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Siwa, le paradis du désert

Ramy Hashem, Mardi, 18 avril 2017

De plus en plus prisée par les touristes, l'oasis de Siwa est un endroit idéal pour passer quelques jours de détente. L'occasion de s'adonner à diverses activités, de plonger dans l'Histoire et de profiter de la nature. Tournée.

Siwa

C’est dans les tréfonds du Sahara occidental, à 300 km au sud de la ville de Marsa Matrouh et à plus de 800 km du Caire, que se trouve l’oasis de Siwa, le paradis du désert. Habitée aujourd’hui par plus de 30 000 personnes, des descendants des tribus amazighs, originaires du nord du Maroc, Siwa compte de nombreux avantages par rapport aux autres oasis qui se trouvent dans le Désert occidental en raison de son emplacement géographique en plein Sahara ; ceci sans compter sa spécificité historique qui remonte à l’ère pharaonique. Ainsi, les nombreux monuments qui y existent jusqu’à aujourd’hui sont les témoins d’histoires de différentes époques révolues.

Siwa, le paradis du désert
L’ancienne cité de Chali, et une excursion dans les temps lointains. (Photo : Trip Zone)

Le voyage vers le paradis du désert commence de la banlieue du Caire au centre-ville. Le bus démarre à minuit, il prend l’autoroute côtière en direction de Marsa Matrouh. On atterrit à l’aube à Marsa Matrouh, 300 km restent avant d’arriver à l’oasis de Siwa. Un chemin dénué de tout aspect de vie, à part des points d’inspection sécuritaires et une modeste unique aire de repos à laquelle on a attribué le nom « mi-chemin », est révélateur de son emplacement, à mi-chemin entre vie et non-vie. Car en empruntant ce chemin, on a l’impression qu’on s’est égaré, qu’on ne trouverait aucune trace de vie, quand ressurgissent des indices révélant que nous sommes toujours connectés avec le monde des vivants. C’est à ce moment-là, après 10 heures de route, que nous savons à juste titre que nous avons atteint ce point magique du Désert occidental, l’oasis de Siwa qui nous accueille avec ses maisons simples mais particulières, faites d’argile et des blocs de sel dur.

Les facteurs qui font de Siwa une oasis différente des autres oasis de l’Egypte sont bien nombreux. Premièrement, la présence d’une grande quantité d’eau souterraine caractérisée par une pureté hors norme et dont la profondeur peut atteindre 1 000 m. C’est pour cela que plusieurs usines de production d’eaux souterraines sont installées dans la région. En deuxième lieu, ce lieu renferme un nombre infini de palmiers offrant une variété exceptionnelle de dattes qui s’avère être une industrie qui fait l’une des spécialités de Siwa, outre les olives et l’huile d’olive.

« Chali », un emblème

Siwa, le paradis du désert
Adrere Amellal, un hôtel écolo. (Photo : Trip Zone)

Ce qui capte l’attention dès qu’on pénètre dans l’oasis est la répétition du mot « Chali », qui est quasiment posté sur les portes des boutiques se trouvant dans les ruelles et les villages touristiques conçus selon le style architectural de la région. « Chali » signifie mon pays ou ma ville dans l’ancien dialecte des habitants de Siwa, qu’ils parlent entre eux avec aisance et maîtrise. Cependant, cette langue n’est pas écrite et n’est pas enseignée dans les écoles. Mais les habitants s’y attachent à tel point qu’ils n’ont pas recours à d’autres langues qu’avec les étrangers.

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Siwa, le paradis du désert
Bain thermal dans les eaux sulfureuses. (Photo : Trip Zone)

Les habitants de Siwa sont renommés par leur hospitalité et leur simplicité. Selon Mohamad Omar, l’un des fils de Siwa et qui est guide touristique : « Depuis le XIIe siècle, l’oasis de Siwa a été la destination des tribus amazighs en provenance de l’Afrique du Nord, précisément de la région du Magrheb arabe, qui étaient partis en quête d’un lieu adéquat pour y vivre. Ils se sont installés dans cette oasis, détenant tout le potentiel nécessaire à leur viabilité, comme l’eau souterraine et l’environnement agricole particulier de cette région, tels les palmiers et les oliviers. A cette époque, le nombre de personnes venues en exode vers l’oasis ne dépassait pas 300 personnes. Puis les habitants ont commencé à bâtir l’ancienne ville de Chali dont les maisons étaient construites de cristaux durs de sels ». Ces maisons situées en plein centre de la ville actuelle sont aujourd’hui comptées parmi les sites touristiques les plus visités. Au centre de la ville actuelle se trouve également la plus ancienne mosquée du gouvernorat de Matrouh, construite en 500 après J.-C. L’ancienne ville de Chali existait jusqu’à l’année 1926, puis s’est transformée en vestiges à cause de son effondrement sous l’effet des torrents violents. C’est sur ces vestiges que s’est assise majestueusement la ville de Chali dans laquelle on habite aujourd’hui.

A Siwa, on retrouve une palette diversifiée de sites touristiques. Outre l’ancienne ville de Chali, siège Gabal Al-Mawta (la montagne des morts). Il s’agit de tombes qui étaient réservées aux pharaons, Romains et Grecs, avant qu’elles ne soient sapées et démolies par des voleurs du vieux temps. Il n’en reste aujourd’hui que quelques rares ruines sur lesquelles on voit encore des graffitis et des fresques pharaoniques en couleurs.

