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L’histoire des baleines racontée

Dalia Abdel-Salam, Lundi, 18 janvier 2016

Le premier musée au Moyen-Orient pour les fossiles et le changement climatique a été inauguré le 14 janvier 2016 à Wadi Al-Hitane, réserve située à 170 km au sud-ouest du Caire.

L’histoire des baleines racontée
(Photo : Gabriel Mikhaël)

Ça vous intéresse de savoir plus sur l’évolution de la vie sur terre ? A Wadi Al-Hitane (la vallée des baleines), vous trouverez des fossiles anciens de 40 millions d’années qui apporteront des réponses à toutes vos questions.

Le paysage dans la Vallée des baleines est unique avec ses rochers de différentes tailles, formes et textures qui fournissent un fond artis­tique idéal pour les fossiles rares. Le site est un musée à ciel ouvert qui est considéré comme l’un des plus importants du genre vu le nombre et la qualité des fossiles qui s’y trouvent.

Quand vous êtes sur le site, un sentiment étrange vous envahit. Il suffit de penser que la terre sur laquelle vous êtes était un jour le fond d’une mer ! Les richesses de Wadi Al-Hitane ont été découvertes en 1998, et ce site unique qui occupe une superficie de 200 km2 a été classé en 2005 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco grâce aux fossiles des baleines qui s’y trouvent.

70 pièces uniques

Dans le but de conserver la richesse naturelle du site, de promouvoir l’écotourisme et de garantir des revenus qui aideront à l’autofinan­cement des réserves du gouvernorat du Fayoum, les ministres de l’Environnement, Khaled Fahmi, et du Développement local, Ahmad Zaki Badr, le gouverneur du Fayoum, Waël Makram, la coordinatrice résidente du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), Anita Nirody, et l’ambassadeur italien au Caire, Maurizio Massari, ont participé, jeudi dernier, à l’inauguration d’un musée souterrain qui est le fruit d’une coopération égypto-italienne coor­donnée par le PNUD.

Le musée renferme le squelette d’une baleine unique au monde et dont la longueur atteint les 18 mètres. « Cette baleine du genre Basilosaurus Isis, dont le squelette est complet à 95 %, ne possédait pas de nageoire caudale mais une paire de petites pattes, qu’on peut voir dans le musée. Ce squelette nous explique l’évolution des baleines. Celle-ci est une baleine intermédiaire entre les ancêtres des baleines terrestres qui possédaient des pattes et qui existaient il y a 50 millions d’années et entre les baleines marines qui possèdent des nageoires qui existent à nos jours », explique Dr Mohamed Sameh, géologue et chef du groupe de travail de Wadi Al-Hitane.

En effet, le musée renferme 70 pièces uniques, des fossiles qui racontent l’histoire du changement climatique. « Ce site était une mer, puis devenu avec le temps une terre, puis une forêt pluviale et aujourd’hui un désert. Ce musée renferme des fossiles qui remontent à différentes époques historiques, de même que des illustrations expliquant les différentes étapes de l’évolution de la vie sur terre », sou­ligne Dr Sameh.

Des dizaines d’espèces ont été identifiées à Wadi Al-Hitane. A part les poissons, les requins, les raies, les crabes, les tortues, les crocodiles, les serpents de mer, et bien sûr les baleines, aussi des herbiers, mangroves, des mollusques et des oursins ont été identifiés. Des fossiles de deux espèces de vache de mer, les ancêtres des dugongs modernes, ont de même été trouvées sur le site.

Le Musée des fossiles a été complètement financé par les Italiens, qui ont payé les constructions, les aménagements intérieurs et les équipements nécessaires pour préparer les fossiles rares.

Selon Israa Saber, jeune géologue et la seule femme dans le groupe de travail, elle a passé avec ses collègues 15 mois de travail dur afin de préparer les fossiles exposés dans le musée. « Sur les 200 km2 de Wadi Al-Hitane, le groupe de travail a identifié 1 500 sites qui renferment des fossiles de baleines, dont certains méritent d’être exposés dans le musée à ciel ouvert », indique Israa Saber.

En harmonie avec le paysage

En fait, la réserve de Wadi Al-Hitane est divi­sée en trois zones, la zone (A) où les camions peuvent passer et les voitures peuvent station­ner, la Zone (B) où se trouvent le musée et des constructions installées en harmonie avec le paysage et la Zone (C) où se trouve le musée en plein air, des fossiles se trouvent partout.

Le musée est construit de matériaux naturels d’une couleur pareille aux dunes de sable de la région, une rampe mène à son unique salle, sou­terraine, avec un plafond en forme de dômes. Le musée est un chef-d’oeuvre qui respecte l’envi­ronnement et reflète les tendances de son archi­tecte Gabriel Mikhaël, un activiste environne­mental et un amateur de la nature.

« En dessinant ce musée, j’ai pris soin de ne pas nuire à ce paysage magnifique. Pour les travaux de construction, nous avons utilisé des matériaux naturels et nous avons eu recours à une main-d’oeuvre égyptienne expérimentée », raconte Gaby, comme tout le monde le nomme. Il a eu recours aux dômes afin de fournir une sorte de climatisation naturelle contre la chaleur en été et aussi pour laisser passer la lumière du soleil.

Selon Gaby, les conditions de travail étaient assez dures, surtout pour transférer les maté­riaux de construction à dos d’ânes car les camions sont interdits sur le site.

« Avec ce musée on passe du concept de la protection de la nature à celui de sa conserva­tion. Il est basé sur le fait de profiter économi­quement des ressources naturelles tout en res­pectant l’environnement », commente le ministre de l’Environnement, Khaled Fahmi. Il ajoute que le gouvernorat du Fayoum a des potentiels incomparables en ce qui concerne le tourisme écologique. C’est pourquoi le minis­tère envisage la formation d’un conseil pour la gestion de la réserve de Wadi Al-Hitane.

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