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Pétrole : Reprise des privatizations en Egypte

Marwa Hussein, Lundi, 20 avril 2015

Le gouvernement reprend son programme de privatisation, suspendu depuis 2009. Il lance quatre offres publiques initiales pour des entreprises du secteur pétrolier.

Pétrole : Reprise des privatisations
La Bourse est le moyen le plus fréquement utilisé pour la privatisation en Egypte. (Photo:Reuters)

LA Bourse se prépare à accueillir de nouvelles sociétés publiques. Après une suspension du programme égyptien de privatisation pour plusieurs années, le gouvernement annonce, timidement, sa reprise à travers le lancement en Bourse de quatre entreprises du secteur du pétrole. Le ministère du Pétrole va lancer une Offre Publique Initiale (OPI), visant à accroître le capital des quatre entreprises. « Actuellement, le ministère est simplement en train d’enregistrer ces entreprises en Bourse », souligne un communiqué du ministère, ajoutant que les procédures pour une OPI n’auront lieu que suite à une évaluation qui devrait être menée par des cabinets spécialisés.

Le ministre du Pétrole, Chérif Ismaïl, a ainsi révélé que Midor, un des fleurons du secteur, sera la première à être introduite en Bourse. Midor est la plus grande des quatre entreprises avec un capital de 1,1 milliard de dollars. Ce lancement sera le premier en son genre pour une société publique depuis 2005, année qui avait connu le lancement d’OPI pour trois entreprises publiques, dont deux du secteur du pétrole : Amoc et Sidi Krir, en plus de Telecom Egypt qui détient le monopole des lignes de téléphone fixe en Egypte.

Le gouvernement n’a pas utilisé le mot privatisation dans son discours à propos du lancement en Bourse des sociétés pétrolières. Le premier ministre, Ibrahim Mahlab, avait en effet promis aux ouvriers du secteur public de définitivement arrêter les privatisations, suspendues de facto depuis 2009. Cette promesse remonte à sa visite aux ouvriers de l’entreprise Filature de Mahallah, en mars 2014, dans le Delta.

Les entreprises publiques du secteur du pétrole ne sont, cependant, pas soumises à la loi sur le secteur public des affaires, qui gère les autres secteurs industriels publics. Plusieurs de ces entreprises sont relativement récentes, en comparaison à celles de beaucoup d’autres secteurs qui datent des années quarante. Midor, à titre d’exemple, a été formée en 1994, alors que Mopco, GasCool et Nil Oil, les trois autres sociétés qui seront prochainement introduites en Bourse, ont été créées en 1998, 2004 et 2005, respectivement. Les quatre entreprises ont été choisies parmi les 57 entreprises du secteur du gaz et du pétrole opérant sous l’égide du ministère du Pétrole. Ce dernier souligne, dans son communiqué, que le lancement des entreprises en Bourse a pour objectif de fournir le financement nécessaire aux futures expansions des entreprises. « La surveillance des entreprises par l’intermédiaire de la Bourse et l’évaluation vont conduire à plus de discipline financière dans ces entreprises. C’est, en soi, un pas positif qui va améliorer la position financière, la restructuration et la réforme des entreprises », précise le ministre dans le communiqué.

Le gouvernement égyptien avait entamé son programme de privatisation en 1991. Les débuts étaient timides jusqu’en 2004/05, lorsque le revenu des ventes a considérablement augmenté, suite au lancement en Bourse de parts de sociétés de ciment et de pharmaceutique ainsi que de Eastern Company qui monopolise la production des cigarettes en Egypte.

La privatisation des sociétés, formées en joint-venture comme celles du secteur de pétrole et du secteur financier, a commencé en 1999. Globalement, la privatisation à travers la Bourse a été favorisée par le gouvernement avec 20 % d’entreprises privatisées à travers la Bourse, contre 17 % vendues sous forme d’actifs et 16 % vendues aux investisseurs stratégiques. Le gouvernement avait d’abord pour objectif de vendre les 314 entreprises publiques, mais mettre fin au secteur public s’est révélé difficile. Plus de 140 entreprises restaient sous l’égide du gouvernement en 2010. Selon une étude de Aliaa Al-Mahdi, professeur d’économie à l’Université du Caire, la méthode de vente s’est souvent reflétée sur la performance des entreprises. « La performance des entreprises vendues à un investisseur stratégique est meilleure que celle des entreprises introduites en Bourse », déduit Al-Mahdi dans son étude. Or, le gouvernement a favorisé ce mode de vente, car il suscite moins de controverse au sein des employés et de l’opinion publique en général .

Midor, une entreprise à fort potentiel
Midor est la première entreprise publique du secteur du pétrole, sur les quatre séléctionnées pour être l’objet d’une Offre Publique Initiale (OPI). Il s’agit d’une des entreprises les plus importantes du secteur. Midor est une entreprise de raffinage du pétrole brut et de traitement des produits pétroliers de haute qualité. Elle exporte ses produits vers plusieurs pays comme le Liban, l’Italie, la Tunisie, l’Espagne et la France. Midor a annoncé un plan pour augmenter sa capacité de raffinage de 60 %, soit 160 000 barils/ jour. La capacité actuelle de la raffinerie est de 5 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de 100 000 barils/jour.

Les investissements nécessaires pour réaliser ces expansions devraient atteindre 1,3 milliard de dollars. Les travaux commenceront cette année et devraient s’achever en 2017. Les études réalisées par Midor estiment que les revenus de l’entreprise pourraient croître de 18 %, transformant Midor en raffinerie de quatrième génération .

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