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Pourquoi investir en Egypte ?

Mardi, 06 décembre 2016

La conférence d'Al-Ahram Hebdo sur les investissements français, organisée en coordination avec la chambre d'indstrie et l'ambassade de France, a abordé les récents programmes de réforme économique et les politiques d'investissement en Egypte.

Pourquoi investir en Egypte ?
Faire face courageusement aux défis

L'Egypte, un marché aux atouts multiples

Pourquoi investir en Egypte ?

C’est un grand plaisir pour moi de me trou­ver aujourd’hui devant cette assistance, à la conférence organisée par Al-Ahram Hebdo sur les investissements français en Egypte, et de m’adresser à vous à un moment important avec les nouvelles données qui s’imposent actuellement avec force sur la scène écono­mique égyptienne. Notre pays adopte une politique de grands projets stratégiques offrant des opportunités d’investissements aux entre­prises étrangères.

La création du Conseil suprême de l’inves­tissement, présidé par le chef de l’Etat, les récentes décisions adoptées par ce conseil et par la Banque Centrale, le flottement de la livre égyptienne et la promulgation très pro­chaine de la nouvelle loi de l’investissement, une série de décisions qui ressemblent à une chirurgie délicate à laquelle il fallait procéder tôt ou tard et que le gouvernement a décidé de ne pas retarder davantage.

En effet, nombreux facteurs font de l’Egypte une destination très attrayante pour les inves­tissements étrangers. C’est un pays qui jouit d’un positionnement géographique straté­gique, un point de rencontre de l’Afrique, l’Asie et l’Europe, ce qui lui confère un atout particulier. L’Egypte bénéficie également d’une main-d’oeuvre hautement qualifiée. Il s’agit surtout d’une main-d’oeuvre à rémuné­ration abordable. Par conséquent, les entre­prises françaises n’auront pas de difficultés à trouver les spécialités requises dans tous les domaines. A titre d’exemple, les logiciels des automobiles sont conçus et fabriqués au Smart Village par des Egyptiens. Autre atout, l’enseignement de l’ingénierie en Egypte est distingué et diversifié, si l’on tient compte du nombre de facultés d’ingénierie qui dépasse la vingtaine à travers le pays. Ces universités représentent des ateliers de formation excep­tionnels.

L’investissement français a toujours été favorablement accueilli par les autorités égyp­tiennes. Aujourd’hui, les marques françaises font partie du quotidien du citoyen ordinaire.

Le tourisme est l’un des secteurs que j’es­time pivot, et à partir de cette tribune, j’invite les investisseurs français à se focaliser sur ce secteur. Car l’Egypte est sans conteste la des­tination la moins chère, la plus sécurisée, la plus proche et surtout la plus belle. Trois heures et demie seulement de vol nous sépa­rent, l’euro est l’équivalent de 17 L.E., Charm Al-Cheikh est l’une des plus belles stations balnéaires du monde !

Pour finir mesdames et messieurs, j’aime­rais inviter tous les investisseurs français à venir en Egypte, un marché prometteur ouvrant des perspectives ambitieuses d’avenir autant pour les Egyptiens que pour notre par­tenaire historique, la France.
Ibrahim Mahlab, assistant du président de la République et ancien premier ministre.

Faire face courageusement aux défis

Pourquoi investir en Egypte ?

Le gouvernement égyptien actuel se focalise sur un pro­gramme de réformes économiques impor­tant. Or, avant de trai­ter ce programme, il faut relever plusieurs points importants. Le secteur privé, l’inves­tisseur local et l’in­vestisseur étranger sont la cible de ces réformes économiques. La stabilité de l’investisseur local sur le mar­ché égyptien constitue un message de confiance à l’investisseur étranger. C’est ainsi que le gouvernement vise, sur le court terme, à aplanir l’environnement des affaires à l’investisseur local. Le gouvernement actuel a décidé d’affronter courageusement ces défis, en prenant, au cours des huit premiers mois, plusieurs décisions importantes.

