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Un monde fermé se dévoile

Mardi, 25 septembre 2012

L’Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO) a ouvert ses portes au public pour célébrer la Journée nationale du patrimoine. Une occasion d’en savoir plus sur un monde parfois obscur pour le non-initié.

L’IFAOa ouvert ses portes au public en organisant une visite guidée dans ses locaux. 3 groupes d’une vingtaine de personnes ont pris connaissance des travaux effectués dans cette organisation archéologique installée en Egypte depuis 1880. L’IFAO est le premier institut étranger installé en Egypte pour y étudier tous les aspects de sa civilisation : préhistoriques et pharaoniques, gréco-romains coptes et islamiques.

Des groupes de gens suivaient leur guide attentivement, la plupart étaient des Egyptiens, fiers d’entendre leur histoire racontée par des Français fascinés par l’égyptologie. « L’IFAO n’est pas accessible au grand public au cours de l’année. Et comme nos activités intéressent un grand nombre de passionnés d’égyptologie, on profite de la fête nationale du patrimoine pour pouvoir donner une idée de notre monde », explique Sibylle Emerite, responsable de la médiation scientifique.

Le palais de Mounira a donc ouvert ses portes pour dévoiler ses coulisses, son histoire et les collections secrètes qu’il renferme. Ce palais, qui doit son nom à la princesse Mounira, fille du sultan ottoman Abdul Mejid Khan, renferme plus de 132 ans de travail de l’Institut français d’Egypte.

Le hall et les planchers en bois reflètent une partie de son histoire. L’IFAO a pu maintenir une partie de cet édifice dans son état d’origine afin de garder les multiples souvenirs d’une époque, dont il reste l’un des rares témoins au Caire. La bibliothèque, qui se trouve au premier étage comprend, d’après son responsable Philippe Chevrant, près de 90 000 volumes dédiés pour beaucoup à l’histoire de l’Egypte. « Cette collection de livres reflète une accumulation progressive de nos recherches. Elle vise à répondre aux questions des chercheurs. Au fil du temps, la bibliothèque a accumulé des ouvrages de grande valeur », précise-t-il.

L’imprimerie de l’IFAO assure, quant à elle, la publication des recherches de l’institut, le Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale depuis 1901, les Annales islamologiques depuis 1954, le Bulletin critique des annales islamologiques depuis 1984 ou encore le Bulletin de liaison du groupe international d’études de la céramique égyptienne depuis 1975.

Des laboratoires uniques en Egypte

Les visiteurs sont ensuite passés à la période contemporaine de l’institut. Une visite qui commence par les laboratoires. Il s’agit de découvrir les nouvelles méthodes visant à dévoiler certains secrets de l’histoire. L’IFAO est le seul institut étranger en Egypte qui possède un laboratoire de céramologie depuis près de 30 ans. L’étude des céramiques est en effet l’allié privilégié de tout projet archéologique. Tout comme le laboratoire de datation par radiocarbone, actuellement le seul de ce type en Egypte.

Selon les termes des contrats établis entre l’IFAO et le Conseil suprême des antiquités qui régissent les travaux sur le terrain, l’institut a l’obligation d’assurer la conservation et la restauration du mobilier et des monuments mis au jour par les fouilles. Le mobilier archéologique ne se déplace pas : c’est le laboratoire qui va sur le site.

L’IFAO détient par ailleurs l’une des plus importantes banques d’images archéologiques en Egypte, riche de plus de 300 000 clichés et de 15 000 plaques de verre, dont la numérisation est actuellement en cours.

« C’était ma première participation à cette journée. Je suis venue d’Alexandrie pour faire des recherches à la bibliothèque, mais après avoir entendu parler de cette journée j’ai décidé d’y participer et je n’ai pas été déçue », raconte Manal Efara, professeur de tourisme à l’Université d’Alexandrie.

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