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Clémence Vidal de la Blache : Nous avons doublé le volume de nos investissements en Egypte entre 2016 et 2022

Amira Doss , Mercredi, 01 mars 2023

Clémence Vidal de la Blache, directrice de l'Agence Française de Développement (AFD), revient sur la coopération avec l'Egypte et les principaux secteurs d'investissement.

Clémence Vidal de la Blache
(Photo : Ahmad Aref)

Al-Ahram Hebdo : Pouvez-vous nous expliquer les origines et la mission de l’AFD ?

Clémence Vidal de la Blache : L’Agence Française de Développement (AFD) est la Banque de développement de l’Etat français. Concrètement, c’est la plus vieille Banque de développement bilatérale, créée en 1941 par le général de Gaulle comme le Trésor de la France libre pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il y a donc une histoire dont on est fier et qui est très porteuse de sens. Nous avons récemment fêté nos 75 ans. Evidemment, l’AFD d’aujourd’hui n’est pas celle de 1941, mais en termes de généalogie, c’est un marqueur fort de notre identité. Aujourd’hui, l’AFD est un groupe de 4 000 personnes présentes sur plus de 100 pays avec un mandat : financer les Objectifs du Développement Durable (ODD). Concrètement, nous sommes organisés en trois entités : la Banque de développement, l’AFD et ses deux filiales, Proparco qui a un mandat en appui aux projets du secteur privé qui contribuent aux ODD, et la deuxième filiale, Expertise France, qui est la filiale la plus récente de l’AFD, qui met en œuvre des projets de coopération technique et mise à disposition d’expertise française. L’AFD aujourd’hui est donc un groupe qui constitue une réponse très intégrée aux défis du développement durable, à la fois financement du secteur public et des infrastructures durables pour l’Agence, financement du secteur privé pour Proparco et renforcement de capacité, collaboration et coopération institutionnelle avec Expertise France. C’est assez rare d’avoir ces trois facettes dans un même groupe, avec cette même offre. C’est une dimension intégrée dont on est fier.

— Quels sont les critères de choix des pays où vous êtes présents ?

— Nous intervenons suite à la demande du gouvernement français qui est notre actionnaire. Donc, l’AFD est le bras armé, l’opérateur de la politique d’aide au développement de l’Etat français. Nous avons un mandat géographique qui est défini par le gouvernement français. On a commencé par exemple nos opérations en Egypte en 2006, on a ouvert un bureau en 2008, après l’expansion du mandat de l’AFD aux pays à revenus intermédiaires. Avec l’intention, qui a été consacrée par les ODD quelques années après, de travailler sur les questions de pauvreté, de développement économique durable, de lutte contre le changement climatique, de trajectoire commune. Il y avait une pertinence, des enjeux en commun et un besoin de coopération bilatérale avec les pays à revenus intermédiaires comme l’Egypte.

— Comment la coopération entre l’Egypte et l’AFD a-t-elle évolué au fil des ans ?

— L’AFD a ouvert un bureau en Egypte en 2008 et sur les dix premières années, elle s'est concentrée sur deux secteurs d’excellence. Le premier est les transports, l’histoire du métro du Caire en est l’exemple le plus marquant. On est partenaire de cette histoire depuis 15 ans. Le deuxième secteur est l’énergie renouvelable, avec des premiers projets très emblématiques. Par exemple en 2015, l’AFD a financé la centrale solaire de Kom Ombo, un petit projet en termes d’échelle (26 MW) mais qui est le premier projet solaire raccordé au réseau. Il a donc eu un effet démonstratif important, venant confirmer le potentiel incroyable d’énergie renouvelable dont dispose l’Egypte. Ces premières années ont été la phase de lancement des activités. On a eu un changement d’échelle il y a cinq ans. On le voit très clairement, et cela me permet de valoriser tout le travail qui a été fait par les équipes précédentes et par nos partenaires. Concrètement, on est passé en 2016 de 1,6 milliard d’euros investis en Egypte à 3,1 milliards d’euros investis fin 2021, et à 3,3 milliards fin 2022. On a donc doublé à la fois le nombre de projets et les volumes investis entre 2016 et 2022.

— Comment expliquez-vous ce progrès dans les investissements de l'AFD en Egypte ces dernières années ?

