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Les temples de Karnak au fil du temps

Dalia Farouq, Mardi, 31 janvier 2017

Les temples de Karnak au fil du temps
Tête de Sésostris III.

Ipet-isout, qui signifie en hiéroglyphes « le plus estimé des lieux », était le nom des temples de Karnak dans les temps anciens. Un nom qui reflète sans doute l’importance de ce complexe religieux considéré comme le plus grand ensemble de temples jamais construit dans l’histoire de l’Egypte ancienne.

Les temples de Karnak s’étendent sur plus de deux kilomètres au nord de Louqsor en Haute-Egypte, avec un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes et autres bâtiments antiques. Karnak est divisé en trois temples. Deux d’entre eux sont consacrés aux triades thé­baines Amon-Rê, le dieu principal de Thèbes, son épouse, la déesse Mout et leur fils Khonsou, alors que le troisième temple honore le dieu Montou, un ancien dieu guerrier local. L’enceinte du temple d’Amon-Rê s’orga­nise selon deux axes qui forment un « T » : l’un est orienté de l’Est à l’Ouest et l’autre du Nord au Sud. « Cette enceinte comprend les sections les plus célèbres du complexe de Karnak, dont la fabuleuse salle hypos­tyle qui comprend 134 colonnes aussi colossales que somptueuses sur lesquelles sont encore gravées des décors et des inscriptions. Le plafond d’origine n’est plus présent, mais on trouve encore quelques-unes des fenêtres à claire-voie qui filtraient la lumière. C’est l’un des lieux de visite les plus remarquables de toute l’Egypte », explique Qadhafi Abdel-Rahim, directeur des Antiquités de Karnak. Bien que la construction de Karnak ait débuté au Moyen Empire sous le règne du roi Sesostris Ier, l’emprunte du Nouvel Empire a pris le dessus avec les contributions de pharaons célèbres comme Hatchepsout, Thoutmôsis III, Séti Ier et Ramsès II. Les constructions se sont poursuivies au cours de la période gréco-romaine avec les Ptolémés et les Romains. Même les premiers chrétiens y ont laissé leurs traces.

Quatre cours, dix pylônes

Ce site immense et riche en constructions variées comporte 4 cours, 10 pylônes, un lac sacré et de nombreux édifices.

« L’importance religieuse des temples de Karnak se reflète dans leur grande superficie ainsi que le grand nombre d’édifices sacrées. Mais au-delà de son rôle religieux, le site servait également de centre administratif et de palais rési­dentiel pour les pharaons du Nouvel Empire, lorsque le pouvoir était concen­tré à Thèbes », indique Abdel-Rahim.

Autre trait caractéristique de Karnak, l’allée des sphinx. Ces sphinx à têtes de bélier et à cornes recourbées mènent au premier pylône. Entre leurs pattes, on trouve de petites figures de Ramsès II, le vainqueur de la célèbre bataille de Qadech, en Syrie, contre les Hittites (1274 av. J.-C.). Cette allée, qui s’étend sur 3 km de long, avait pour but de relier les Temples de Karnak à celui de Louqsor, puis elle a commencé à s’abîmer sous l’effet du temps et de l’érosion. « Le ministère égyptien des Antiquités mène depuis quelques années un grand projet pour restaurer ces sphinx, afin de faire revivre cette allée historique », ajoute le directeur des antiquités de Karnak.

Construits sur une période de plus de 2 000 ans et réaménagés génération après génération par les pharaons, les Temples de Karnak représentent un véritable registre de la civilisation, de la culture, de l’art et de l’architecture de l’Egypte antique.

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