Or, nous ne sommes qu’en début de par­cours et nous avons besoin d’aller vite pour atteindre nos ambitions. Il reste encore plu­sieurs mesures à entreprendre en prenant en compte les opportunités et les défis qui exis­tent, pour que toutes les classes de la société bénéficient des fruits de ces réformes.

En fait, le programme de réforme écono­mique vise à réaliser trois objectifs : une croissance forte et durable, la création d’em­plois à même de satisfaire les besoins des jeunes et la mise en place d’un système de protection sociale.

D’abord, réaliser un taux de croissance satis­faisant n’est pas une urgence interne seulement, c’est aussi un indice important aux investis­seurs étrangers. Ces derniers cherchent un pays dont les indices macroéconomiques sont stables et positifs. Quant au deuxième pilier, la création d’emplois, le gouvernement oeuvre sur les réformes structurales : soutenir les exporta­tions, booster l’industrie, moteur de la crois­sance, créer un environnement des affaires et des investissements plus attirant, et ce, à travers tout le territoire. A cet égard, le gouvernement oeuvre actuellement sur un nouveau programme de soutien à l’exportation, auquel seront consa­crées d’importantes ressources, et qui devrait réaliser un essor dans le domaine de l’exporta­tion. Les petits et les moyens exportateurs sont visés par ce programme. A cela s’ajoute un projet de loi pour la facilitation d’octroi de licences. La disponibilité des terrains indus­triels est également un objectif du gouverne­ment au cours de la prochaine période. La loi de la faillite est aussi en cours d’étude. Autant de mesures importantes qui visent à faciliter les travaux des investisseurs. Le développement social, le troisième pilier du programme, c’est le plus important des trois, car le système actuel est plein d’erreurs. D’ailleurs, il est très impor­tant de créer un équilibre entre les réformes et le développement social. Et le gouvernement compte consacrer au volet social une grande partie de l’argent économisé grâce aux réformes en cours.

En ce qui concerne la situation monétaire, le gouvernement a essayé de faire face au déficit budgétaire, à la facture grandiose de la dette. Pour ce, il a entrepris trois mesures essentielles : élargir la base fiscale dans la société, car la part des impôts dans le PIB en Egypte est très inférieure à d’autres pays aux conditions économiques semblables. En Egypte, ce taux s’aligne entre 12,7 % et 13 %, seulement, nous voulons qu’il atteigne les 20 % au cours des cinq prochaines années. La taxe de la valeur ajoutée fait bon exemple. La philosophie du gouvernement est donc d’élargir la base des impôts en Egypte et non pas de les élever afin de continuer à attirer l’investisseur étranger.

A part cela, nous oeuvrons actuellement sur plusieurs autres plans visant à développer les ressources financières du pays, à savoir, le recouvrement des créances des différentes institutions de l’Etat. Plusieurs étapes posi­tives ont été conclues à cet égard. Et ce n’est pas le tout, nous nous dirigeons vers la pro­mulgation d’une série de nouvelles lois. La loi des Petites et Moyennes Entreprises (PME) est en tête de la liste. Une fois que celles-ci seront officiellement répertoriées, elles rejoindront l’assiette fiscale.

Diversifier les ressources de financement, à travers des crédits des institutions internatio­nales ou à travers des lancements des bons du Trésor et des obligations sur les marchés internationaux, est un autre objectif que nous visons au cours de la prochaine période pour réduire le déficit budgétaire et le transformer en surplus. Réduire la facture des subventions déformées est un autre moyen de diversifica­tion des ressources du gouvernement. Il s’agit en fait de diriger ces sommes aux secteurs plus importants, dont profiteraient les classes pauvres, comme la santé, l’éducation et la protection sociale. Ces mesures nous permet­tront de réaliser un surplus dans le budget.
Ahmad Kojok, assistant du ministre des Finances des politiques monétaires.

