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Cinq valeurs refuges

Névine Kamel, Lundi, 09 février 2015

Avec la dépréciation de la livre et la baisse des taux d'intérêt, où les Egyptiens peuvent-ils mettre leur argent ? Al-Ahram Hebdo présente les meilleures méthodes pour garder son argent.

Une cinéaste du monde
La Bourse, un bon choix. (Bassam Al-Zoghby)

Le dollar ne cesse de mon­ter. Pour éviter les méfaits de la dévaluation de la livre, faut-il épargner en dollar, ou acheter de l’or? De telles déci­sions semblent difficiles à faire, vu l’instabilité économique et politique en Egypte. Et chaque solution a ses avantages et ses désavantages.

Les dépôts bancaires. Les banques égyptiennes offrent un abri aux épargnants les plus prudents. Même si elles ont dû récemment réduire leurs taux d’intérêt sur les dépôts bancaires pour atteindre 5,25% contre un taux d’inflation à 10%. « Ce choix reste le plus sûr », explique Mohamad Abou-Bacha, analyste macro-économique auprès du groupe financier EFG-Hermes. Et d’expliquer: « Un revenu bas mais sûr vaut mieux qu’un autre élevé mais incertain ». De plus, les dépositaires connaissent d’avance leurs flux de rendements. Walid, directeur auprès de la Banque du Caire, suggère un dépôt bancaire de longue période. « Le taux d’intérêt s’élève avec la durée de l’épargne. Les dépôts sur le long terme sont donc plus rentables ». Ainsi, un dépôt bancaire de 10000 L.E., à ne pas retirer avant 6 mois, va engendrer à la fin de cette période une somme d’environ 525 L.E.

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L’or. C’est un autre moyen pour préserver sa fortune, aussi petite soit-elle. Aujourd’hui, à 2000 L.E. près, l’on peut acheter une livre d’or et la revendre après six mois à une valeur plus élevée d’au moins 15%, soit un rendement net de 300 L.E. Le prix de l’or a connu, au cours des 10 der­nières années, une hausse de quasi­ment 300%. Pour les six mois à venir, il est prévu que le prix de l’or sur le plan mondial, et par conséquent en Egypte, enregistre une hausse d’au moins 30%, selon Walid Qassem, de l’Union des industries. Le prix de l’or est lié aux circonstances politiques. Il enregistre une hausse à chaque fois que des turbulences politiques écla­tent. La période à venir laisse présa­ger des turbulences politiques et éco­nomiques, à l’échelle régionale et mondiale. « Nous nous attendons à un saut des prix au cours de 2015 », dit Qassem. Le prix de l’or avait enregis­tré une hausse record le 13 janvier dernier, pour dépasser les 1300 dol­lars l’once, une première depuis 6 mois, selon l’indice du Financial Times. Il est prévu atteindre 1500 dollars, comme l’estime Qassem. La hausse du prix du dollar et la baisse du taux d’intérêt raniment le marché de l’or. « J’ai vendu, au cours du mois de janvier, une centaine de livres d’or. En plus de ventes de bijoux à hauteur de 5 millions de L.E. Un record qui n’a pas été réalisé depuis 2011 », se félicite Nasr, propriétaire d’une joaillerie au centre-ville, en souli­gnant que la grande partie de ses clients appartient à la classe moyenne. « La livre d’or est plus rentable que les bijoux en or. Car le prix de vente n’est jamais inférieur à celui d’achat. Le gain est donc garanti », affirme-t-il. Alors que pour les bijoux, les prix sont restés stables au cours des deux derniers mois. Pour Soliman, vendeur dans une joaillerie à Zamalek, les gens sont bien conscients de la pro­gression des prix de l’or et ils choisis­sent le moment propice pour l’ache­ter. « Je reçois des dizaines d’appels par jour pour demander les prix », dit-il.

