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Probable hausse des taux d’intérêt

Marwa Hussein , Mercredi, 11 mai 2022

La Banque Centrale d’Egypte (BCE) devrait augmenter les taux d’intérêt à la suite de la récente hausse de ceux de la Réserve fédérale américaine.

Probable hausse des taux d’intérêt
Les prévisions concernant le taux de change de la livre égyptienne sont encore peu claires.

La décision de la Réserve fédérale américaine (Fed), le 4 mai, de relever son taux d’intérêt de référence au jour le jour d’un demi-point de pourcentage, le plus grand bond en 22 ans, devrait affecter les marchés émergents, et l’Egypte ne fait pas exception. La hausse des taux d’intérêt sur le dollar a toujours encouragé la fuite des capitaux des investisseurs des portefeuilles des marchés émergents. Ces derniers sont obligés d’élever leurs taux d’intérêt afin de limiter la sortie des investissements de portefeuille et de contrôler l’inflation. Ainsi, il est prévu que le Comité de politique monétaire de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) augmente les taux d’intérêt directeurs lors de sa troisième réunion périodique de l’année, le 19 mai. Lors d’une réunion extraordinaire le 21 mars, le Comité de politique monétaire a décidé de relever les taux d’intérêt de base de 1%. La décision a fait suite à celle de la Réserve fédérale de relever ses taux d’intérêt de 25 points de base, pour la première fois en 4 ans.

La Fed prévoit d’autres hausses des taux d’intérêt pendant ses réunions périodiques en 2022. « La balance penche déjà pour une nouvelle hausse d’un demi-point lors des deux prochaines réunions (mi-juin et fin juillet) », a prévenu le président de la Fed, Jerome Powell. « Bien que la décision de la Fed de relever les taux d’intérêt était attendue, elle confirme les pressions mondiales qui entourent actuellement l’économie égyptienne. Le resserrement monétaire dans les grandes Banques Centrales ajoute à l’incertitude qui nuit à l’économie en général et aux taux d’investissement en particulier », a déclaré Esraa Ahmed, économiste en chef auprès d’Al-Ahly Pharos, estimant qu’une hausse des taux d’intérêt de 2% au cours de l’année est adéquate. « En général, nous voyons la nécessité d’augmenter encore 2 % au cours de l’année en cours, le rythme peut varier selon ce que la Banque Centrale juge approprié, soit brusquement ou graduellement », ajoute-t-elle. Amr Al-Alfy, chef de la recherche auprès de Prime, prévoit une hausse de 1 à 2 % au cours de la prochaine réunion le 19 mai et entre 2 et 3% au cours de l’année.

La sortie de l’argent chaud

Les marchés émergents partagent plusieurs craintes concernant la sortie des investissements, l’affaiblissement des monnaies locales, la hausse de l’inflation et la baisse de la croissance. En fait, la hausse des taux d’intérêt peut conduire à la sortie des investissements étrangers des marchés locaux de la dette au profit des bons du Trésor américain, car ils combinent rendement et sécurité. « L’argent chaud ne devrait pas revenir bientôt, car l’humeur générale des investisseurs internationaux évite actuellement les risques sur les marchés émergents, en particulier avec les inquiétudes entourant la performance de l’économie chinoise. Et le retour de ces fonds ne peut se produire qu’avec des changements mondiaux qui inversent la situation actuelle », explique Esraa Ahmed. La sortie de l’argent chaud, suite à la première hausse des taux d’intérêt en mars dernier, a été en grande partie compensée par des dépôts et des investissements des pays du Golfe, en tête desquels l’Arabie saoudite. « Nous n’avons qu’à élever les taux d’intérêt afin d’attirer de nouveaux investisseurs », estime Al-Alfy, prévoyant une sortie moins importante des investisseurs de portefeuilles.

En ce qui concerne le taux de change de la livre face au dollar, les prévisions sont encore peu claires. « Le taux de change est soumis à un niveau d’incertitude très élevé, et il est imprévisible, en raison de l’interaction de plusieurs facteurs extérieurs au cadre économique qui contrôlent son cours », estime Esraa Ahmed, ajoutant qu’en général il dépend de l’évolution des conditions mondiales et de la vision des investisseurs sur les marchés émergents. « Si les tensions géopolitiques et les craintes concernant l’économie chinoise s’atténuent, certains flux de dollars pourraient revenir aux marchés émergents, et si cela s’accompagne d’un financement du FMI avec le soutien des pays du Golfe, les craintes liées au dollar pourraient s’apaiser, puis la livre pourrait se redresser », espère-t-elle.

En revanche, si la crise mondiale se prolonge et que les tensions s’intensifient, il est fort probable que la livre connaisse à nouveau de nouvelles baisses qui pourraient atteindre à moyen terme le seuil de 20 L.E. face au dollar, compte tenu de la sensibilité de l’économie égyptienne aux variations des prix des matières premières mais aussi d’autres facteurs comme la spéculation.

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