— Cette évolution est due à plusieurs facteurs. Il y a évidemment un contexte où le gouvernement égyptien met la priorité sur le financement d'infrastructures durables. Il s’agit d’un contexte de relance de grands programmes de modernisation, dont les transports. C’est un moment aussi où l’on commence à voir des demandes de coopération sur de nouveaux secteurs, en plus des transports et de l’énergie, qui vont rester des marqueurs très importants. On change d’échelle, par exemple, sur l’assainissement, les services urbains, la finance durable. Ce dernier point est essentiel pour comprendre notre trajectoire, mais aussi notre mandat dans un pays comme l’Egypte. On vise depuis plusieurs années à travailler avec le système financier égyptien, les banques publiques égyptiennes pour financer l’économie réelle, accompagner les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et l’entrepreneuriat féminin, accompagner des porteurs de projets, des entrepreneurs qui ont des projets qui contribuent aux Objectifs de développement durable et aux objectifs climat de l’Egypte, mais sont portés par le secteur privé. On aborde de nouveaux secteurs, par exemple, au-delà du transport urbain, on commence à regarder le ferroviaire. On continue à travailler sur nos secteurs d’expertise, d’excellence, les secteurs sur lesquels on a un track record et des réalisations, et on diversifie aussi notre portefeuille d’activités.

Donc, pour résumer, pour expliquer cette croissance, le premier facteur est lié aux programmes du gouvernement et l’accent mis sur les infrastructures durables. Puis, une diversification de secteurs et de nos partenaires. Et évidemment aussi la qualité des relations bilatérales qui se matérialise concrètement par un dialogue stratégique à haut niveau, à partir de 2019, qui vient consacrer des priorités communes. Tous ces projets sont, en effet, issus d’une programmation conjointe avec le gouvernement égyptien, avec le ministère de la Coopération internationale et avec les ministères sectoriels. Ensemble, on décide où est ce qu’on veut aller et quelles sont nos priorités communes.


(Photo : Ahmad Aref)

— Comment le budget consacré à l’Egypte a-t-il évolué de façon aussi dynamique ?

— On a signé en 2019 un accord-cadre reflétant ce dialogue stratégique, et en 2021, les présidents Macron et Sissi ont conclu un accord intergouvernemental qui identifie les objectifs conjoints en matière de coopération dans le secteur du développement, qui engage notamment le gouvernement français via l’AFD à investir 1,25 milliard d’euros entre 2021 et 2025. Cela veut dire de 200 à 250 millions d’euros par an sur de nouveaux projets. C’est le double des objectifs annuels sur la décennie précédente. C'est donc une relation bilatérale porteuse qui nous permet de changer d’échelle en termes de financements apportés à l’Egypte chaque année.

— Pouvez-vous nous donner des exemples de projets dans des nouveaux secteurs dans lesquels vous investissez ?

— L’année dernière, sur les infrastructures urbaines, on a approuvé un financement pour étendre la station d’épuration d’Al-Gabal Al-Asfar, à l’est du Caire. C'est une station qui couvre aujourd’hui le traitement des eaux usées pour 12 millions de personnes. La phase 3 qu’on cofinance avec la Banque africaine de développement et l’Union européenne va permettre de faire passer la capacité de traitement des eaux usées de 12 à 17 millions de personnes. Cela permet d’accompagner la croissance urbaine à l’est du Caire, mais aussi d’améliorer la qualité de traitement et de rejet des eaux usées et de pouvoir les rejeter dans le milieu naturel avec un niveau d’exigence très élevé. Cela permet aussi d’utiliser une partie des eaux traitées en aval pour un usage agricole dans des vergers par exemple. Ce qui va réduire la pression sur les ressources hydriques qui sont très limitées en Egypte. Cette phase va permettre aussi la production d’électricité avec des bio-digesteurs, permettant de réduire les émissions de méthane de la station, qui ont un gros impact en termes de changement climatique, mais aussi couvrir jusqu’à 70 % des besoins énergétiques de la station d’épuration. Depuis 2021, on finance tous les ans ce type d’investissement. C’est une présence assez forte et assez récente dans le secteur d’assainissement, qui est indispensable par rapport aux enjeux de gestion de l’eau en Egypte. Cela permet aussi d’illustrer ce qu’on appelle une démarche recherchant des co-bénéfices. On investit dans les stations d’épuration pour améliorer le niveau du service d’assainissement du Caire, mais cela a aussi des co-bénéfices en matière de climat, d’énergie et de biodiversité.

— Vous avez contribué récemment à un nouveau secteur, celui du transport ferroviaire. Pouvez-vous nous en donner une idée ?

— En décembre 2022, on a signé un premier accord en appui à la modernisation du réseau ferroviaire. C'est un projet qu'on finance à hauteur de 95 millions d'euros avec la Banque Européenne d'Investissement (BEI) pour augmenter les capacités de trafic fret et passagers sur la ligne Tanta-Damiette, avec l'objectif d'améliorer la qualité du service et la desserte du port de Damiette. Cela contribue évidemment à l’objectif de positionnement de l'Egypte en termes de hub logistique, cela vient renforcer l'offre du port y compris sur l'importation de produits agricoles et de denrées alimentaires stratégiques, notamment le blé. Et enfin, dans un objectif de sûreté ferroviaire, on vient contribuer au programme de modernisation assez ambitieux porté par le ministère du Transport. Ce projet d'infrastructure répond donc de nouveau à plusieurs objectifs : il présente des co-bénéfices en matière de climat, avec des impacts et un effet d'entraînements sur des enjeux de chaînes logistiques, de trafic passager et de sécurité ferroviaire. Nous allons continuer à travailler dans ce secteur ferroviaire.

