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Portraits de 4 figures présentes cette année et destinées à jouer un rôle dans l’économie égyptienne

Dahlia Réda, Mercredi, 17 septembre 2014

La Conférence annuelle de l'Euromoney organisée sous le thème « Stabilité, investissement et croissance » se tient au Caire les 16 et 17 septembre. 1 200 investisseurs et exécutifs y participent. Portraits de 4 figures présentes cette année et destinées à jouer un rôle dans l’économie égyptienne au cours des prochaines années.

Le stratège de l’investissement

Bozidar Djelic, directeur général au sein de l’institution internationale Lazard Frères
Bozidar Djelic
Bozidar Djelic
Djelic s’est fait connaître lorsque la filiale de Lazard Ltd a été choisie par les Emirats arabes unis pour évaluer l’économie égyptienne, cible poten­tielle des capitaux du fonds souverain des Emirats. Djelic participe cette année pour la première fois à l’Euro­money comme principal interlocuteur. Ancien exécutif auprès de Crédit Agricole, de McKinsey & Co, puis conseiller dans plusieurs pays d’Eu­rope de l’Est, il a aidé à la transition de ces pays vers l’économie de marché. Selon les résultats préliminaires de Lazard Frères, filiale basée en France de Lazard International Strategic Equity, l’Egypte a besoin d’au moins 60 milliards de dollars en investisse­ments pour atteindre une croissance moyenne de 5% en 2018. « En outre, elle a besoin de 60 autres milliards de dollars pour renforcer ses réserves internationales », affirme Djelic. Et d’ajouter que la tâche de sa compagnie sera d’élaborer des plans, en collabo­ration avec le gouvernement égyptien, pour ramener le flux d’investisse­ments étrangers directs au pays à leurs niveaux d’avant 2011. Djelic se pose comme un stratège de l’investisse­ment. Son groupe Lazard International Strategic Equity opère dans 26 pays en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Australie, en Amérique cen­trale et du Sud.

L’expert logistique

Ibrahim Al-Hammadi, directeur général adjoint, auprès de DP World

Ibrahim Al-Hammadi
Ibrahim Al-Hammadi

Al-Hammadi est le directeur général de la première compagnie émiratie privée à investir sur les rives du Canal de Suez, DP World Sokhna. Celle-ci gère le port d’Al-Adabiya au sud du Canal depuis 2007, et a témoigné des différentes étapes de la transition politique en Egypte. Les investisseurs ont donc beaucoup à apprendre de son exper­tise et des moyens de traiter avec la bureaucratie égyptienne. Hammadi est l’une des figures importantes cette année pour l’économie égyp­tienne. L’Egypte tient en effet à renouer avec les Emirats arabes unis, après un gel temporaire l’an­née passée sous la présidence de Mohamad Morsi. Hammadi peut aider à booster la croissance et le développement. Dubaï Ports World est, d’après son site, l’opérateur de 65 terminaux à travers 33 pays, dont le DP World Sokhna. Ibrahim Al-Hammadi a déjà déclaré le mois dernier à Bloomberg que DP World a « l’intention d’investir 600 mil­lions de dollars, en plus de la construction d’une zone logistique pour le stockage des conteneurs ». Al-Hammadi ajoute que DP World prévoit la construction d’un troi­sième quai à Sokhna avec un coût qui s’élève à 200 millions de USD. « L’horizon de coopération est très vaste », souligne-t-il.

La dame qui protège les investisseurs

Keiko Honda, Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga)
Keiko Honda
Keiko Honda
Qui pourrait profiter plus des services de la Miga qu’un pays en transition difficile en proie à l’instabilité politique et à la détresse économique comme l’Egypte? La tâche de l’Agence multila­térale de garantie des investissements, qui relève de la Banque mondiale, est de sauvegarder les Investissements Directs Etrangers (IDE) contre les risques qui y sont associés. Honda, vice-prési­dente exécutive, énumère les difficultés aux­quelles est confrontée l’économie égyptienne : l’instabilité politique, le grand déficit budgétaire et le manque de réserves monétaires, ce qui limite la capacité du gouvernement égyptien à dépenser. En plus, le marché du travail est très faible, le taux de chômage avoisine les 13% et les salaires sont bas, alors que les prix des produits de consomma­tion courants ont augmenté de 50% depuis 2010. La solution pour Honda est de relancer les inves­tissements afin d’améliorer la croissance.

Honda prône un encouragement de l’investisse­ment, tout en avertissant les Egyptiens qu’ils ne doivent pas se contenter des IDE provenant des pays du Golfe.

En 2013, la Miga a accordé des garanties d’in­vestissement de l’ordre de 150 millions de dol­lars au géant pétrolier américain Apache, pre­mier explorateur de pétrole en Egypte. De plus, l’agence a annoncé des garanties de 26,4 mil­lions de dollars pour couvrir les risques sur les investissements de la société turque Elif en Egypte. Celle-ci ouvrira une nouvelle usine d’emballage à proximité du Caire. La Miga garantit les investisseurs contre les risques de restriction des transferts, l’expropriation, la guerre et les troubles civils, le terrorisme et l’in­convertibilité de la monnaie.

L’homme des transactions boursières

Hazem Badrane, directeur général de la banque d’investissement CI Capital

Hazem Badrane
Hazem Badrane

Hazem Badrane est une passerelle reliant le passé au présent. C’est une figure fraîche de la CI Capital, une banque d’investissement présente depuis la première Conférence d’Euromoney Egypt, en 1997.

Badrane a exécuté une transaction considérée comme l’une des plus grandes dans la région Mena selon Reuters, et qui a eu lieu en août 2013. Il s’agit du transfert des actions de la société de construction OCI à OCI NV, quand Nassef Sawirès a décidé de transférer ses affaires d’Egypte vers les Pays-Bas. Actuellement, Badrane cherche de nouvelles tran­sactions: fusions, acquisitions et investissements privés. Qu’y a-t-il de mieux que l’Euromoney pour trouver de telles opportunités ? « Pour la première fois depuis 4 ans, les prémices d’une vraie reprise se manifestent en Egypte, avec la venue des institutions financières internationales comme le FMI. Ce qui prouve une sérieuse volonté de la part de ces der­nières de soutenir et même de promouvoir l’écono­mie égyptienne », commente-t-il à Bloomberg lors de la Conférence Euromoney égypto-golfe. Badrane possède plus de 14 ans d’expérience dans la région Mena, dont 9 à EFG-Hermes, première banque d’in­vestissement en Egypte, où Gamal, fils de l’ancien président Hosni Moubarak, avait investi une partie de son portefeuille. Hazem Badrane était récemment directeur général d’EFG-Hermes pour la région du Levant, où il a supervisé la mise en place des activi­tés de la banque à travers la Syrie et le Liban. Hazem, le long de sa carrière, a géré plus de 15 fusions et acquisitions, dont la vente à la Bourse d’Al-Rachidi Al-Mizane. Il a également géré les introductions en bourse d’Al-Sewedy Cables et Sidi Kreir Petrochemicals. Ses autres clients incluent Orascom Telecom, Ezz Steel et Sodic.

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