L’agriculture comme point de départ

Pourquoi investir en Egypte ?

« La Société de développement de la nouvelle campagne égyptienne » a été créée début février 2016 par les ministères du Logement, de l’Agri­culture et des Finances. C’est l’acteur principal du projet de 1,5 million de feddans. Par déve­loppement, je ne veux pas dire seulement l’agri­culture, bien qu’elle soit le moteur essentiel qui pousse les autres activités dans la zone, comme les logistiques, l’industrie, le transport, le mar­keting et le tourisme ainsi que l’établissement des sociétés complètes. La bonification de 1,5 million de feddans est une première étape pour la bonification d’un total de 4 millions de feddans. La première phase pour la bonification de 500 millions de feddans a été lancée le 25 octobre. La majorité des terrains du projet sont dans le désert occidental de l’Egypte, dans des zones choisies selon la possibilité de culture et le niveau de l’eau. Un premier plan est réalisé et nous sommes dans le processus de contracter une institution internationale pour vérifier le plan et le développer. On a 10 zones principales qui commencent à Siwa et au sud de Alamein, Minya, 3 zones dans l’oasis de Farafra, Qéna et Tochka, ainsi qu’une seule zone au Sinaï. Une partie des terrains sera accordée aux petits agriculteurs et une partie aux investisseurs suivant des mécanismes variés. Les petits seront regroupés dans des groupes entre 10 et 23 agriculteurs et formeront des sociétés possédant et gérant un puits d’eau et 230 feddans chacune, car il faut cultiver sur de grandes superficies dans le désert pour que ce soit économique.
Ater Hanoura, directeur exécutif d'Al-Rif Al-Masri.

Les attraits de la micro-finance

Pourquoi investir en Egypte ?

L’assurance est un secteur qui est assez déve­loppé et le taux d’assurance peut augmenter et tripler dans quelques années. Ce sont quelques chiffres qui peuvent dire que ce secteur est en point de croissance. Nous sommes, à savoir, le gouvernement, EFSA et le secteur civil, très intéressés par la micro-finance qui a commencé en Egypte par une loi promulguée en 2014. Aujourd’hui, nous avons plus de 700 ONG et sociétés qui sont licenciées pour offrir des micro-finances. Aujourd’hui, pour la première fois, nous avons des statistiques, nous n’avons jamais en Egypte de statistiques pour la micro-finance parce qu’il n’y avait jamais de régulateur ou de régime pour autoriser cette sorte de service. Fin septembre, nous avons eu 2 millions de clients égyptiens avec une balance de finance de plus de 4 milliards de L.E. Durant l’année pro­chaine, je suis sûr que ces 4 milliards vont augmenter au moins de 50 %.

Nous sommes très intéressés à tout ce qui est fait en matière de technolo­gie financière. Nous avons commencé à introduire une E-insurance. Pour la micro-finance et les demandes de prêts, nous sommes en discussion avec la Banque Centrale pour que ce soit fait à travers les téléphones mobiles, ce qui fera avancer ce secteur en Egypte. Il y a aussi le secteur de factorisation, ou factorage, qui est relativement nouveau. Cela a com­mencé par une seule société, il y a dix ans. Aujourd’hui, nous avons 7 sociétés. Les chiffres parlent : Il y a eu une croissance de 27 % durant l’année dernière et cela augmente.
Chérif Sami, Président de l'Autorité égyptienne de supervision financière (EFSA).

D’autres réformes à venir

Pourquoi investir en Egypte ?

