Economie > Economie >

Les banques commerciales réagissent

Névine Kamel, Jeudi, 25 février 2016

Suite à la décision de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) d’accroître le plafond des dépôts en dollars, les banques commerciales, pour faire face à la demande croissante, ont pris une série de décisions concer­nant l’octroi de dollars aux particu­liers. « Car un bon nombre de parti­culiers a abusé des retraits en dol­lars dernièrement pour des objectifs non prioritaires », explique Tamer Youssef, chef du département des crédits auprès d’une banque étran­gère présente sur le marché égyptien. L’usage des dollars à l’étranger, en cash ou en cartes de crédit, est donc maintenant limité. Ainsi, par exemple, la banque Al-Ahly a décidé de réduire le plafond de retraits en dollars dont bénéficiait le voyageur sur présentation de son billet d’avion pour l’étranger et du visa du pays à visiter. Il est désormais de 2 000 dollars contre 3 000 auparavant. De même, une fois à l’étranger, un pla­fond quotidien de retrait par carte de crédit est fixé à 200 dollars, et 1 600 dollars par mois. Ce plafond men­suel était auparavant de 8 000 dol­lars. De plus, la commission sur chaque transaction effectuée par carte de crédit est passée à 3,5 %, contre 2 % avant. La banque Al-Ahly n’est pas la seule à appliquer ces décisions. SAIB, HSBC, Bloom, et la Banque arabe africaine, elles aussi, lui ont emboîté le pas. Mais chacune selon son poids sur le marché. « La banque a réalisé que des retraits de cash élevés à l’étranger ont eu lieu au cours de la dernière période. D’habitude, les particuliers utilisent leurs cartes de crédit pour les achats. Ces retraits élevés impli­quent un abus des ressources du pays. Les particuliers ont eu leur part de responsabilité dans le déve­loppement du marché noir au cours de la dernière période », dit un res­ponsable de la banque Al-Ahly. Il ajoute que celle-ci a commencé, ces 6 derniers mois, à surveiller les transactions de ses clients et a réalisé un usage des cartes de crédit dans des buts commerciaux. « Cela contredit les règles d’usage des cartes de crédit qui doivent se limi­ter à un usage personnel », dit-il.C’est ainsi que la banque a décidé de conditionner l’octroi de dollars à ses clients selon les ressources dispo­nibles. « Ici, c’est l’intérêt du pays qui compte », résume-t-il. « Et si les banques prouvent l’usage illégal des cartes de crédit, raconte la source de la banque, les banques se sont mises d’accord pour sus­pendre les activités de ce client et désactiver sa carte de crédit ».

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique