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L’avenir prometteur du marché des obligations

Gilane Magdi, Mardi, 10 août 2021

La Bourse égyptienne a émis la semaine dernière son premier indice relatif aux obligations d’Etat. Une étape importante pour attirer davantage d’investisseurs sur le marché des obligations. Explications.

L’avenir prometteur du marché des obligations
La Bourse égyptienne tient à moderniser et à développer le marché des obligations pour activer les échanges.

Enfin, l’investisseur pourra suivre ses titres sur les écrans de la Bourse. Cette dernière a émis le 4 août son premier indice relatif aux obligations d’Etat les plus rapidement vendus sur le marché boursier. « Quatre sous-indices pour les obligations du Trésor seront lancés prochainement. Ils seront revus mensuellement pour exclure les obligations non qualifiées et inclure celles répondant aux critères d’adhésion à l’indice principal, afin d’assurer une bonne représentation du marché obligataire égyptien », indique le communiqué de presse publié par la Bourse égyptienne le jour de l’émission de son indice principal. Les obligations d’Etat (ou emprunts d’Etat) sont une forme d’investissement financier qui consiste à prêter de l’argent à une institution en échange d’un taux d’intérêt convenu. Elles sont utilisées par les gouvernements pour financer de nouveaux projets ou de nouvelles infrastructures. Les investisseurs, quant à eux, perçoivent des intérêts définis, à intervalles réguliers. Il existe deux types d’obligations étatiques lancées en Egypte : les bons du Trésor à court terme qui ont différentes dates d’échéance (3 mois, 6 mois, 9 mois et 12 mois) et les obligations à long terme (3 ans, 7 ans et 10 ans).

Un pas important

Le lancement des indices obligataires est un pas important dans le cadre du plan de modernisation du marché des obligations adopté par la Bourse égyptienne au cours de la dernière période. « La présence d’un indice de référence pour les obligations permet le développement de nouveaux produits financiers, car l’indice est un outil que les institutions financières peuvent cibler pour émettre des fonds d’investissement », affirme le communiqué. La Bourse va publier durant la prochaine période les critères d’adhésion et d’exclusion du nouvel indice et la méthode de calcul de celui-ci, ainsi que toutes les données statistiques relatives aux indices dans les bulletins boursiers. « La Bourse fournira aussi un système électronique pour la tarification des obligations du Trésor qui donnera une tarification compétitive », indique le communiqué.

Mona Bédeir, économiste en chef auprès de la banque d’investissement Prime Holding, explique à Al-Ahram Hebdo que le lancement de ces indices est important pour attirer plus d’investisseurs nationaux et étrangers sur le marché des titres gouvernementaux. « Malgré le fait que le marché des obligations d’Etat soit important pour financer les besoins gouvernementaux, certains titres se vendent difficilement sur le marché financier. Le lancement de ces indices obligataires va augmenter les liquidités issues de ces titres en attirant plus d’investisseurs nationaux outre les banques qui restent les principaux investisseurs dans les titres gouvernementaux », explique-t-elle. Et d’ajouter que les taux d’intérêt de ces titres gouvernementaux sont plus proches des intérêts bancaires et se caractérisaient par un rendement stable jusqu’à la date d’échéance. « Donc, il serait profitable aux investisseurs particuliers d’investir dans ces titres jouissant d’un risque moins élevé. Ils pourront suivre les performances de ces titres sur les écrans de la Bourse », renchérit-elle.

Retour sur la liste de J.P. Morgan

De même, le lancement des indices obligatoires est important pour le gouvernement, considéré comme une étape nécessaire à sa prochaine inclusion à l’indice mondial des marchés émergents de la banque américaine J.P.Morgan, ce qui devrait lui permettre d’attirer plus d’investissements étrangers. « L’Egypte était auparavant incluse dans l’indice avant de sortir en 2011 pour avoir manqué aux exigences de J.P.Morgan. Mais nous oeuvrons pour son retour voilà maintenant deux ans et demi », avait annoncé le ministre des Finances, Mohamad Maeit.

En avril dernier, la banque américaine a déclaré qu’elle avait placé l’Egypte sur la liste de « surveillance positive de l’indice », ce qui signifie qu’elle envisage d’inclure les obligations en monnaie locale du pays dans son indice d’obligations souveraines des pays émergents. Quatorze obligations égyptiennes sont à prendre en considération sur l’indice. « La banque prendra sa décision en octobre prochain. L’émission des indices obligataires par la Bourse égyptienne pourrait aider au retour de l’Egypte à l’indice mondial, ce qui signifie ainsi plus d’investissements étrangers », prévoit Hanan Ramsès, directrice du département de l’analyse économique auprès de la société de courtage Al-Horriya. Et d’ajouter que l’Egypte avance avec constance vers la réforme économique, ce qui lui a permis de gagner davantage la confiance des institutions financières internationales et de la communauté étrangère des affaires opérant sur son marché financier. Selon Mohamad Maeit, les investissements étrangers dans la dette du gouvernement égyptien s’élèvent actuellement à 28 milliards de dollars. Le gouvernement s’attend à 3 ou 4 milliards de dollars d’entrées supplémentaires au cours du second semestre de 2021 après la réintégration de l’Egypte sur l’indice J.P. Morgan.

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