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Tanis, futur musée en plein air

Nasma Réda, Mardi, 25 septembre 2018

Un grand projet de réaménagement est en cours dans la ville antique de Tanis, à San Al-Hagar, dans le gouvernorat de Charqiya. Il vise à transformer le site archéologique en musée à ciel ouvert et à le placer sur la carte touristique.

Tanis, futur musée en plein air
Vue générale du temple d’Amon après les travaux d’anastylose. (Photo : Ministère des Antiquités)

A 130 km au nord-est du Caire, sur une colline de 3 km de long et d’environ 1 km et demi de large, se trouve le site archéologique de San Al-Hagar, à 800 m de la ville du même nom, dans le gouvernorat de Charqiya dans le Delta. Sur cette colline, un musée en plein air prend forme, celui de Tanis, au nom de la cité antique remontant aux XXIe et XXIIe dynasties. Statues, sarcophages ainsi que blocs en calcaire et en granit de différentes dimensions et portant des inscriptions en hiéroglyphes accueillent les visiteurs. Certains fragments de monuments dispersés portent des inscriptions plus anciennes que la fondation de la ville, puisque ces monuments ont été transportés de la ville de Piramsès, capitale du pays lors du règne du roi Ramsès II, située à une quinzaine de km de San Al-Haggar.

Tanis, aussi appelée « Thèbes du Nord », est connue pour ses temples identiques à ceux édifiés à Louqsor et était consacrée à l’adoration de la triade thébaine : Amon, Mout et Khonsou. Le temple du dieu Amon, qui occupe l’extrémité sud de Tanis, est presque une copie de celui de Louqsor.

Vu l’importance de ce temple, le ministère des Antiquités a lancé, en 2017, un grand projet de réaménagement du site, dans le but de le protéger et de le mettre sur la carte des visites touristiques. « Le projet vise à nettoyer les fragments sur le site et à les poser sur des bases en ciment, afin de les protéger de l’humidité, et à numéroter et regrouper les pièces en vue des travaux d’anastylose », explique Moustapha Waziri, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA).

Redressement des obélisques

Tanis, futur musée en plein air
Pièces d’antiquité découvertes sur le site archéologique. (Photo : Nasma Réda)

Le ministre des Antiquités, Khaled Al-Anani, a, pour sa part, indiqué que le travail effectué n’était que le début d’une phase de travail qui durerait des années pour réaménager les temples et fournir les services nécessaires aux touristes. « Un centre de visite sera construit près du site et des bazars de souvenirs seront installés », a-t-il précisé lors de sa visite sur le site la semaine dernière.

Parallèlement au travail de réaménagement, les fouilles des missions archéologiques et les travaux de restauration se poursuivent. « On a réussi à reconstituer une partie de la porte du sanctuaire du temple d’Amon, édifiée par Chachanq III, de la XXIIe dynastie. On a aussi fait l’anastylose de deux statues de Ramsès II qui se trouvaient devant cette porte », explique Waziri, indiquant que chaque statue mesure 8 m de haut et pèse 45 tonnes, et que chacune était divisée en quatre parties.

Plus loin, plus précisément dans l’allée du temple d’Amon, se trouvent les bustes de Ramsès, la triade de Tanis et quelques statues de différentes dimensions, dont la plupart sont encore incomplètes.

La mission égyptienne travaille actuellement sur la salle du premier pylône du temple. « On a déjà redressé quelques pylônes avec leurs chapiteaux, mais il reste encore beaucoup à faire », déclare Ayman Achmawi, chef du secteur des monuments antiques, ajoutant que le plus grand défi de la mission avait été de soulever les obélisques éparpillés dans tout le site. « On a redressé jusqu’à maintenant deux obélisques, dont chacun fait 12 m de haut et pèse 85 tonnes. Le site possède une grande quantité d’obélisques et il nous en reste encore deux autres à redresser », reprend Achmawi.

Tanis, futur musée en plein air
Regroupement des fragments de la statue de Ramsès II. (Photo : Nasma Réda)

Mis à part le redressement de ces obélisques et les travaux d’anastylose sur d’autres, 11 fragments de 3 obélisques ont été transférés au Nouveau Grand Musée égyptien (GEM) sur le Plateau des pyramides pour y être exposés. Ce qui a suscité la colère d’une dizaine d’habitants, qui ont protesté contre ce transfert. « Les personnes ont le droit de défendre leur histoire pour préserver l’identité du site et ont aussi le droit de vouloir le développer pour en faire une région touristique, surtout que ce site pourrait devenir une source importantes de revenus », a souligné le ministre, défendant toutefois la décision du transfert des obélisques au GEM. « Le GEM est un projet national où il n’y avait aucun obélisque », a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois que des objets trouvés à Tanis rejoignent des musées. En effet, le grand sphinx de Tanis en granit, mis au jour en 1826 par l’archéologue français Pierre Montet, se trouve depuis sa découverte au musée du Louvre à Paris. Quant au Musée égyptien du Caire, il renferme des pièces de la nécropole royale de Tanis, dont le masque doré de Psousennès Ier de la XXIe dynastie, fondateur du temple d’Amon, un masque très semblable à celui du jeune roi Toutankhamon.

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