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Le dollar. Le prix du billet vert a gagné 6% lors des deux dernières semaines. En six mois, plusieurs mai­sons de courtage prévoient que le marché noir disparaîtra, mais aussi que la L.E. perdra à nouveau 6 à 8 % de sa valeur et que le dollar atteindra 8 L.E. Ainsi, le détenteur de 1000 dollars verra sa petite épargne croître de 7025 L.E. à 8000 L.E. dans les six mois, soit un rendement net de 14%, plus élevé que les dépôts bancaires et presque équivalent à celui de l’or. La Banque Centrale d’Egypte (BCE) a donné le feu vert à la dépréciation partielle de la livre contre le dollar depuis le 25 janvier dernier. Dès lors, le prix du dollar a enregistré une hausse pour atteindre 7,62 L.E. actuellement. Reste à savoir que les gains seraient beaucoup plus élevés si la BCE perdait la guerre contre le marché noir, ou si une pénurie du dollar frappait le marché des changes. Pour le moment, les multiples mesures de la BCE atténuent la demande sur le marché noir.

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Les prix de l'or sont à la hausse. (Photo : AFP)

La Bourse. Avecune hausse record de l’indice depuis le début de 2015, investir en Bourse actuellement est un bon choix. Mohsen Adel, ana­lyste auprès d’une entreprise de cour­tage, prévoit la poursuite de la ten­dance. « L’économie égyptienne a commencé à se redresser, le gouver­nement égyptien déploie tous les efforts pour faciliter l’environnement des affaires et attirer le maximum d’investissements », explique Adel. Et d’ajouter que le gouvernement va annoncer au moins 6 nouvelles Offres Publiques Initiales « de poids », comme l’a mentionné à maintes reprises le ministre de l’Investisse­ment Achraf Salman, ce qui ranime­rait la Bourse. L’indice EGX30 a atteint 10046 points, mercredi 4 février, soit le niveau le plus élevé depuis six ans et demi. « La Bourse égyptienne avait brisé, mercredi 2 février, pour la première fois depuis la crise financière, le seuil des 10000 points, et ce n’est qu’un début », dit Adel. Ahmad Ramzy, un ingénieur qui investit la grande partie de son argent à la Bourse, assure qu’au cours du mois de janvier, il avait introduit en Bourse des milliers de L.E. « Et pour chaque 1000 L.E, j’ai gagné environ 100 L.E. », dit-il. « Avec les réformes économiques entreprises par le gouvernement pour encoura­ger les investissements, comme la dévaluation de la L.E. et la promulga­tion de lois économiques, la Bourse va connaître un boom. C’est donc le bon moment d’y investir », conseille Ahmad Achour, analyste financier.

Cinq valeurs refuges
Le dollar reste parmi les plus lucratifs.

L’immobilier. C’est un choix qui s’adresse à ceux qui possèdent de grosses économies. Investir dans l’immobilier de luxe est un choix qui avait disparu depuis 2011, vu la réces­sion du marché, mais maintenant avec la reprise du secteur immobilier, l’op­tion resurgit encore une fois, comme le note Abou-Bacha. Or, il est difficile de faire de l’argent en achetant un appartement luxueux et en le reven­dant après 6 mois. « L’immobilier est un investissement à long terme », dit-il. Et le plus important est de choisir le moment propice pour le faire. Selon Alia Mamdouh, les immeubles consa­crés aux classes moyennes et dému­nies représentent un pari gagnant. La demande devrait augmenter entre 10 et 15% au cours de l’année en cours, soit autant que les dépôts bancaires ou l’or. Mohamad Alaa, directeur du marketing dans une entreprise d’im­mobilier, explique que leurs ventes ont enregistré une hausse d’environ 30% en 2014. « Beaucoup d’Egyp­tiens sont bien convaincus que s’ap­proprier actuellement un apparte­ment est un investissement garanti, car si on n’arrive pas à le vendre, on pourra le transmettre à ses enfants », dit Magda Raslan, directrice d’une entreprise de télécommunications. Les prix des biens immobiliers, dit Alaa, malgré la récession écono­mique qui a frappé le pays depuis 2011, ont enregistré une hausse variant entre 15 et 20%, et nous nous attendons à une hausse des prix plus importante encore avec la reprise économique .

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