— Quel est le rôle joué par l'AFD dans le soutien au système financier égyptien ?

— C'est un nouveau rôle que je considère très important, sur lequel j'aimerais que l'AFD continue à œuvrer et à renforcer notre visibilité, car c'est indispensable dans le cadre plus global de réflexion sur les leviers du développement. C'est notre rôle d'appui aux banques publiques égyptiennes. L'AFD n'est pas une banque de détail, nous n’avons pas vocation à financer des PME en direct, et en même temps, on sait que les petites et moyennes entreprises portent une partie importante de l'emploi du secteur privé, de la création de valeur. Elles sont un élément indispensable de reprise de la machine économique et de trajectoire durable, partout dans le monde. L'AFD est ainsi convaincue, au niveau mondial, que notre rôle de Banque de développement doit avoir un effet de levier sur les systèmes financiers nationaux.

On a signé pendant la COP27 une ligne de crédit avec les trois principales banques publiques égyptiennes, National Bank of Egypt, Banque du Caire et Banque Misr, pour un montant total de 140 millions d'euros avec un programme d'assistance technique financé par l'UE. Cela permet de mettre en place, avec les banques partenaires, des guichets de financement concessionnels avec des conditions financières avantageuses pour des entrepreneurs qui ont des projets qui contribuent aux ODD. C'est complètement cohérent avec les orientations du régulateur, la Banque Centrale d'Egypte (BCE), avec des directives « finance durable » publiées en juillet 2021 et novembre 2022. C'est l'exemple d'un programme qui couvre à la fois des lignes de crédits de financement concessionnel en faveur des banques, une subvention de l'Union européenne directement pour les entrepreneurs, mais aussi pour accompagner les banques pour travailler sur leurs outils, produits, mécanismes d'appréciation du risque, et leurs mécanismes de sourcing, pour venir progressivement orienter le secteur financier égyptien en faveur de projets portés par le privé et qui sont cohérents avec une trajectoire de développement durable. C'est aussi ce que fait notre filiale Proparco en appui à des banques privées.


(Photo : Ahmad Aref)

— Au-delà des infrastructures durables, quelle est la contribution de l'AFD dans les secteurs sociaux ?

— Depuis 2016, à la demande des autorités égyptiennes, on accompagne certaines réformes-clés dans les secteurs sociaux. L'AFD finance depuis 2016 l'appui à la réforme de l'assurance maladie universelle avec deux financements en prêts budgétaires, accompagnant le ministère des Finances et le ministère de la Santé sur leurs programmes de réforme, y compris avec une coopération institutionnelle. On vient donc comme partenaire financier et aussi technique, mobilisant notre filiale Expertise France avec des experts français et européens pour travailler avec les ministères qui animent cette réforme, sur le pilotage, sur le renforcement de capacité, les outils de suivi, l'accompagnement des populations les plus vulnérables, l’intégration du secteur informel dans la réforme.

Sur un autre enjeu critique, l’éducation : l'année dernière, on a lancé un projet plus modeste en termes de volume financier, financé par un don de l'Etat français. Il s'appelle le projet Trèfle, où on accompagne le ministère de l'Education sur la préparation d'une réforme de grande ampleur, celle de la Langue Vivante 2 (LV2) qui va être obligatoire à partir de 2024. La conviction qu'on partage avec les autorités égyptiennes et françaises est que cette réforme représente une formidable opportunité pour redynamiser le réseau d'enseignants du français dans les écoles publiques égyptiennes, pour améliorer la qualité, la pertinence et l'attractivité de l'offre de l'enseignement du français. Nous allons travailler sur la mise à niveau linguistique de plus de 550 enseignants et inspecteurs dans différents gouvernorats, avec à la fin du parcours une certification DELF. Mais nous les accompagnons aussi sur de nouvelles pratiques pédagogiques : des outils numériques et des nouveaux programmes et manuels. L’objectif à terme est de toucher les 2 millions d’élèves qui apprennent le français dans les écoles gouvernementales.

— Comment fonctionne la collaboration avec les ministères égyptiens, afin qu'un projet voie le jour ?

— On a une stratégie qui a été élaborée avec les autorités égyptiennes, et qui s’appuie sur l'accord intergouvernemental de 2021, signé au plus haut niveau. On est parti de cet engagement et on a rédigé avec le ministère de la Coopération internationale, qui est notre premier interlocuteur, un document de cadrage stratégique qui couvre jusqu'en 2025. Cela nous permet de cibler nos priorités communes en termes de secteurs et de projets.

