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Alaa et Gamal Moubarak jugés pour manipulations boursières

Névine Kamel, Mardi, 18 septembre 2018

La Cour pénale a condamné à 3 ans de prison et une amende de 2 milliards de L.E. les deux fils de l’ancien président Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, ainsi que plusieurs hommes d’affaires. Un processus de réconciliation est en cours.

Alaa et Gamal jugés pour manipulations boursières
Selon la proposition de réconciliation, les accusés seraient appelés à payer un montant de 493 millions de L.E. avant la prochaine séance.

Une surprise est venue bouleverser la scène boursière égyptienne suite aux nouveaux développements dans le procès des « manipulations boursières », en cours depuis 6 ans. Le procureur général a en effet accusé les deux fils de l’ancien président Hosni Moubarak, Gamal et Alaa, ainsi que plusieurs hommes d’affaires, dont Yasser Al-Mallawani, ancien PDG de la société de courtage EFG-Hermes (actuellement en fuite), et Hassan Heikal, ancien membre du conseil d’administration d’EFG-Hermes (en fuite), de manipulations boursières. Suite au verdict, Alaa et Gamal QMoubarak ainsi qu’Ayman Ahmad Fathi Hussein, ancien PDG d’Al-Watany Bank of Egypt, Amr Al-Qadi, directeur du département des relations avec les investisseurs auprès d’Al-Qalaa Holding, Ahmad Badr, ancien PDG d’Al-Naeem Holding for Investment, et Hussein Al-Cherbini, directeur général de la banque d’investissement Arab African Investment Holding, ont été arrêtés. La prochaine séance du tribunal aura lieu le 20 octobre. Selon le verdict, ils doivent purger une peine de prison de 3 ans et payer une amende de 2 milliards de L.E.

L’affaire concerne la vente illégale d’Al-Watany Bank of Egypt. Les fils de Moubarak et les hommes d’affaires sont accusés d’avoir acquis des actions de la banque avant sa privatisation à travers des sociétés-écrans basées à Chypre. Placés en détention préventive, Gamal et Alaa avaient été libérés par le tribunal en 2013, mais ils sont restés en prison jusqu’en 2015 dans le cadre d’une autre affaire de corruption. Le 15 septembre, après lecture du rapport du comité des experts sur l’affaire, le juge a décidé la mise en détention préventive des accusés pour éviter qu’ils ne fassent disparaître les preuves.

Le rapport du comité des experts présenté au tribunal dans le but de démontrer l’innocence des accusés (Al-Ahram Hebdo en détient une copie) est incomplet, ce qui explique ce verdict inattendu. Le comité a donné aux accusés un délai jusqu’au 20 octobre pour remettre des documents qui prouvent leur innocence. Selon le rapport, tous les accusés ont réalisé des profits sans porter atteinte aux intérêts publics et privés. De même, les accusés ont mentionné qu’avant la conclusion de l’acquisition, Al-Watany Bank of Egypt n’avait aucune relation avec les accusés.

Initiative de réconciliation

Deux jours après le verdict, une source qui a requis l’anonymat a révélé que la Cour a proposé la réconciliation avec les accusés. Selon cette proposition, les accusés seraient appelés à payer un montant de 493 millions de L.E. avant la prochaine séance. Dans les prochains jours, une consultation aura lieu entre les différentes parties en litige, afin de présenter une demande de réconciliation au nom de tous les accusés. Selon la même source, certains des accusés seraient prêts à accepter cette réconciliation, alors que d’autres estiment que la valeur de l’indemnisation est élevée, puisqu’elle représente la somme totale versée par la banque lors de la transaction d’acquisition.

En réaction à ce procès exceptionnel, vu les entreprises impliquées, les indices de la Bourse égyptienne sont retombés dans le rouge dimanche 16 septembre. Au lendemain du verdict, l’indice EGX30 a ainsi enregistré une baisse de 3,6 %, pour atteindre 14 755 points. Cette baisse, provoquée par la panique des particuliers, est la plus forte des 5 dernières années. 13 actions principales cotées à la Bourse égyptienne, EFG-Hermes en tête, ont connu des chutes historiques sous la pression des ventes par les particuliers étrangers. Ces derniers ont effectué des ventes d’action d’une valeur de 13,4 millions de L.E. En même temps, les Egyptiens ont conclu des ventes d’une valeur de 6,2 millions de L.E. « Cette chute a brisé la stabilité à court terme de la Bourse, le EGX30 passant sous les 15 000 points », a révélé Hicham Awad, analyste boursier. Lundi, l’indice a poursuivi sa baisse, pour clôturer à 14 638 points.

Dimanche, EFG-Hermes a publié un communiqué de presse, assurant que l’entreprise « n’est pas impliquée dans l’affaire » et que « les activités et opérations de la société se poursuivent sous son administration actuelle ».

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