Le gouvernement a finalement pris des décisions difficiles qui ont pour objectif de rétablir l’équilibre économique du pays. Ces décisions pourraient contri­buer à réduire le double déficit auquel l’économie égyptienne fait face, à savoir le déficit budgétaire et celui de la balance de paiement. Mais ce n’est qu’un pre­mier pas pour assainir les fondamentaux macroéconomiques et regagner la confiance des investisseurs étrangers. Il faudra en parallèle reprendre les mesures nécessaires pour réduire le taux d’inflation qui augmente sous l’effet de l’imposition de la TVA, de l’augmentation des prix de l’énergie et de la dévaluation de la livre. Il faudra également prendre d’autres dispositions pour augmenter les revenus publics, afin de compenser l’augmentation du coût du service de la dette. En même temps, il faudra renforcer le secteur bancaire pour atté­nuer les effets des pertes actuelles de change, réalisées encore une fois de la dévaluation de la livre égyptienne.

Mais tout cela doit être fait rapidement et ponctuellement. Pour mettre l’Egypte sur la voie du développement durable et inclu­sif, il faut continuer à exécuter la politique industrielle dessinée depuis 2014. L’industrie est un moteur de croissance. Elle crée de l’emploi, développe les compétences, encourage l’innova­tion, ajoute de la valeur, augmente la productivité du travail et permet de faire des avancées technologiques dans pratiquement tous les secteurs, l’agriculture, le bâtiment, les transports, la finance, les services, etc. C’est pour cela que l’industrialisation est au coeur des politiques de développement et demeure une condition principale pour réaliser une croissance durable et exclusive. La politique industrielle de l’Egypte, qui a pour objectif de réaliser un taux de croissance annuel d’au moins 8 % afin de pouvoir créer 2 millions d'offres d’emploi et d'aug­menter la part de l’industrie dans le PIB de 18 % à 25 %. Et pour atteindre cet objectif, la politique industrielle vise à effec­tuer une transformation structurelle pour aller de la production traditionnelle basée sur les ressources naturelles à faible valeur ajoutée vers celles des produits à grand contenu technologique et à haute valeur ajoutée. Pour cela, le gouvernement essaye de réunir 6 conditions préalables, afin de réussir cette transforma­tion. Premièrement, la mise en place des réformes du cadre législatif visant à limiter les barrières bureaucratiques et amé­liorer le climat des affaires en simplifiant les règles et en rédui­sant les délais administratifs, afin d’encourager la participation du secteur privé à l’économie et de favoriser l’investissement étranger domestique et international. D’où l’importance de la nouvelle loi de l’investissement, qu’on attend toujours. Deuxièmement, il est nécessaire de relever le niveau de la qua­lité des ressources humaines et des compétences techniques à travers le système de l’éducation et la formation profession­nelle et d’entraînement pour améliorer la compétitivité du tra­vail. Troisièmement, il faut développer les PME et renforcer les liens qui les rattachent aux grandes entreprises pour assurer leur intégration dans le système économique à travers la réduction de leur fiscalité et en leur donnant accès au crédit, si possible, subventionné. Quatrièmement, fournir aux entreprises, surtout les PME, l’assistance technique nécessaire à leur essor. Cinquièmement, la création de l’infrastructure de normalisation et d’accréditation et la dévaluation de conformité dans le but d’établir des normes nationales, et surtout de les harmoniser avec les normes internationales, afin de relever la qualité de la production locale et de permettre son exportation vers les mar­chés extérieurs. Finalement, la modernisation de l’infrastruc­ture physique, c’est-à-dire des routes, des ponts, des chemins de fer, des aéroports, mais aussi de l’infrastructure des services pour qu’ils soient de qualité, efficaces et disponibles.

Or, cette politique industrielle ne peut réussir si elle n’est pas accompagnée d’une politique commerciale d’ouverture. Une « Outwork Oriented Policy », qui vise à intégrer l’économie locale dans l’économie internationale. Une politique commer­ciale d’ouverture qui donne accès aux marchés internationaux pour faire profiter aux producteurs locaux et qui ouvre le marché local à la concurrence. Une politique qui fait appel aux investis­seurs étrangers non seulement comme source de financement, mais surtout comme source de savoir-faire technique et de rela­tions avec les marchés internationaux.

