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Sommet UA : Mobilisation économique et sécuritaire

Sabah Sabet, Lundi, 30 juin 2014

L’objectif d’autonomie économique et financière du continent ainsi que la lutte contre le terro­risme sont les sujets les plus discutés au 23e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouverne­ment de l’Union Africaine (UA), qui s’est achevé vendredi à Malabo.

Sommet UA : Mobilisation économique et sécuritaire
Les chefs d'Etat de l'UA ont pris comme priorité la croissance économique et la lutte contre le terrorisme.

« les chefs d’etat ont mis en exergue le rôle de l’agriculture comme l’un des piliers de la croissance économique en Afrique. Ils se sont accordés à consacrer 10 % des budgets de leurs Etats au secteur agricole qui garantit la sécurité alimentaire et contribue à la réduction de la pauvreté », a détaillé le président mauritanien et président du sommet, Mohamad Ould Abdelaziz, lors de son allocu­tion sur les résultats du sommet de Malabo (Guinée équatoriale), qui s’est clôturé vendredi soir. Il ajoute que lors des entretiens construc­tifs, les chefs d’Etat se sont également engagés à moderniser les infrastructures du secteur.

C’est une quarantaine de dirigeants africains, en présence des invités tels le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon, le vice-prési­dent cubain Salvador Valdes Mesa ou encore le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui ont participé à cet événement africain avec pour thème officiel l’agriculture et la sécurité alimen­taire. Dans ce cadre, l’adoption du protocole d’établissement et des statuts du Fonds Monétaire Africain (FMA) est un principal fait marquant de ce sommet auquel les participants ont pris part.

Créé en 2009, le FMA a la vocation de contri­buer à la stabilité économique et à la gestion des crises financières en Afrique, en favorisant la croissance macro-économique et le développe­ment commercial, par la promotion des échanges commerciaux entre les pays du continent. Il est censé permettre la création d’un marché com­mun africain programmée pour 2017.

Ayant son siège à Yaoundé (Cameroun), cette institution est chargée de doter à terme le conti­nent d’une monnaie unique en vue d’une meilleure intégration économique régionale paralysée pour l’heure, par l’existence d’une multitude de monnaies (une cinquantaine) non convertibles les unes envers les autres, un véri­table frein au commerce intra-africain établi à un faible niveau de 12 % du total. Au même titre que la Banque centrafricaine (BCA) établie à Abuja, au Nigeria, et de la Banque Africaine de l’Investissement (BAI) à Tripoli, en Libye, sa mise en place avait été prévue dans l’Acte constitutif de l’UA adopté en 2000 à Syrte en Libye. Le processus retardait en raison des manoeuvres de suprématie manifestées par le « big five » ou groupe des plus gros contribu­teurs de l’UA composé de la Libye, de l’Egypte, de l’Algérie, du Nigeria et de l’Afrique du Sud, pour l’octroi d’un droit de veto sur la gestion du capital fixé à 22 milliards de dollars américains et le fonctionnement de la banque. Un consensus a finalement été trouvé lors du sommet de Malabo pour qu’un poste d’administrateur per­manent soit attribué à un pays participant à plus de 3,5 % du capital, sans droit de veto cepen­dant, selon une information communiquée à l’agence de presse Xinhua par une source proche du dossier à l’UA.

Reste la ratification

Pour autant, rien n’est réglé totalement pour la mise en service effective du FMA. Après l’étape de l’adoption du protocole d’établisse­ment et des statuts, il reste maintenant la ratifi­cation par au moins 15 pays ayant accepté d’être partie prenante de ce processus. Soit encore de longs mois d’attente en perspective avant de voir l’institution démarrer ses activi­tés à son siège de Yaoundé. Une fois cette étape franchie, le FMA devra s’employer à se doter d’un organigramme et procéder à la dési­gnation de son équipe managériale comprenant un directeur général.

La décision prise par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en Guinée équatoriale se rapporte, à leurs yeux, à un instrument d’éman­cipation vis-à-vis du reste du monde en vue de l’affirmation de l’autonomie financière qui pour l’heure se résume à un idéal trahi par un déséqui­libre budgétaire chronique connu par l’UA entre les apports propres modestes et les apports exté­rieurs plus importants. C’est le constat établi également par le président en exercice de l’orga­nisation panafricaine, Ould Abdelaziz, et ses pairs tout au long du sommet.

En outre, les préoccupations des participants au sommet ont été orientées vers la menace terroriste et d’autres phénomènes tels le crime organisé, le grand banditisme ou encore l’insé­curité transfrontalière qui ébranlent le conti­nent en ce moment. Pour cette raison, l’atten­tion a été portée sur les attaques subies aussi bien au Nigeria de la part de la secte Boko Haram qu’au Kenya et en Somalie, des com­battants des groupes armés islamistes Shebab. Les crises malienne, centrafricaine, sud-souda­naise, libyenne et d’autres ont aussi animé les discussions.

De son côté, le président mauritanien a men­tionné l’unanimité des leaders africains à lutter contre le terrorisme avec une coordination entre les systèmes de sécurité et de renseignement des pays de l’UA. « Cette coordination permet de tarir les origines du soutien et de financement de ces groupes terroristes qui profitent du manque de collaboration entre les Etats africains », a-t-il dit. Dans ce même contexte, il a annoncé que la force africaine d’intervention rapide prendra ses fonctions dès le début de l’année prochaine.

Comme de règle, pour le premier des deux rendez-vous annuels institués par l’UA, le pro­chain aura lieu en janvier 2015 à Addis-Abeba, au siège de l’organisation en Ethiopie, avant N’Djamena au Tchad en juin de la même année. Ban Ki-moon a salué l’initiative de la confé­rence internationale sur le développement à Addis-Abeba. Ce dernier a exhorté les pays afri­cains à veiller à ce que le développement soit durable et profite à tous dans ce continent. Il a par ailleurs recommandé d’exporter davantage de biens à valeur ajoutée, de développer les mar­chés régionaux, d'éliminer les flux illicites de fonds, de lutter contre les inégalités, d'améliorer l’accès à la protection sociale et aux services de base tels que l’eau et l’assainissement.

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