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Ivan Surkos : Le secteur égyptien de l’eau peut attirer les investissements étrangers

Ola Hamdi, Lundi, 17 décembre 2018

Dans un entretien accordé à Al-Ahram Hebdo, l’ambassadeur Ivan Surkos, chef de la délégation de l’Union Européenne (UE) en Egypte, évoque la coopération entre l’Egypte et l’UE et les opportunités d’investissement dans le secteur de l’eau.

Ivan Surkos

Al-Ahram Hebdo: Pourriezvous nous parler du soutien de l’Union Européenne (UE) au secteur de l’eau en Egypte ?

Ivan Surkos : L’Egypte fait face à la rareté de l’eau, et ce défi nécessite une action rapide pour rationaliser la consommation, développer des systèmes d’irrigation modernes et minimiser les pertes. L’UE a été l’un des premiers partenaires de développement à aider l’Egypte à réduire l’écart entre l’offre et la demande en eau. Elle continuera à soutenir la gestion durable de l’eau en Egypte par le biais d’un dialogue politique et de la coopération au développement, et ce, en partenariat étroit avec toutes les parties concernées du secteur.

Nous devons promouvoir et protéger l’accès aux ressources fondamentales de l’eau, les droits et la sécurité non seulement des générations présentes, mais aussi des générations futures. La coopération UE-Egypte dans le secteur de l’eau comprend des programmes couvrant 12 gouvernorats. Ces programmes permettront d’améliorer la qualité de vie de près de 12,5 millions d’habitants, soit le tiers de la population de ces gouvernorats, et visent principalement les personnes les plus démunies.

Dans ce contexte, l’UE a alloué des subventions directes de près de 450 millions d’euros à 16 programmes différents, qui ont conduit à des investissements d’institutions financières européennes de près de 2,5 milliards d’euros dans le secteur. Nos programmes contribuent également à créer plus de 500 000 emplois à court terme pendant la phase de construction et près de 15 000 emplois permanents.

— Qu’en est-il du rôle de l’UE relativement au plan de développement durable de l’Egypte 2030 et le plan national des ressources en eau 2037 ?

— L’UE a contribué à la mise à jour des plans stratégiques de l’Egypte dans le secteur de l’eau, tels le plan national des ressources en eau 2017-2037 (NWRP 2037), la stratégie d’assainissement des villages, la stratégie de réduction des pertes dans les réseaux d’approvisionnement en eau et la stratégie de dessalement.

En outre, l’UE a financé plusieurs programmes de formation aux niveaux local et national, afin d’accroître les compétences et de renforcer les capacités du personnel des ministères, tant au niveau des cadres supérieurs et intermédiaires qu’aux niveaux central et local. Dans le cadre du soutien à la modernisation du système de gestion de l’eau en Egypte, nous avons récemment lancé, avec le ministère de l’Irrigation et des Ressources hydriques, un nouveau programme intitulé « EU - WATER Sector Technical Assistance and Reforms Support - (EU-WATER STARS) », doté d’un budget total de 4,3 millions d’euros.

Le programme a débuté en mars 2018 et durera 30 mois. Il aidera le ministère de l’Irrigation et des Ressources hydriques à réaliser les réformes requises et à atteindre les objectifs de sécurité en eau définis dans le Plan de développement durable 2030 (SDS 2030) et le NWRP 2037. En outre, le programme renforcera les capacités des fonctionnaires aux niveaux central et local, afin de pouvoir gérer et exploiter de manière optimale les infrastructures existantes dans des systèmes d’approvisionnement en eau axés sur la demande, en tenant compte de la détérioration de la situation en matière de pénurie d’eau.

Enfin, le programme concevra et mettra en oeuvre, en pleine coopération avec le ministère, un ensemble complet d’approches participatives locales pour assurer la responsabilité mutuelle et la participation des communautés locales à différents niveaux de prise de décision. Atteindre les objectifs stratégiques globaux du pays nécessite une discussion stratégique et directe avec le secteur privé, les investisseurs et les institutions financières internationales sur les actions requises pour créer un environnement propice à la création de partenariats locaux et internationaux. Aujourd’hui, nous plantons les graines d’une telle coopération et suivrons sa croissance avec nos homologues égyptiens.

— Le secteur de l’eau est-il attrayant pour les investisseurs européens ?

— Nous pensons que le secteur égyptien de l’eau peut attirer les investissements étrangers. C’est pourquoi nous avons lancé, cette semaine, le tout premier forum du secteur de l’eau, réunissant plus de 100 participants du secteur privé aux niveaux local, régional et international, dans le but de créer un environnement propice aux investissements durables et un dialogue structuré avec les entreprises, y compris la préparation de la politique sectorielle et l’analyse des parties prenantes.

— Quels sont les défis à cet égard ?

— Malheureusement, on prévoit qu’en 2030, près de la moitié de la population mondiale pourra être confrontée à la rareté de l’eau, étant donné que la demande est supérieure à l’offre de 40 %. En Egypte, près de 40 % de la population n’a pas accès à un drainage sanitaire adéquat et il y a aussi le défi de la rareté de l’eau.

Or, lorsque les leaders gouvernementaux, sociaux, philanthropiques et du secteur privé lancent des partenariats et des technologies innovantes pour relever les défis de l’eau et créer des communautés durables, l’impact positif est multiplié. A l’UE, nous ne sommes pas restés indifférents, nous avons fait le premier pas vers la création d’un partenariat fructueux entre entreprises privées et entreprises publiques grâce au lancement du « Plan européen pour les investissements extérieurs » et du « Fonds européen durable pour le développement ». Ces plateformes devraient attirer jusqu’à 44 milliards d’euros d’investissements dans la région dans plusieurs secteurs, y compris celui de l’eau. L’Egypte, et en particulier le secteur de l’eau, pourra avoir une occasion significative d’utiliser ces immenses ressources une fois qu’un nouveau partenariat aura été instauré entre les secteurs public et privé .

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