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Les pharaons au pays du Soleil levant

Dalia Farouq, Mardi, 27 octobre 2015

Une exposition itinérante d'antiquités égyptiennes baptisée « L’Ere des bâtisseurs des pyramides » a été inaugurée le 15 octobre à Tokyo. Pendant 25 mois, elle fera le tour du Japon.

Les pharaons au pays du Soleil levant

Organisée à Tokyo, l’exposition « L'Ere des bâtisseurs des pyramides » comprend 120 pièces d’antiquités égyptiennes qui sont le témoignage d’une époque importante de l’histoire de l’Egypte pharaonique, allant du XXVIIIe au XXIIe siècle av. J.-C. Pendant 25 mois, ces antiquités feront le tour de huit villes japonaises, en commençant par Tokyo, avant de revenir en Egypte en septembre 2017. « L’organisation de cette exposition renforce les relations profondes qui existent entre l’Egypte et le Japon dans le domaine des antiquités », assure Mamdouh Al-Damati, ministre des Antiquités, présent à la cérémonie inaugurale de l’exposition. Il ajoute que le Japon est un pays qui apprécie et accorde un grand intérêt aux antiquités égyptiennes et à l’histoire de cette période. Parmi les pièces exposées, il se trouve une statue du pharaon Khephren, la statue d’un scribe ainsi qu’un modèle de la barque solaire. « L’Ancien Empire se caractérisait tant par la stabilité politique que par le développement de la société civile, ce qui s’est reflété sur le développement des arts, surtout la sculpture. Ainsi, les pièces et les statues sont d’une finesse et d’une beauté incomparables », souligne Elham Salah, directrice du secteur des expositions au ministère des Antiquités.

Selon elle, cette exposition, comme toutes les autres tenues à l’étranger, a pour objectif premier de promouvoir le tourisme en Egypte auprès des visiteurs en les invitant à découvrir l’Egypte et à voir ses antiquités. La dernière exposition tenue à l’étranger, également au Japon, sur Toutankhamon, avait été organisée fin 2012 et avait attiré près de 2 millions de visiteurs. Le nombre de touristes japonais en Egypte a augmenté de 26 % la saison suivante. « C’est le grand succès de cette exposition, qui a poussé le gouvernement japonais à demander à organiser cette nouvelle exposition. Il s’attend à une bonne réception de la part du public en se basant sur les chiffres préliminairesqui prédisent un engouement de la part des Japonais », assure Elham Salah.

Les revenus de cette exposition, estimés à 2 millions de dollars, serviront à augmenter le budget du ministère des Antiquités qui souffre actuellement d’un important déficit à cause de la chute du tourisme en Egypte.

En ce qui concerne la sécurité des pièces, la directrice du secteur des expositions assure que le gouvernement japonais garantit leur protection. « Nous avons une lettre de garantie de la part du gouvernement japonais. Une somme de 138,57 millions de dollars a été versée en guise de garantie pour ces pièces. Ce sont les archéologues égyptiens qui surveillent cette exposition : la préparation des pièces, l’emballage, le transport, l’exposition à l’étranger et leur retour en Egypte. Et c’est la police égyptienne qui est chargée du transport des pièces ».

Par ailleurs, un archéologue accompagnera les pièces pendant toute la période de l’exposition et enverra des rapports hebdomadaires sur le déroulement de celle-ci : l’état des pièces, l’aération, l’éclairage, la sécurité dans les salles, le niveau de fréquentation, le nombre de tickets vendus, etc. « Le ministère a dernièrement décidé de ne plus faire sortir de pièces uniques, mais des pièces qui existent en différents exemplaires seulement. La protection de ces dernières n’incombe pas uniquement à l’Egypte mais aussi aux pays hôtes », indique Elham Salah.

Une coopération ancienne

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La coopération entre l'Egypte et le Japon remonte aux années 1980.

Cette coopération entre l’Egypte et le Japon dans le domaine de la culture et des antiquités n’est pas nouvelle. Elle remonte aux années 1980 lorsque le Japon a fait un don à l’Egypte pour l’aider à construire l’Opéra du Caire. Cette coopération s’est manifestée dans beaucoup d’autres projets importants.

Selon Khalifa Saber, archéologue au Conseil suprême des antiquités, plusieurs missions archéologiques japonaises travaillent en Egypte depuis des décennies. La plus importante est celle de l’Université de Wassida, qui opère sur le plateau des pyramides de Guiza et qui, en 2006, a mis au jour la barque solaire de Khéops. Cette mission travaille, depuis, sur l’aménagement du site et la restauration de la barque. « Le Japon possède aussi les laboratoires et les technologies les plus modernes en matière de restauration », assure Saber. Ce sont aussi des experts japonais qui sont responsables du Centre de restauration des antiquités, annexé au Grand Musée égyptien, et qui travaillent actuellement dans la restauration des pièces qui seront exposées plus tard dans ce musée. « Ils ne se contentent pas de la restauration : ils nous aident aussi pour former de jeunes restaurateurs égyptiens en utilisant des techniques sophistiquées », conclut Khalifa Saber.

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