Outre l’industrie, nous ne serons pas capables de faire réussir notre programme de réforme si le secteur de tourisme ne reprend pas son essor. Il faut absolument faire revivre ce secteur fonda­mental pour augmenter nos revenus en devises étrangères, réduire le déficit de la balance de paiement et pouvoir assurer les inves­tisseurs étrangers au sujet de rapatriement de leurs profits, l’un des grands problèmes auxquels ils font face aujourd’hui. Mais malgré les défis, je suis confiant que nous finirons par réussir, parce que la volonté politique des décideurs vis-à-vis du pro­gramme des réformes est certaine.
Mounir Fakhri Abdel-Nour, ex-ministre de l’Industrie et du Commerce, ex-ministre du Tourisme.

Attirer les investisseurs

Pourquoi investir en Egypte ?

Parmi les avantages qui encouragent les investisseurs à s’implanter dans la zone figure d’abord l’absence de tarifs douaniers sur tous les matériaux de production qui entrent dans la zone. Les douanes se limitent au composant utilisé dans les produits qui seront exportés vers l’Egypte. « Exporter vers l’Egypte » est, en fait, un nouveau terme que nous entendons depuis peu, vu que les lois égyptiennes s’appliquent sur les produits dirigés vers le marché égyptien depuis la zone libre. Une zone économique libre est une zone géographique déterminée qui jouit d’avantages spécifiés par la loi. La loi dont on parle est la loi 38 pour l’année 2002, permettant au conseil d’administration de la zone de jouer le rôle de tous les ministères, à l’exception de 4 ministères : les affaires Etrangères, l’Intérieur, la Défense et la Justice. Pour combattre la routine dont nous souffrons tous, on a créé le « one stop shop », ce qui signifie que l’investisseur va dans un seul endroit, présente ses documents à un seul employé qui représente tous les ministères. Le one stop shop offre ainsi les licences aux entreprises, approuve l’activité, donne les permis de construction dans un délai de 3 à 5 jours, à condition bien sûr que les documents nécessaires soient complets.
Nasser Fouad, secrétaire général de la zone du Canal de Suez.

Simplifier les procédures d’abord

Pourquoi investir en Egypte ?

Les conditions de travail dans la zone du Canal de Suez sont très variées selon la nature de la terre dans les différents endroits entre Port-Saïd et Suez. Elle est très molle à Port-Saïd, sableuse à Ismaïliya, puis presque rocheuse à Port-Saïd. Ce qui nécessite des solutions de construction différentes d’un endroit à l’autre. Nous avons l’honneur de participer avec des solutions et des produits spécialement développés pour la zone du Canal de Suez et l’Est de Port-Saïd. C’est un exemple illustrant comment l’investissement déjà implanté peut soutenir les investissements à venir.

Nous voulons une simplification des procédures au niveau de l’Egypte à l’instar de la zone du Canal de Suez, afin d’encourager l’investissement et l’exportation. Plus important, nous devons nous concentrer sur les investissements qui apportent de la valeur ajoutée locale importante. L’avantage des investissements qui n’apportent pas de valeur ajoutée signifiante n'est pas très utile, car c’est de l’importation à hauteur de 90 %, Il faut donc se spécialiser. Finalement, il ne faut pas oublier que nous sommes membres d’une zone de libre-échange dont le nombre d’habitants dépasse 200 millions de personnes, qui est la COMESA (Marché commun de l’Afrique centrale et australe) et le SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe). Il faut donc se diriger vers les marchés africains très prometteurs et prendre avantage du fait qu’on exporte à ces pays sans tarifs douaniers, et il faut se concentrer sur des industries qui ouvrent ces marchés et présenter l’Egypte comme une entrée à ce grand marché.

Hussein Mansi, président exécutif de Lafarge Egypte, représentant des investisseurs dans la session intitulée « Opportunités d’investissements en Egypte ».

Le flottement de la livre égyptienne redonne aux entreprises françaises la visibilité

Pourquoi investir en Egypte ?

