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Restauration : Le Netjery-Menou enfin reconstitué

Nasma Réda, Lundi, 18 février 2013

Après quatre ans de travaux, le Netjery-Menou a été reconstruit au sein du musée en plein air de Karnak. Il sera ouvert au public avant la fin du mois.

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Vue générale du site.

« Il ne reste plus que quelques travaux de nettoyage et le site sera prêt pour accueillir les visiteurs », déclare Christophe Thiers, directeur de l’unité de service et de recherche du Centre national de la recherche scientifique. Le Netjery-Menou est une construction (sorte de chapelle) bâtie en pierre calcaire et remontant à la XVIIIe dynastie pharaonique. Il comprend des représentations des rois Thoutmosis II et III et de la reine Hatchepsout.

Les premiers blocs en calcaire de ce monument avaient été découverts en 1945. Mais certains de ces blocs ont été détournés et utilisés dans des travaux de restauration pour d’autres monuments à Louqsor ou ailleurs. Les autres blocs ont été stockés dans les galeries du temple de Karnak et y sont restés jusqu’en 2005. « Cette année-là, la mission du Centre Franco-Egyptien des d’Etude des Temples de Karnak (CFEETK) décide de restaurer les blocs. Et en 2008, un projet est lancé pour reconstituer le monu­ment en entier à l’entrée du musée en plein air », affirme Mohamad Ibrahim, ministre d’Etat aux Antiquités.

Aujourd’hui, les travaux de reconstitution du Netjery-Menou sont sur le point de prendre fin. Selon Mansour Boreik, direc­teur général des monuments de Louqsor, « le public pourra visiter le Netjery-Menou dès la fin du mois courant ».

Le Netjery-Menou revêt un intérêt particu­lier pour les historiens de l’Egypte Ancienne dans la mesure où il constitue l’un des rares témoignages de l’exercice du pouvoir de la reine Hatchepsout. Consacré aux rituels du culte quotidien d’Amon-Rê (encensement, offrandes de la myrrhe, libations, purifications, etc.), ce monument comprend une cour ouverte et deux salles intérieures ornées de blocs gravés avec des représenta­tions de scènes religieuses.

On y voit notamment Hatchepsout devant Amon-Rê, avec son mari, le roi Thoutmosis II, ainsi que leurs car­touches. Sur certains blocs, on peut voir, gravés, les noms d’Hatchepsout et de la princesse Néférou-Rê ainsi que des représentations posthumes du roi Thoutmosis II.

Le monument est reconstitué au sein du musée en plein air de Louqsor, situé à 2,5 km au nord de la ville et inauguré en 1987. Outre le Netjery-Menou, les archéologues ont reconstitué plusieurs chapelles remontant à plusieurs époques pharaoniques dont la cha­pelle d’Hatchepsout, connue sous le nom de chapelle rouge, elle aussi construite en cal­caire.

Egalement restaurée par le CFEETK, cette construction est unique : elle est le premier bâtiment en pierre « préfabriqué » de l’his­toire de l’humanité. Elle comprend environ 300 blocs. Sur le même site se trouvent aussi la chapelle blanche du roi Sénousret I et le sanctuaire du roi Amenhotep II.

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Hatchepsout et Thoutmosis II devant Amon-Rê.

Une construction rare

Le Netjery-Menou a été reconstitué sur un espace d’environ 13 x 15 mètres. Le monu­ment de 5,39 mètres de haut est considéré par les archéologues comme une construc­tion rare qui dévoile une partie importante de l’histoire de l’Egypte Ancienne. « Ce monu­ment sacré, dont l’architecture a été endom­magée, est l’une des rares oeuvres attestant la puissance d’Hatchepsout avant même son accession au trône ».

Hatchepsout était le cinquième pharaon de la XVIIIe dynastie. Elle a régné de 1479 à 1458 environ av. J.-C. Elle est la fille de Thoutmosis I et fut la troisième femme de l’histoire de l’Egypte à monter sur le trône, non sans soule­ver des problèmes successoraux et politiques. Hatchepsout a été un grand souverain bâtis­seur, qui fit preuve d’une originalité hors du commun.

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