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Tourisme : De bons signes pour une reprise

Dalia Farouq, Lundi, 03 octobre 2016

Après une longue traversée du désert, les professionnels du tourisme s'attendent à ce que l'hiver concrétise leurs espoirs de reprise de la fréquentation touristique européenne en Egypte. Explications.

Tourisme : De bons signes pour une reprise

La compagnie aérienne russe Aéroflot a rouvert ses bureaux à l’aéroport du Caire qu’elle avait quittés il y a plus de 10 mois, après la suspension des vols russes vers l’Egypte. Selon une source à l’aéro­port, ces bureaux préparent la reprise des vols. Le ministre russe des Transports est actuelle­ment en visite au Caire, afin de rédiger le rapport définitif concernant le renforcement des mesures de sécurité dans les aéroports égyptiens pour le présenter au président Poutine.

Cette visite vient à la suite de celle effectuée la semaine dernière par le ministre égyptien de l’Aviation, Chérif Fathi, à Moscou, sur le même sujet. Selon Mohamad Abdel-Gabbar, directeur des relations internationales à l’Organisme de promotion touristique (ETA), « Russes et Anglais sont sur la voie du retour ». Il se base sur les rapports positifs des experts russes en sécurité qui ont inspecté à plusieurs reprises le renforcement des mesures de sécurité dans les aéroports égyptiens. « Moscou pourrait reprendre ses vols à destination de l’Egypte d’ici le mois d’octobre prochain. En fait, l’Egypte a répondu à toutes les demandes concernant la sécurité des aéroports et des sites touristiques », indique Abdel-Gabbar. Et d’ajouter que ce qui le rend optimiste, c’est que les touristes russes eux-mêmes ont commencé à voyager en Egypte, mais par des vols passant par la Turquie ou l’Ukraine. Plus de 15 000 touristes russes ont visité l’Egypte de cette manière au cours des 10 derniers mois, ce qui signifie que Moscou a assoupli ses restrictions pour les citoyens, afin de voyager en Egypte.

Il reste seulement les vols directs, réguliers ou charters, qui doivent reprendre entre les deux pays. Il souligne que la rencontre du président Abdel-Fattah Al-Sissi avec le président russe, Vladimir Poutine, lors du sommet du G20 tenu le mois dernier en Chine, a eu un rôle primor­dial dans l’accélération du retour des voyages russes en Egypte. Lors de cette rencontre, le président Poutine a indiqué qu’une délégation haut placée, avec en tête le ministre russe du Transport, allait venir en Egypte pour un der­nier audit à la fin du mois de septembre, avant de reprendre les vols en toute sécurité. D’après lui, même les déclarations des responsables du tourisme russe prévoient le retour prochain des vols Moscou-Le Caire, surtout avec l’inaugu­ration des agrandissements du terminal 2 de l’aéroport du Caire, dont la capacité sera de 5,7 millions de voyageurs par an.

Selon l’agence russe Novosti, l’Association des Tour-Opérateurs Russes (ATOR) a annoncé cette semaine qu’en cas de reprise des vols vers l’Egypte, les compagnies aériennes russes pour­ront organiser plus de 500 vols charter par mois, surtout qu’il existe une demande intense sur les destinations touristiques égyptiennes de la part des touristes russes.

Pour leur part, les responsables de l’aéroport du Caire avaient indiqué aux médias que le côté russe a accordé aux autorités égyptiennes des appareils ultramodernes pour détecter les explo­sifs, des portails électroniques et des radars à nanotechnologie. Ahmad Choukri, président du secteur de la planification à l’ETA, assure prépa­rer une importante campagne de communication et de relations publiques qui sera lancée au fur et à mesure de la reprise des vols. « Le coût de cette campagne sera de 4 millions de dollars », ajoute Choukri.