Cette stratégie définit la capacité d'intervention de l'AFD à plusieurs échelles. L'échelle régionale, visant à appuyer l'intégration de l'Egypte dans son environnement, dans les chaînes logistiques mondiales et à conforter le rôle de l'Egypte comme hub énergétique. Ensuite, à l'échelle nationale, des projets qui permettent de renforcer les services et réseaux sur l’ensemble du territoire, à l'exemple de notre appui au système financier égyptien. Et au niveau local, les projets qui visent à répondre à des enjeux de croissance économique, de réduction des inégalités. La stratégie cible également des thématiques transversales comme la lutte contre le changement climatique qui est une partie très importante de notre mandat au niveau global. En Egypte, 90 % de nos projets ont un effet positif sur le climat. Le second axe transversal vise la réduction des inégalités, notamment en faveur du genre, et l’inclusion des femmes. Accompagner des femmes chefs d'entreprises ou qui veulent créer leurs affaires. Enfin, la dernière thématique est l’innovation, l'emploi et la jeunesse. On est persuadé que le dividende démographique égyptien représente un potentiel énorme, mais il faut proposer des opportunités d'emploi décent et une insertion aux jeunes bacheliers sur des filières porteuses d'avenir. Nous allons donc viser à développer nos activités pour soutenir l'emploi des jeunes, l'entrepreneuriat et l'insertion professionnelle.

Ensuite, en partant de cette stratégie, on répond toujours à une requête des autorités publiques. Le ministère de la Coopération internationale priorise les financements extérieurs pour chaque porteur de projets.

— Est-ce que les dernières évolutions mondiales liées au conflit en Ukraine vous ont obligés à revoir vos priorités ?

— Sur 2023, on travaille sur deux projets liés à la sécurité alimentaire en Egypte. Ce sont des projets encore en discussion. Evidemment, l'actualité depuis mars 2022, l'impact de ce choc exogène de la guerre Russie-Ukraine sur les chaînes logistiques mondiales, sur l'Egypte, sont venus renforcer notre conviction qu'il fallait travailler sur ce secteur avec nos partenaires. Mais en fait, ce sont des études commencées bien avant. On avait travaillé par le passé sur des projets de finance agricole durable en Egypte. Et donc ce choc, quelque part, a confirmé que notre lecture des enjeux de développement, la demande de notre partenaire égyptien et les études qu'on avait lancées pour la préparation de nouveaux projets étaient vraiment pertinentes. Et aujourd'hui, il faut simplement leur donner un coup d'accélérateur.

— Vous avez pris vos fonctions récemment. Quelles sont vos impressions ?

— Oui, j'arrive de New Delhi où j'ai passé quatre ans comme directrice adjointe de l'AFD en Inde. On avait, en Inde, un portefeuille à peu près de la même taille, mais avec des enjeux de développement qui sont différents. J'amène ce bagage, ce parcours et cette expertise avec moi. Cela fait 15 ans que je travaille dans le secteur du développement. J'ai travaillé en Afrique du Sud et de l’Est, sur l'Asie du Sud et du Sud-Est. Mais c'est la première fois que je vis et travaille dans la région. C’est l'un des attraits de ce poste, mais aussi une sorte de défi. Je fais confiance à mon équipe, une équipe qui a beaucoup grandi ces dernières années. Et je fais aussi confiance à nos partenaires, pour répondre à leurs besoins et faire face ensemble aux difficultés. Nous avons un slogan à l’AFD qui a été adopté il y a quelques années, à savoir « un monde en commun ». C'est pour souligner que les défis d'aujourd'hui sont des défis partagés.

Depuis mon arrivée ici en septembre, j'ai encore ce regard un peu « extérieur », je suis impressionnée par la qualité de nos interlocuteurs, par le partenariat très fort entre la France et l'Egypte, qui justifie et qui ancre nos activités. Nous avons une stratégie AFD élaborée et lancée en coordination très étroite avec le ministère de la Coopération internationale, complètement alignée sur la « Vision 2030 ». Il est essentiel pour moi de m'assurer qu'en termes de vision stratégique, on est vraiment au service de nos clients. Et notre client, c'est le gouvernement égyptien. Et in fine, les entrepreneurs égyptiens, les habitants du Caire et d’Alexandrie, les utilisateurs du métro. Par exemple, depuis 2006, les financements de l’AFD se sont traduits par un appui à +20 000 entreprises, +40 000 emplois créés. Nous avons financé 600 MW d’énergies renouvelables. Améliorer les transports publics pour 4 millions de passagers. C’est essentiel de pouvoir mesurer nos impacts et d’être redevables de ces résultats aux côtés de nos partenaires.

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