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Réduire l’impact environnemental à Alexandrie

Amira Samir, Mardi, 21 septembre 2021

Réduire l’impact environnemental à Alexandrie
L’unité de traitement des boues produites par la station d’assainissement d’Alexandrie est en phase expérimentale jusqu’à décembre 2021.

La délégation de l’AFD a visité deux grands projets dans la ville méditerranéenne d’Alexandrie (à 220 km au nord du Caire) : le projet de traitement des boues d’épuration pour la production d’énergie à l’est de la ville et le projet de purification des eaux usées industrielles à Abuqir Fertilizers Company. L’Agence française finance la construction d’une unité de traitement des boues produites par la station d’assainissement de l’Est d’Alexandrie-Est, d’une valeur de 50 millions d’euros (environ 921 millions de L.E.), qui vise à atteindre l’autosuffisance énergétique. La station d’assainissement de l’Est d’Alexandrie est la plus importante de la ville côtière. « Alexandrie produit environ 1,2 million de m³ d’eaux usées/jour. La station de l’Est d’Alexandrie en reçoit la majorité, soit 800 000 m³/jour », explique Atika Ben Maid, en charge des pôles ressources naturelles et finance durable à l’AFD en Egypte.

Cette unité de traitement réutilise les boues produites par la station d’assainissement de l’Est d’Alexandrie pour produire de l’électricité et réduire l’impact environnemental du traitement des eaux usées, y compris en termes de lutte contre le changement climatique par la réduction des émissions, la minimalisation des nuisances pour les riverains de la station et la création d’une nouvelle source de revenus publics, grâce à la vente des boues produites comme engrais aux agriculteurs. En plus, parmi les impacts du projet, la génération de l’électricité (entre 110 000 et 160 000 kWh/jour) grâce au biogaz produit par le traitement des boues, permettant à la station d’atteindre l’autosuffisance électrique à hauteur de 60-70 %. « On produit l’énergie grâce aux boues, selon le dispositif bio-digesteur. Le biogaz se transforme en électricité utilisée sur le site. Il s’agit de la deuxième unité du genre en Egypte après celle d’Al-Gabal Al-Asfar au Caire », estime Atika Ben Maid. L’AFD finance une étude de faisabilité pour une nouvelle station d’épuration à l’Est d’Alexandrie puisque la station existante commence à arriver à la capacité totale.

Dans la zone industrielle côtière de la baie d’Abouqir, à environ 20 km à l’Est d’Alexandrie, l’AFD contribue à la finance « verte » dans l’aide environnementale de deux grands projets pour la société Abuqir Fertilizers, dans le cadre d’EPAP 2 et d’EPAP 3 (Egyptian Pollution Abatement Program, programme mis en place par le ministère égyptien de l’Environnement). Abuqir Fertilizers est une grande entreprise égyptienne du secteur public, fondée en 1976, elle est l’un des principaux producteurs d’engrais au Moyen-Orient. Une dizaine d’années plus tard, les habitants de la zone ont protesté pour dénoncer surtout l’effet des pollutions des usines sur leur santé. Ces deux projets environnementaux visent à établir une station d’épuration des eaux usées industrielles pour les réduire à 2 400 m³/jour au lieu de 15 600 m³. En plus, un autre projet vise à collecter les émissions de dioxyde de carbone pour produire de l’urée.

Sur les 650 m3 d’eaux usées générées chaque heure par l’usine, l’installation des équipements financés dans le cadre du projet EPAP 2 permettra d’en recycler environ 550 m3. Le système de traitement des eaux permettra d’en extraire l’ammonium et de le réutiliser comme matière première dans la production de certains engrais. Le projet comprend également l’extraction du calcium d’ammonium des boues industrielles produites par l’usine, cette substance pouvant également être transformée en engrais. « La réalisation d’un tel projet requiert l’installation de technologies sur mesure, qui coûtent cher et nécessitent un travail important de choix technologique en lien avec les fournisseurs. La société a déposé un projet visant le traitement et le recyclage des eaux usées, à l’aide des finances de l’AFD, la Banque européenne d’investissement (EIB), l’Union européenne et le KfW Development Bank, d’une valeur de 580 millions de L.E. », précise Andrew Hanna, chargé des projets de la division financière de l’AFD en Egypte.

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