Effervescence des sens

Siwa, le paradis du désert
L’indispensable surfing. (Photo : Trip Zone)

Ziad Al-Maghrabi, propriétaire d’une agence de voyages, nous parle du lac Fontas, également nommé « l’île de l’imaginaire », vers lequel affluent des touristes venus du monde entier pour contempler l’un des plus beaux paysages du coucher du soleil, puisque Siwa est située à une altitude de 17 pieds sous le niveau de la mer. Il n’y a donc pas de vents, ce qui rend l’eau du lac encore plus limpide. La densité et la variété des palmiers sur les rives du lac font de l’oasis un endroit encore plus majestueux. Tous ces atouts de la nature rendent le paysage du coucher du soleil l’un des plus beaux du monde. Ziad Al-Maghrabi ajoute qu’il existe à Siwa l’un des plus célèbres villages touristiques amis de l’environnement « ecolodge », Emili, où tout est fait de produits naturels qui respectent l’environnement désertique. Par exemple les lits, les murs des chambres et les constructions sont fabriqués de cristaux de sels. Des bougies assurent l’éclairage et il n’y a dans le village aucun élément polluant. Le prince Charles et le célèbre homme d’affaires égyptien Sawirès, ainsi que d’autres célébrités, font partie des personnes ayant fréquenté le lieu.

Tourisme thermal et safari

Avis aux visiteurs de Siwa : ne ratez pas le safari dans le désert du Sahara. C’est une aventure unique en son genre. Un safari pas comme les autres. Les amateurs de safari sont véhiculés à bord des 4x4 et avancent côte à côte jusqu’au sommet des montagnes de sable, pour glisser de l’autre côté. La vue du sable fin qui vous submerge de toutes parts est sensationnelle, nous rappelant les cristaux d’eau. Une fois que tout le monde arrive à la station du rest-house qu’un autre périple commence, celui du « ski sur sable », comme les touristes aiment l’appeler, avant de déguster le thé délicieux et spécial de Siwa dans une atmosphère limpide où les coups de vent les frappent de part et d’autre.

Siwa, le paradis du désert
Le safari et une aventure dans le Grand Sahara. (Photo : Trip Zone)

L’oasis de Siwa est également célèbre par le tourisme thermal en été comme en hiver. En hiver, les touristes peuvent nager dans les eaux sulfureuses qui guérissent le corps des maladies rhumatismales et dermatologiques. On raconte que la reine Cléopâtre nageait dans l’une de ses eaux sulfureuses, qui a ensuite porté son nom pour devenir l’un des plus importants sites touristiques de l’oasis. En été, il y a une autre méthode de cure pour les malades atteints des maux d’articulations et du dos, en faisant une plongée dans les sables chauds pendant un nombre déterminé d’heures et sous la supervision de spécialistes. Cette méthode qui, en général, donne de bons résultats, est à base de transpiration et est censée faire ressortir les toxiques et les sels du corps à travers l’ingurgitation de larges quantités d’eau. Les visiteurs de Siwa n’oublient jamais l’achat des souvenirs et des produits fabriqués par les habitants, comme les abat-jour fabriqués en sel, les costumes caractéristiques de Siwa qui sont brodés de belles couleurs, en plus de l’huile d’olive et des dattes.

Légendes et mythes

Bahr Al-Rémal Al-Azim (les dunes de sable) a été appelé ainsi à cause de l’aspect continuellement changeant du sable à cause des vents. Ainsi, le contemplateur peut voir une vague de sables de formes et de couleurs spéciales, avant qu’elle ne se transfère vers un autre endroit. Un spectacle pour les yeux certes, mais non sans dangers. L’histoire du roi Cambyse en est témoin. En 525 av. J.-C., il fit marcher quelque 50 000 soldats perses contre les habitants de Siwa pour en faire des esclaves et pour détruire leur temple. Mais un vent de sable anéantit l’expédition avant même qu’elle n’atteigne son but. En 550 av. J.-C., Siwa tomba cependant sous l’emprise des Perses. Un peu plus tard, le général athénien, Cimon, envoya une délégation auprès du célèbre oracle de Siwa, alors que lui-même assiégeait la ville de Kition, à Chypre. L’oracle répondit aux membres de la délégation que Cimon les précédait, et alors qu’ils étaient sur le chemin de retour, ils apprirent que Cimon était mort devant Kition. En 331 av. J.-C. Alexandre le Grand se rendit auprès de l’oracle. Il lui prédit le titre de maître du monde et fils du dieu Amon. C’est pourquoi Alexandre est représenté sur les monnaies hellénistiques avec les cornes de bélier du dieu Amon.

L’ancienne capitale de l’oasis de Siwa était située à l’emplacement de l’actuel village d’Aghourmi. Là subsistent quelques restes d’un temple antique, sans doute le temple de Zeus-Amon.

Ce temple remonte à la XXVIe dynastie pendant l’ère du roi Ahmos II. C’est un édifice de deux étages construit en pierre sablonneuse et comprend l’un des plus importants centres de prédiction. Alexandre le Grand avait entendu parler de ce temple et s’y était rendu pour supplier la bénédiction des prêtres et du grand dieu des pharaons Amon Rê. Les récits répètent que les prêtres du temple avaient prédit qu’Alexandre le Grand deviendrait le souverain du monde entier. Une prédiction qui est devenue réalité quelque temps après. Ce temple a survécu plusieurs époques et a vu sa fin suite à un fort tremblement de terre qui a eu lieu en 1811 et qui l’a totalement balayé.

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