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Un secteur public qui dérange

Marwa Hussein, Lundi, 10 mars 2014

Depuis son lancement en 1991, le programme égyptien de privatisation a connu des hauts et des bas.

En 1991, l’Egypte a entamé un programme ambitieux visant à privati­ser les 314 sociétés du secteur public de l’époque en moins de 10 ans. Mais la tâche de se débarrasser de ce secteur souvent présenté comme un fardeau hérité de l’époque nassérienne s’est avérée être compliquée. Le programme de privatisation mis en place avec le Fonds Monétaire International (FMI) n’a pris de véritable élan qu’en 1994. Pepsi Cola et Coca Cola ont été parmi les premières sociétés privatisées.

Le programme a été ensuite ralenti avant de connaître une nouvelle impulsion en 2004 avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement Nazif, dit gouvernement des hommes d’affaires. Nazif a annulé le ministère du Secteur des affaires et l’a remplacé par le ministère de l’Investissement. Mahmoud Mohieddine, nommé ministre de l’Investissement, a lancé le programme de gestion des actifs qui prévoyait en plus de la privatisation une restructuration et une modernisation des entreprises dans le but de les vendre. En 2005/06, les revenus du programme de privatisation ont atteint leur haut niveau, soit 15 milliards de L.E. contre 5,6 milliards l’année précédente et moins de 500 millions de L.E. en 2002/03.

Les sommes investies dans le secteur qui souffrait depuis les années 1980 de l’absence de modernisation lui ont permis de réaliser des profits en 2004 pour la première fois depuis des années contre des pertes de 1,3 milliard de L.E. en 2003. Cependant, les résultats n’ont pas été tout à fait satisfaisants pour le gouvernement avec 155 sociétés non vendues en 2008 contre 174 en 2004. Ainsi, Mohieddine avec Gamal Moubarak ont alors annoncé une proposition visant à adopter une « privatisation par coupons » et un programme de privatisation « de masse », qui consiste à céder gratuitement à tous les citoyens âgés de plus de 21 ans une partie des actifs publics sujets à la vente. Vite le projet a été rejeté face à la grogne de l’opinion publique. Finalement en 2009, le gouvernement a annoncé qu’il n’y aurait plus de vente à des investisseurs stratégiques qui se satisfont de lancer en Bourse des parts minoritaires des entreprises publiques.

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