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Des papyri qui en disent long sur l’histoire de l’Egypte

Doaa Elhami, Lundi, 18 juillet 2016

Une exposition de fragments de papyri datant du règne du roi Chéops, de la IVe dynastie, a été inaugurée cette semaine au Musée égyptien.

Des papyri qui en disent long sur l’histoire de l’Egypte

Trois fragments de papyri remontant au règne du roi Chéops sont actuellement exposés au Musée égyptien, place Tahrir, et ce, après leur restauration. « Ces papyri datant de la IVe dynastie sont les plus anciens manuscrits découverts jusqu’à aujourd’hui », annonce Khaled Al-Enani, ministre des Antiquités égyptiennes, présent lors de l’inauguration.

Ces pièces exceptionnelles font partie de 1 000 fragments, dont certains ont une longueur de 1,5 m, conservés au dépôt du Musée de Suez et aux laboratoires du Musée égyptien, et découverts en 2013 par la mission franco-égyptienne qui opérait alors sur le site de l’ancien port de Wadi Al-Garf à 24 km au sud de Zaafarana. Etant donné l’importance archéologique et historique de ces documents, le ministre a préféré les exposer avant même la fin du traitement des 1 000 fragments.

Le contenu de ces papyri indique, entre autres, qu’au cours du règne du roi Chéops, le port de Wadi Al- Garf, le plus ancien port jamais découvert en Egypte, était en activité. Certains paragraphes racontent même la biographie de Merer « qui dirigeait à l’époque l’un des ports les plus influents de la mer Rouge », commente Ahmad Samir, conservateur du Musée égyptien qui a participé aux études des pièces exposées.

Les parcelles de papyri exposées sont rédigées en hiéroglyphes cursifs et recensent les archives du port, les rapports de compte de l’Etat, et donnent un ensemble de détails sur la vie quotidienne du personnel du port, comme les parts de nourriture distribuées à chaque travailleur. Les titres des sujets y sont inscrits en rouge et les détails sont rédigés en noir. « Certains paragraphes expliquent le transfert des blocs de pierre et les étapes de la construction de la grande pyramide. L’équipe d’ouvriers qui gérait le port est la même qui a bâti la pyramide de Chéops », reprend Ahmad Samir. D’après Al-Enani, ces informations reflètent la bonne santé de l’administration égyptienne à cette époque lointaine et donnent également des renseignements cruciaux sur le règne de Chéops. « Nous avons trouvé sur ces papyri le recensement du bétail qui se faisait tous les deux ans. Ces informations sont un indicateur sur la situation économique du pays qui nous a permis de valider une hypothèse qui n’avait encore jamais été confirmée et qui se rapporte à la durée du règne de Chéops. L’un de ces recensements est noté comme étant le 13e recensement du gouvernement, ce qui confirme que Chéops a régné pendant au minimum 26 ans », précise Al-Enani.

Toutes ces informations archéologiques et historiques ont été fournies grâce à l’étude de quelques fragments. Il en reste encore un millier à restaurer et à étudier, sans oublier les grottes où ont été découvertes ces pièces qui ne sont pas encore été complètement nettoyées.

En marge de l’exposition qui prend fin le 29 juillet, des répliques de ces papyri sont exposées et sont mises en vente dans le bazar du musée, qui rouvre ses portes après 6 ans de fermeture.

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