Economie > Economie >

Quels impacts régionaux ?

Amani Gamal El Din, Mardi, 11 janvier 2022

La dépréciation de la lire turque impactera sur le court terme les marchés émergents dont l’Egypte. Mais pour Le Caire, cet impact ne sera que de courte durée. Explications.

Quels impacts régionaux  ?
Les exportations égyptiennes vers Ankara sont à 3,8 % du total des exportations égyptiennes, soit 1,1 milliard de dollars et sont prévues à la hausse. (Photo : Reuters)

Selon un rapport publié par la banque d’investissement Prime, la crise économique turque impactera les paramètres de risque des pays émergents qui partagent avec la Turquie certains indices, notamment un déficit chronique de la balance de commerce, le recours au financement extérieur, le déficit du compte courant et une structure non favorable de la dette, ce qui entraîne des fluctuations aigües des taux de change et des risques découlant des taux d’intérêt.

Hussein Soliman, économiste auprès du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, explique que l’impact sur les pays émergents sera réel, car on peut s’attendre à une fuite des capitaux étrangers dont dépendent ces pays pour financer le déficit du compte courant. « Le problème est que les investisseurs étrangers qui investissent dans les bons du Trésor placent leurs investissements en fonction de l’Index Fund qui considère les marchés émergents comme un seul bloc. Par conséquent, lorsque le classement d’un grand marché comme la Turquie, qui a un certain poids dans l’index, se détériore, il impacte les autres marchés », explique l’expert.

L’Egypte est l’un des principaux partenaires de la Turquie en vertu d’un accord de libre-échange en vigueur depuis 1992. Selon le rapport de Prime, la balance commerciale a toujours penché en faveur d’Ankara dont les échanges avec l’Egypte représentaient, en 2021, 3,7% de l’ensemble des échanges commerciaux de la Turquie. Les machines, l’électroménager, les véhicules et le textile représentent 38 % des échanges entre l’Egypte et la Turquie et le fer et l’acier représentent 25 %.

Selon Soliman, la dépréciation de la lire turque accordera un avantage compétitif aux exportations turques, car elles seront moins chères. Mais cet avantage risque de disparaître si Ankara continue à importer de l’Egypte les matières premières nécessaires à son industrie. Par ailleurs, les exportations égyptiennes vers Ankara, qui représentent 3,8% de l’ensemble de ses exportations, augmenteront. La Turquie importe de l’Egypte les matières premières et intermédiaires dont le carburant, les produits chimiques et le coton. « Bien que dans le court terme, la dépréciation de la lire turque ne soit pas favorable au déficit de la balance commerciale des pays émergents dont l’Egypte, il n’en demeure pas moins que dans le moyen terme, il y aura des avantages », explique Mohamed Shady, économiste au Centre de la pensée et des études stratégiques. Et de conclure : « Le Caire se substituera peu à peu à Ankara en tant que centre régional d’industrialisation et d’exportation ».

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique