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Yéhia Zaki :L'affluence des investissements est tributaire de la confrontation des législations

Marwa Hussein, Lundi, 19 janvier 2015

Yéhia Zaki, directeur général de Dar Al-Handasa (Share and Partners), société responsable de présenter le plan général pour le développement de la zone du Canal de Suez, évoque les principaux traits de ce projet.

Yéhia Zaki

Al-ahram hebdo : Dar Al-Handasa élabore une étude sur le développement de la zone du Canal de Suez. Où en êtes-vous ?

Yéhia Zaki : Le travail est en progrès. Actuellement, les résultats des études sont en phase de vérification. Certains points pourraient être modifiés, c’est pourquoi il y a des détails que nous ne pouvons pas encore révéler.

— Sur combien d’années s’étendent les études en cours d’élaboration ?

— Les études portent sur deux phases : La première de 2015 à 2030 et la deuxième de 2030 à 2050. Nous présenterons une vision globale pour un plan de développement de la région, tout en gardant la flexibilité nécessaire pour assimiler les changements économiques et financiers à l’échelle mondiale ou régionale.

— Qu’est-ce qui doit être mis en place pour parler d’un « projet concret » ?

— Premièrement, il faut préparer le plan global du projet, ce que nous sommes en train de faire. Nous avons encore deux plans alternatifs qu’on va présenter au gouvernement. Ensuite, il faut élaborer la loi et les législations qui géreront le projet, ce qui est également en cours. Enfin, il faudra un plan des infrastructures qui serviront le projet. Le gouvernement a déjà commencé à construire des chemins et des tunnels, ainsi que des projets d’électricité. Le développement des deux ports, celui de l’est de Port-Saïd (au nord) et celui d'Al-Aïn Al-Sokhna (au sud), est d’une importance primordiale pour le projet. Il faut aussi penser à ce que les deux ports se complètent et s’intègrent.

— Pouvez-vous nous parler plus de ces deux ports ?

— Le port de l’est de Port-Saïd, sur le Canal de Suez, a la possibilité de servir pour le désembarquement de navires géants. D’autres navires plus petits pourront ensuite prendre les cargaisons vers différentes destinations. Nous pourrons de même attirer à ce port des navires qui ne passent pas par le Canal. Quant au port de Aïn Al-Sokhna sur la mer Rouge, il est tout aussi prometteur, grâce à la zone industrielle toute proche. Il pourra devenir un port industriel international. En fait, le développement de ces deux ports est une constante dans nos études préliminaires.

— Y en a-t-il d’autres ?

— Oui, par exemple, les deux études que nous allons présenter au gouvernement soulignent l’importance de garder intact le paysage urbain d’Ismaïliya. Une autre constante est imposée par les terrains agricoles qui limitent l’expansion urbaine vers l’ouest d’Ismaïliya et Port-Saïd. Cela nous oblige d’aller plutôt vers l’est. Il y aura aussi un nouveau complexe administratif sur la route d’Ismaïliya que le gouvernement compte établir, et c’est également prévu dans les deux plans.

Quel sera le statut légal de cette zone ? — Les détails de la loi vont être annoncés bientôt, mais nous avons trouvé qu’il n’était pas nécessaire d’élaborer une nouvelle loi pour ce projet, et qu’il suffisait de modifier certaines lois existantes. Un texte regroupant ces amendements a déjà été élaboré par les parties concernées dont certains ministères et organismes de l’Etat. Il sera annoncé très prochainement.

— Pourrons-nous voir en 2015 une partie du plan concrétisé sur le terrain ?— Bien sûr. Les travaux d’infrastructures vont être entamés. Nous pouvons aussi voir le développement de certains ports comme ceux de l’est de Port-Saïd et d'Al-Aïn Al-Sokhna.

Ce que je sais est que grâce au projet du développement du Canal de Suez et des routes en construction dans la zone, tous les équipements de forage en Egypte par exemple opèrent actuellement. — Qu’en est-il de nouvelles routes nécessaires pour relier les différentes parties de la zone à développer ?— Notre étude est basée sur l’étude des zones à développer, mais l’Etat va construire des routes, ainsi que des tunnels qui vont relier l’est et l’ouest du Canal de Suez et des routes comme celles reliant la ville de Port-Saïd à Ismaïliya ou Port-Saïd au Caire qui sont déjà en exécution. Il s’agit de projets primordiaux pour permettre le développement de la zone.— Quand est-ce que le projet va commencer à générer des revenus ?

— Quand nous parlons de revenus, nous nous adressons à deux aspects. Le flux d’investissement et les revenus provenant de la création d’emplois directs et indirects. La création d’un million d’emplois d’ici 2030 signifie l’apparition d’une nouvelle communauté urbaine de 4 à 5 millions de personnes.

Qu’en est-il du logement de cette communauté ? — Bien sûr, le logement est une condition sine qua non pour la réussite du projet. Il faudra construire des logements proches des lieux de travail et non 50 km plus loin. La qualité de ces logements est également importante ainsi que les services.

Quand est-ce que, selon vous, les investissements privés devront commencer à affluer ?

— Pas avant la promulgation des législations, la création de l’organisme qui sera en charge de ces zones et l’annonce du plan complet.— En ce qui concerne l’énergie, comment assurer les besoins de ce projet colossal alors que le pays traverse une crise d’énergie ?— Il y aura des investissements dans l’énergie, notamment l’énergie renouvelable dans cette zone, en plus d’autres régions. En outre, certaines industries lourdes peuvent couvrir leurs besoins en énergie en construisant leurs propres centrales électriques.— Quels sont les secteurs que la zone vise à attirer en particulier ?— Nous visons l’industrie. Nous cherchons à accroître le rôle de l’industrie en commençant par les logistiques qui seront basées surtout à l’est de Port-Saïd. Cela comprend le stokage, les services de support, les industries légères comme l’emballage et l’étiquetage, etc. Port-Saïd sera en général plus propice aux industries légères et moyennes. Alors que les industries lourdes prendront lieu à Al-Aïn Al-Sokhna et à Suez parce que les industries lourdes nécessitent plus de surface, ce que les étendues désertiques autour de ces deux villes peuvent assurer. Nous nous intéressons également au secteur des services maritimes, de l’énergie renouvelable et des technologies de l’information.

— La croissance du commerce international est à peine entre 2 et 3 % annuellement. Quelles sont les chances d’attirer plus de navires à transiter dans les nouveaux ports ?

— Un ensemble de législations cohérentes et claires, ainsi qu'une bonne infrastructure peuvent rendre l’environnement plus propice aux affaires et faire de l’Egypte un pays plus compétitif. Ceci se traduira notamment par une croissance du trafic maritime. La capacité de commerce de conteneurs au port de l’est de Port-Saïd est de 3 millions de conteneurs par an, alors que des ports qui ne sont pas sur les routes de navigation internationale peuvent atteindre 10, 15, voire 20 millions. Il y a donc un grand marché à saisir.

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