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Booster les échanges afro-africains

Marwa Hussein, Lundi, 11 décembre 2017

Le Forum des affaires et des investissements en Afrique s'est tenu à Charm Al-Cheikh du 7 au 9 décembre. Les participants y ont discuté des moyens d'exploiter pleinement les opportunités économiques qu'offre le continent, afin de stimuler la croissance.

Booster les échanges afro-africains
Les opportunités d'investissement en Afrique sont multiples et aussi rentables.

Des chefs d’Etat africains, des entrepreneurs et des représentants d’institutions internationales se sont réunis, du 7 au 9 décembre, dans la station balnéaire de Charm Al-Cheikh, dans le cadre du Forum des affaires et des investissements. Intitulée « Stimuler les investissements pour une croissance inclusive », cette deuxième édition du forum visait à accroître les investissements intra-africains et la collaboration transfrontalière. Le président égyptien, Abdel-Fattah Al-Sissi, a accueilli les chefs d’Etat, notamment le président guinéen, Alpha Condé, le président rwandais, Paul Kagamé, le président ivoirien, Alassane Ouattara, et le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed. Le forum a été précédé d’une Journée des jeunes entrepreneurs. Celle-ci a réuni plus de 200 jeunes entrepreneurs africains, qui ont ensuite présenté leurs activités aux investisseurs pendant les deux journées du forum. Parmi les chefs d’entreprises les plus importants qui ont pris la parole lors de l’événement figurent la femme la plus riche d’Afrique, Isabel dos Santos, d’Angola, et Tony Elumelu, président de la société d’investissements immobiliers Heirs Holdings au Nigeria. Au total, plus de 1500 délégués de 40 pays ont assisté au forum.

Lors de son discours d’ouverture, le président égyptien a insisté sur les liens forts qui existent entre l’Egypte et le reste du continent, ajoutant qu’il est essentiel d’attirer des investisseurs et de collaborer plus étroitement pour que l’Afrique prenne davantage d’importance sur la scène internationale et puisse connaître un avenir prospère. L’Union des chambres de commerce africaines s’est réunie, lors de la deuxième journée du forum, pour discuter des moyens nécessaires à la stimulation des échanges commerciaux, ainsi que d’un projet visant à établir une route reliant l’Egypte au Tchad. Cette dernière traversera quatre pays africains. Le tracé en question est actuellement non pavé et empêche l’échange de marchandises. Une fois la nouvelle route mise en place, elle aidera à réduire le prix des marchandises des pays par lesquels elle passera. C’est l’Union Européenne (UE) qui subventionnera les études de faisabilité du projet, comme l’a indiqué Alaa Ezz, secrétaire général de la Fédération des chambres de commerce égyptiennes, dans sa déclaration à l’agence MENA. L’étude devrait être terminée d’ici à la mi-2018.

Malgré la proximité géographique, les échanges commerciaux entre l’Egypte et les pays de l’Afrique subsaharienne sont limités. Selon l’Organisme central pour la mobilisation et le recensement (CAPMAS), avec environ 1,2 milliard de dollars, le taux des exportations égyptiennes vers l’Afrique s’élève à moins de 6% de la totalité des exportations du pays en 2016. Plus de la moitié de ces exportations sont destinées à quatre pays, à savoir le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie et le Nigeria, dont les deux premiers prennent à eux seuls environ 40%. Les produits exportés vers ces pays sont variés: en tête, l’or, puis le sucre, les récepteurs, le papier, les serviettes et les articles hygiéniques, les huiles aromatiques, les carburateurs et le plastique. Quant aux importations égyptiennes en provenance d’Afrique, elles ne sont que de près d’un milliard de dollars, soit 1,5% d’un total de plus de 71 milliards. Il s’agit surtout de gaz naturel du Nigeria, de thé et de tabac du Kenya, de cuivre de Zambie, ainsi que de charbon et de fer d’Afrique du Sud. Près de 90 % de ces importations proviennent de ces quatre pays.

Le potentiel de l’agriculture
La faiblesse des relations économiques entre l’Egypte et les autres pays africains est notamment due aux politiques économiques appliquées au cours des dernières décennies, l’Egypte ayant privilégié les échanges avec les Etats-Unis ou les pays européens. Toutefois, les opportunités d’investissements et de commerce avec l’Afrique existent. Lors du forum, le ministre égyptien de l’Agriculture, Abdel-Moneim Al-Banna, a souligné que les opportunités d’investissements dans l’agriculture dans les pays du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) sont importantes. Il a cité en exemples l’Ouganda, le Mozambique, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana et la Tanzanie, qui représentent un total de 102 millions de feddans, dont 14% seulement sont cultivés. L’infrastructure est un autre domaine nécessitant des investissements. Le continent africain souffre en effet d’un déficit de projets d’infrastructures à hauteur de 90 milliards de dollars, comme l’a souligné le président de la Banque commerciale internationale (CIB), Hisham Ezz Al-Arab, lors de son discours au forum. Afin de dynamiser les échanges entre l’Egypte et le reste des pays africains, la Banque africaine d’import-export Afreximbank a conclu, lors du forum, un accord avec la Banque égyptienne de développement des exportations (EBE), accord qui prévoit de fournir à la banque égyptienne un plan d’une valeur de 500 millions de dollars pour soutenir les exportations et les investissements égyptiens. Selon les termes de cet accord, les bénéficiaires seront des entreprises domiciliées en Egypte et exportant des produits d’origine égyptienne, alors que les importateurs doivent être africains et domiciliés dans l’un des pays membres d’Afreximbank.

Les opportunités d’investissement en Afrique ne sont pas seulement multiples, mais aussi rentables. « L’Afrique offre aux investisseurs le meilleur retour sur investissement », a déclaré Tony Elumelu. Le rapport COMESA Investment Handbook, disponible sur le site Internet du forum (www.businessforafricaforum.com), insiste sur la même idée : « Les pays du COMESA, comme ceux du reste de l’Afrique, offrent actuellement, et devrait continuer à offrir, des rendements supérieurs à l’investissement dans tous les secteurs. Le taux de retour sur investissement en Afrique aujourd’hui, ajusté aux risques commerciaux réels et perçus, est plus élevé que dans tout autre région en développement » .

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