épouse, la reine Nofret. Parmi les travaux engagés dans cette pyramide, il y a ceux de la mission égyptienne présidée par l’égyptologue Ahmad Fakhri en 1936. « On peut considérer les simples travaux de Fakhri comme du nettoyage et non pas de vraies fouilles. Et la pyramide est tombée dans l’oubli jusqu’en 2018 », souligne Waziri. Selon lui, malgré l’inauguration de la pyramide au public, les travaux n’ont pas encore abouti à leur fin et ils se poursuivent au sein de l’édifice ainsi qu’à l’extérieur, afin de découvrir plus de secrets.

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