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Le secteur industriel, premier bénéficiaire

Amani Gamal El-Din, Mardi, 20 juin 2017

Les trois modes d’investissement prescrits par la loi sont censés donner une priorité à l’industrialisation, en prélude à une intégration africaine et mondiale.

« Le secteur industriel est l’un des plus impor­tants bénéficiaires de la promulgation de la nou­velle loi de l’investissement. L’un des plus impor­tants acquis ce sont les facilités dans l’allocation des terrains industriels par l’Organisme du déve­loppement industriel », a déclaré Tareq Qabil, ministre du Commerce et de l’Industrie. La loi accorde, en effet, le droit à l’investisseur de mettre sur pied, d’élargir et de financer son projet en devises étrangères sans restriction aucune. « Pour la première fois, les régions du Sinaï et de Haute-Egypte ont eu place sur la carte de l’investisse­ment et de l’industrialisation. Les allocations des terrains sont mieux régulées dans les régions industrielles ; certains sont même gratuits », déclare Ali Hamza, membre du conseil d’adminis­tration de l’Union des investisseurs et président du comité du développement de la Haute-Egypte.

La loi comporte trois modes d’investissement. Le premier mode d’investissement dans les régions industrielles regroupe tous les domaines industriels et agricoles. La loi stipule que chaque région industrielle doit être gérée par un conseil d’administration qui met sur pied son plan d’ac­tion, ses règles et les critères nécessaires à la pra­tique des différentes activités industrielles. A titre trimestriel, ces conseils d’administration présen­tent des rapports à GAFI. Le deuxième, qui est introduit pour la première fois, est le mode d’in­vestissement dans les régions technologiques, qui obtiendra ses licences du ministre des Télécommunications et de la Technologie des informations. Ces régions se spécialiseront dans l’industrie électronique. Le troisième mode est l’investissement dans les zones de libre-échange et les zones franches.

« Les zones industrielles sont le pilier d’une économie naissante. La Chine, qui adopte une vision économique basée sur l’exportation, a ouvert dans la dernière décennie 5 régions indus­trielles. Pour faciliter les procédures, les bureaux des permis étaient installés au sein des régions pour faciliter les procédures et éviter les fraudes. Avant la mise en place de ces zones, les réserves de la Chine étaient de 20 billions de dollars, aujourd’hui, elles ont atteint 30 trillions de dol­lars, et le volume des exportations est de 23 trillions de dollars », déclare Mahmoud Gamal El Din, homme d’affaires.

Maintien des zones de libre-échange

Après un long débat, il a été également décidé de maintenir les zones de libre-échange. L’argument apporté par les opposants est le fait qu’elles étaient non profitables à l’Etat et se trou­vaient à l’origine de maintes fraudes. Réfutant totalement l’argument, Moatassem Rached, prési­dent de l’Association des investisseurs des zones de libre-échange, avait annoncé sur les pages du quotidien Al-Watan que les investissements dans les zones de libre-échange sont chiffrés à 11,5 milliards de dollars et comptent 212 projets, dont les capitaux atteignent 5,5 milliards de dollars. Le volume des exportations via ces zones atteint 4 milliards de dollars, et elles assurent 83 000 offres d’emploi.

Le maintien de ces zones, destinées à l’exporta­tion, sont un pas vers une meilleure intégration mondiale, à commencer par le continent africain avec les efforts d’établissement d’une zone de libre-échange continentale en Afrique (ZLEC), lancés et accélérés en 2016 par l’Organisation de l’Union africaine pour profiter de cet avantage préférentiel et doper le commerce intra-africain à la hauteur de 35 milliards de dollars, selon Gamal El Din. Bien que ce bloc peine à s’établir, des efforts sont en vue, et l’annulation de ces zones voudrait dire sortir des marchés internationaux compétitifs. « A l’heure actuelle, les zones de libre-échange sont cruciales et peuvent devenir un avantage compétitif pour l’Egypte, surtout avec la main-d’oeuvre bon marché après la dévaluation », conclut-il.

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