L’évolution des inves­tissements français en Egypte est la question économique que l’on m’a le plus régulière­ment posée depuis que j’ai assumé mes fonc­tions au Caire en 2014. Le stock d’IDE français atteignait 3,6 millions d'euros en 2015, en hausse de 12,5 % par rapport à 2014. Quant aux flux d’investisse­ment, ils sont en moyenne de 273,9 mil­lions de dollars depuis 2010 et ont atteint 249,2 millions de dol­lars en 2015/2016, en hausse de 10 % par rapport à l’année précédente. Nos 160 entreprises implantées en Egypte emploient près de 30 000 personnes.

Ces chiffres placent la France au 6e rang des investis­seurs étrangers en Egypte, ce qui est pour moi tant un motif de satisfaction qu’une motivation à appuyer nos entreprises pour qu’elles puissent encore améliorer ce classement (...).

En cela, je veux souligner la profondeur historique de la présence de nos entreprises en Egypte. Elle montre que nos entreprises investissent ici avec une vision à long terme. Et quelle meilleure preuve de confiance que les décisions d’investissement qu’elles ont prises depuis 2011, et ce, alors que l’Egypte a traversé des situations économiques et politiques très difficiles. Ainsi, Total a racheté les réseaux de distribution d’Exon et Shell en 2013 et vient d’annoncer un plan de développement de 200 millions de dollars sur 5 ans, Danone a racheté la société Halayeb, Orange a été le premier opérateur de téléphonie mobile à finaliser ses négociations pour l’ob­tention d’une licence 4G pour un montant de 487 mil­lions de dollars. Et la période a également vu l’implanta­tion de nouvelles sociétés françaises comme Lessaffre, leader mondial de la levure alimentaire, et Axa, 1re marque mondiale d’assurance.

Ces décisions révèlent la confiance des entreprises françaises dans le potentiel de ce marché et dans la volonté des autorités égyptiennes d’entreprendre les réformes requises pour corriger les déséquilibres pro­fonds de l’économie.

A ce titre, je pense que le flottement de la livre égyp­tienne et la libéralisation du marché des changes, décidés le 3 novembre, et l’accord conclu le 11 novembre avec le FMI redonnent aux entreprises françaises la visibilité dont elles avaient besoin pour finaliser leurs décisions d’investissement à court terme.

Je les invite donc à analyser les conséquences que ces décisions peuvent avoir sur les fondamentaux de l’éco­nomie égyptienne.

En particulier, le choix de lever progressivement les subventions aux prix de l’énergie est une opportunité de rediriger les investissements étrangers. Ceux-ci ne se porteront plus en priorité vers les secteurs hautement énergivores, généralement fort consommateurs en capi­tal et peu créateurs d’emploi.

Ils privilégieront désormais les débouchés offerts par le marché intérieur égyptien, qui pourrait atteindre 150 millions de consommateurs en 2050.

Et ceux que la situation géographique de l’Egypte offre à l’export, notamment vers l’Afrique et les pays du Golfe. Beaucoup de nos entreprises, comme L’Oréal, Bel, Air Liquide, Seb ou Schneider Electric exportent déjà depuis l’Egypte. Et celles qui ne le font pas peuvent considérer l’objectif de l’Egypte de porter ses exporta­tions non pétrolière de 18,6 millions de dollars en 2015 à 30 millions de dollars fin 2020 comme une opportu­nité.

Enfin, j’invite les participants à faire du développement des PME un prisme particulier de leurs discussions du jour. C’est un défi pour les autorités égyptiennes qui ont bien compris l’impact que celles-ci peuvent avoir en matière de création d’emploi. Et c’est un défi pour notre politique d’accompagnement de l’internationalisation des entreprises, car les PME françaises n’ont pas encore trouvé toute leur place dans le tissu économique égyp­tien .

Extrait du mot de S.E. M. André Parant, ambassadeur de France en Egypte.

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