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Entrepreneurs en herbe, témérité et hardiesse

Amani Gamal El Din, Mercredi, 06 janvier 2021

L'entrepreneuriat au sein de la génération Z est l'un des méca­nismes essentiels de la croissance économique. Focus sur une expérience en Haute-Egypte.

Entrepreneurs en herbe, témérité et hardiesse
Les entrepreneurs de la génération Z sont innovants et nombreux à entreprendre ce chemin.

La génération Z, celle du numérique par excellence, vient de faire son entrée sur le marché du travail. Avec toutes les nouveautés qu’elle apporte avec elle. Ces jeunes se démarquent des rôles conventionnels. Ils sont inclinés vers l’entrepreneuriat et aspi­rent à créer leur propre entreprise, même ceux qui n’ont toujours pas fini leurs études. Une annonce faite sur les comptes Facebook et Twitter d’une organisation non lucrative basée à Assiout appelée Tanmawiya attire l’attention sur la tenue d’un concours pour sélectionner les jeunes informati­ciens et développeurs âgés de 7 à 15 ans. « Donnez l’occasion à votre fille ou fils de 7 à 15 ans de devenir les développeurs du futur. Une bourse de 5 000 dollars attend les sélection­nés », écrit la PDG et entrepreneuse, Arwa Osman, qui cible dans ses pro­grammes deux segments de cette génération : les jeunes de 7 ans jusqu’aux bacheliers de 18 ans qu’elle décrit comme étant très innovants et qui créent des produits programmés simples, ainsi que les jeunes ayant adhéré à l’Université de Zoweil, qui héberge les talentueux de l’avenir. Arwa Osman adopte une stratégie pour le développement des capacités de ces jeunes. Les programmes offerts leur inculquent comment faire la conception d’un produit.

Une décentralisation des efforts de développement en Haute-Egypte est actuellement en vigueur par plusieurs portes parmi lesquelles l’entrepreneu­riat, notamment de la GEN Z, d’au­tant plus que la Haute-Egypte conti­nue de souffrir des taux de pauvreté les plus élevés en comparaison avec les autres régions d’Egypte, selon le récent rapport du revenu et de la consommation, publié par l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS). « Nous témoignons d’une fuite de cerveaux de la Haute-Egypte vers l’étranger et d’un exode vers les villes. Si ces jeunes, qui constituent la prochaine force du travail, arrivent à établir leurs propres boîtes, ils serviront leur communauté locale. C’est ce dont nous avons besoin », explique Ahmed Dahi, directeur du bureau de la créati­vité technologique, dépendant du ministère des Télécommunications, auprès du campus de l’Université d’Assiout. « D’après une étude faite par Forbes et récemment publiée par Universum Global, un sondage d’opi­nion sur 50 000 étudiants de la GEN Z, 56 % d’entre eux préfèrent l’entrepreneuriat et se démarquent des positions traditionnelles. Selon toute vraisemblance, l’Egypte connaît, à l’instar du monde entier, un engouement de cette génération à pratiquer l’entrepreneuriat », a déclaré Dahi à l’Hebdo. Et de pour­suivre : « Parmi les étudiants et les jeunes diplômés, en général comme à l’Université d’Assiout, nombreux sont ceux qui préfèrent commencer leurs propres projets loin des car­rières habituelles. Bien qu’un recen­sement ne soit pas disponible pour l’Egypte, d’après mon expérience, je peux affirmer qu’un segment impor­tant de jeunes veut emprunter cette voie ».

Miser sur l’innovation

Les applications et les start-up fonctionnent avec une composante essentielle qu’est la technologie et à travers plusieurs domaines et services depuis l’intelligence artificielle, l’en­vironnement, l’éducation, le tou­risme, l’agriculture, les chaînes d’ap­provisionnement, la fintech, la méde­cine, explique Dahi. « Nous avons une start-up appelée Salahli (fixe-moi). Les jeunes qui ont créé cette application offrent des services de maintenance des équipements ména­gers aux entreprises, ainsi qu’aux particuliers. Ils font travailler des techniciens chevronnés, et le deman­deur du service peut l’évaluer sur WhatsApp ou encore Facebook. Ils proposent également des offres et des réductions. Ils génèrent des revenus importants », ajoute Dahi. Une autre application Wassalli (délivre-moi), créée par un jeune de 20 ans, qui accomplit tous les services de livrai­son à domicile. Une autre application a été développée par une équipe d’étudiantes en infirmerie spécialisée dans le soutien psychologique et de conscientisation des malades et qui était très bénéfique au temps du Covid-19. L’un des modèles très réus­sis est l’application Wazaf.com, une start-up créée par des étudiants du même campus et qui est aujourd’hui l’une des entreprises d’embauche les plus célèbres.

Le bureau de la créativité technolo­gique du campus d’Assiout travaille sur les deux segments d’universitaires et de nouveaux diplômés à travers plusieurs programmes, faisant office d’accélérateur et d’incubateur. Dans le monde de la formation de l’entre­preneuriat, ces deux termes sont des piliers. Les accélérateurs accompa­gnent les jeunes entrepreneurs au début de la conception de l’idée et leur proposent un mentorat jusqu’au stade du développement des proto­types. Les incubateurs sont une phase ultérieure qui accepte les candidats compétitifs de la première phase et leur apportent un appui en ce qui concerne l’hébergement, la forma­tion, le conseil et le financement, lors des premières étapes de la vie de l’en­treprise.

Dahi évoque les étapes de la forma­tion du jeune entrepreneur. Dans la première, il s’agit des cours introdui­sant l’entrepreneuriat et la gestion de l’innovation, la conceptualisation des idées et leur progression. Le deu­xième stade est celui du Business Planning, où sont inculqués le plan des opérations et de marketing, les présentations de projets devant les investisseurs qui sont un acteur princi­pal dans l’écosystème de l’entrepre­neuriat. Ensuite vient le programme de pré-incubation, d’une durée de 2 mois. « Pour les projets qui atteignent le stade de l’incubation, nous offrons un fonds de 180 000 L.E., en plus d’un siège équipé avec toutes les facilités pour un an. Une fois que l’entrepre­neur est diplômé de l’incubation, il doit avoir la version finale de son projet. Il y a même ceux qui commen­cent à mettre ce projet en application. Ensuite vient la phase de la crois­sance du projet au cours de laquelle les candidats sélectionnés obtiennent des cours de consultation dans le marketing, le financement et le déve­loppement des ressources humaines », explique Dahi. Le rôle du bureau ne s’arrête pas là. Et les jeunes diplômés de l’incubateur avec leur Business Model sont connectés aux investis­seurs et aux concours qui leur font du marketing, explique Dahi.

Arwa Osman explique que les investisseurs ont des exigences strictes pour parrainer ce segment de jeunes universitaires. « Par exemple, il faut que les projets soient opéra­tionnels pour au moins un an, et il faut qu’ils préparent des bilans finan­ciers et qu’ils disposent d’une plate­forme virtuelle ou d’une application mobile. Beaucoup ont des idées inno­vatrices, mais n’ont pas les moyens de faire des prototypes ou des appli­cations, surtout en Haute-Egypte », affirme-t-elle. Il est primordial que ces idées innovantes connectent avec les investisseurs pour avoir une expansion plus large et devenir plus lucratives. Dans les modèles interna­tionaux, les start-up, dans un moment donné de leur croissance, établissent des partenariats avec des entreprises. Une étape fondamentale pour que ces start-up deviennent plus tard de petites et moyennes entreprises.

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