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Patrimoine: Les palais royaux en danger

Dalia Farouq, Mardi, 02 avril 2013

En proie à la négligence, le palais du roi Farouq à Belbeis, dans le gouvernorat de Charqiya, vient de s’effondrer. D’autres palais
historiques pourraient connaître le même sort.

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Inscrit depuis 2010 comme bâtiment à valeur historique dans le gouvernorat de Charqiya, le palais du roi Farouq dans la ville de Belbeis s’est effondré en grande partie la semaine dernière. Ce palais, construit en 1920 sous le roi Fouad, avant dernier roi d’Egypte, s’étend sur une superficie de 33 feddans. Il s’agit de l’un des plus beaux palais relais du roi Farouq en Egypte qui a donné son nom au village bien connu à l’époque d’Al-Farouqiya, devenu après la Révolution de 1952 Al- Manchiya Al-Gadida. Farouq Mohamad, un vieillard

habitant le village, se souvient de son père qui travaillait au palais.

Toutes les terres agricoles du village appartenaient au palais, avec la mosquée construite par le roi et une grande écurie qui était caractéristique d’Al-Farouqiya et réputée alors pour ses chevaux pursang arabes. « J’ai entendu mon père raconter que le roi venait très souvent à ce palais, surtout lorsqu’il venait à Charqiya pour chasser les canards ou monter à cheval », raconte Farouq. Selon lui, tous les villageois, qui un jour rêvaient d’entrer dans les jardins de ce palais somptueux, demandaient depuis quelque temps sa démolition, car il était délabré et risquait de s’effondrer et de mettre en danger la vie des enfants de l’école primaire du village qui se trouve juste à côté. « Il y a quelque temps, une partie du palais s’était effondrée et la panique s’est emparée des élèves qui se sont précipités vers la sortie pour quitter l’école après le fracas horrible de l’effondrement et la poussière qui a couvert le ciel. On aurait cru à un tremblement de terre », explique Mohamad Anouar, père de deux élèves dans cette école. Il ajoute que le palais souffrait de négligence depuis des années. Il n’a jamais été restauré.

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La dégradation commence en 1952

La dégradation de ce palais a commencé avec la Révolution de 1952, lorsqu’il a été utilisé comme dépôt d’armes à l’époque nassérienne. Par la suite, il a été utilisé comme école primaire sous le président Anouar Al- Sadate. Le tremblement de terre de 1992 a causé d’autres dégâts obligeant les autorités à évacuer le palais. « Plusieurs vols y ont été commis et rien n’a été épargné : les meubles, les ornements, les portes et les fenêtres. Même les dalles et les marches de l’escalier, qui étaient importées d’Italie, ont été arrachées et volées », se lamente Anouar. Et d’ajouter que personne ne sait qui est responsable de l’entretien de ces palais : est-ce le ministère des Antiquités, celui de l’Education puisqu’il abritait une école, ou le gouvernorat ? Pour sa part, le gouverneur de Charqiya, Saïd Al-Naggar, a formé une commission d’enquête pour déterminer les raisons de l’effondrement du palais, et pour décider s’il doit être restauré ou entièrement démoli, car une partie du palais est restée intacte. « Ce palais figure sur la liste des monuments historiques à valeur architecturale dans le gouvernorat de Charqiya. Sa démolition nécessite une décision du premier ministre », assure le gouverneur.

En dépit de l’importance architecturale et historique de ce palais, le ministère des Antiquités rejette toute responsabilité dans l’effondrement du palais. « Ce palais n’est pas inscrit comme monument historique. En vertu de la loi, un édifice doit être bâti depuis au moins 100 ans ou avoir une architecture rare pour être inscrit comme monument historique, ce qui n’est pas le cas pour ce palais. L’entretien du palais est donc la responsabilité des autorités locales, c’està- dire le gouvernorat de Charqiya », indique Adel Abdel-Sattar, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités. En fait, ce palais n’est pas le seul à faire partie du patrimoine de la famille royale à Charqiya. Un autre palais du roi Farouq se trouve dans le village de Bassatine Al-Ismaïliya où a été signée la première charte de la Ligue arabe en 1946. Ce palais, qui souffre de la même négligence, risque lui aussi de s’effondrer. Connaîtra-t-il le même sort que le palais d’Al- Farouqiya ? .

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