Le ministère égyptien a, en réalité, déjà com­mencé sa campagne de communication sur la plupart des marchés européens sauf l’anglais, dont tous les indices assurent la reprise des vols en provenance de Grande-Bretagne à destination de Charm Al-Cheikh, tout de suite après la reprise des vols russes. « Lors d’une rencontre des parlementaires britanniques au Caire, cette délégation a discuté de la coopération sécuri­taire entre les deux pays en ce qui concerne la sécurisation des aéroports et la lutte contre le terrorisme. La délégation s’est ensuite rendue à Charm Al-Cheikh pour se rassurer de la situa­tion sécuritaire dans la station balnéaire de la mer Rouge et examiner la reprise du tourisme britannique vers l’Egypte. Ils ont assuré le déploiement de grands efforts pour que le gou­vernement britannique lève sa restriction sur les vols vers Charm Al-Cheikh. Une autre cam­pagne sera lancée prochainement pour accélé­rer le retour du tourisme britannique en Egypte », explique Choukri, en assurant que la reprise du tourisme doit d’abord passer par les voies politiques et diplomatiques.

Indices de plusieurs marchés

Le tourisme égyptien attend par ailleurs davantage de bonnes nouvelles pour la saison d’hiver. C’est ce que révèlent les indices des derniers jours concernant le retour des voyages et des touristes en provenance de plusieurs mar­chés, surtout européens. Les grands tour-opéra­teurs allemands, à l’instar de Thomas Cook, FTI, Sun Express et Air Germania, ont, en effet, commencé à reprogrammer les destinations balnéaires en Egypte, notamment Charm Al-Cheikh et Hurghada. Le directeur de l’Of­fice de tourisme égyptien en Allemagne se félicite de voir partir à nouveau les vols charters et les touristes allemands vers les plages de Charm Al-Cheikh, d’Hurghada et de Marsa Alam.

« C’est un bon signal pour les mois à venir. Selon ces chiffres, il y aurait 101 vols hebdoma­daires en provenance d’Allemagne vers l’Egypte en hiver 2016/17. FTI, le plus grand voyagiste allemand en Egypte, devrait doubler le nombre de vols vers le pays cet hiver », explique le directeur de l’Office du tourisme égyptien en Allemagne, en assurant que la visite du ministre égyptien du Tourisme en Allemagne il y a quelques semaines et son entretien avec une délégation du Bundestag (parlement) ont eu leur impact sur la relance du tourisme allemand en Egypte.

Egalement, les compagnies aériennes turques ont repris, au début du mois de septembre, leurs voyages vers Charm Al-Cheikh après presque 10 mois de suspension. « Il y a de bonnes intentions de la part des responsables du tourisme turc pour la reprise du mouvement du tourisme entre les deux pays. A partir du mois d’octobre, les vols vont s’intensifier à destination des sites balnéaires de la mer Rouge pour atteindre 5 vols par semaine. Un atelier sera organisé pour plus de 60 tour-opé­rateurs turcs en novembre, afin de promouvoir le tourisme égyptien en Turquie. En outre, le ministère du Tourisme entend participer au salon touristique EMETT qui regroupe les plus grands tour-opérateurs de toute l’Europe », explique Emad Hassan, responsable de l’Of­fice du tourisme égyptien en Turquie, qui sou­ligne que ce sont les tour-opérateurs qui sup­portent les pertes financières à cause de cette suspension, et qui pratiquent une pression sur leurs gouvernements, afin de l’annuler et mettre fin à leur cauchemar. Dans le même contexte, la Suède et l’Italie ont assoupli leurs restrictions sur les voyages à Charm Al-Cheikh, et des flux de leurs touristes ont commencé à atterrir en Egypte sans attendre la saison d’hi­ver, la haute saison du tourisme en Egypte. La plupart des pays européens avaient imposé des restrictions sur les voyages aux destinations balnéaires de la mer Rouge à la suite du crash d’un avion russe au-dessus du Sinaï le 31 octobre dernier. Le secteur du tourisme s’est retrouvé écrasé sous le joug de cette crise qui a provoqué plus de 50 % d’annulation d’arrivées touristiques en Egypte au cours du premier semestre de l’année courante, comparé à la même période de l’année précédente.

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