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Chénouda III: Un hommage au « grand pasteur »

Nasma Réda, Mardi, 01 janvier 2013

Le musée du défunt pape devrait être inauguré au public pendant les célébrations de Noël copte. Petite visite guidée.

Un hommage1
La célèbre couronne du pape fait partie essentielle de son musée.

Noël 2013. La messe et les célébrations de Noël se déroulent sans le pape Chénouda III. Pour des générations entières de coptes, c’est la première fois depuis des décennies. Juste après sa mort en mars dernier, l’idée de commémorer le père spirituel et guide de l’Eglise copte orthodoxe d’Alexandrie durant quatre décennies a paru comme une évidence, une nécessité. L’idée d’élargir la tombe du pape, à Wadi Al-Natroune, pour la transformer en un musée ouvert avait alors surgi. Pour ce faire, le père Armiya, secrétaire et assistant de ce « grand pasteur », a regroupé ce qu’il a pu des affaires personnelles du pape Chénouda III pour constituer le gros des oeuvres exposées. « Ne pas oublier », tel est le thème de ce musée qui se trouve pour le moment au Centre culturel copte à la Cathédrale de Abbassiya, au Caire. A l’entrée, une table en forme de « L » regroupe une centaine d’ouvrages et de cédéroms commémorant la longue vie du 117e patriarche de la prédication de saint Marc. Puis, par une porte sans pancarte, on accède au musée. Deux « trônes » géants accueillent les visiteurs. Celui de droite, fabriqué en 1968, est la première haute chaise sur laquelle le pape Chénouda III officia à partir de 1971 et jusqu’en 1993, date à laquelle il reçut, en hommage, une seconde haute chaise, celle de gauche, portant son nom. Les ouvrages de Chénouda III, ainsi que leurs traductions dans plusieurs langues, sont regroupés dans des vitrines bien organisées. Le visiteur peut trouver une reproduction de la grotte de Wadi Al-

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Natroune où le pape mena sa retraite d’ermite et où sont regroupées les possessions personnelles de Chénouda III dans sa jeunesse : comme sa « galabiya » (longue robe noire de prêtre), une lampe à gaz et un simple réservoir d’eau en argile, accompagnés de quelques photos en noir et blanc prises à l’époque. On y voit aussi sa ceinture en cuir, gravée de son nom et de son titre, en plus de son chapeau en palme. Plusieurs vitrines contiennent des souvenirs et des cadeaux, reçus de différents Etats, tout au long de sa carrière. Les plus remarquables sont une splendide croix venant d’Ethiopie, ainsi qu’une icône carrée en cuivre, de presque un mètre de côté et qui le représente sous la forme d’un aigle en plein vol.

Son bureau, sa lampe, sa tasse à café, son évangile, tout est là rassemblé, tel que du vivant du pape Chénouda, à la seule différence qu’ils sont aujourd’hui ceints dans des vitrines de protection. L’éclairage a été composé avec soin, pour mettre en valeur les objets mais aussi les photos du pape tout au long de sa vie, qui ponctuent l’exposition. La couronne rouge et dorée du pape, également exposée, flamboie dans cette ambiance feutrée. Le musée ouvre ses portes au public de 9h à 20h. Le billet coûte 10 L.E. et 5 L.E. si on s’y rend en groupe. Bien que ce musée ait été inauguré en juillet dernier en présence du ministre des Antiquités, Mohamad Ibrahim, il reste encore peu fréquenté par les coptes. Les responsables du projet ont donc eu l’idée de le transférer à la tombe du défunt, ce qui en fera un musée international. Le transfert ne sera cependant réalisé qu’après les célébrations du premier anniversaire de la mort de Chénouda III.

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