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Sombres perspectives en RDC

Sabah Sabet avec Agences, Lundi, 09 septembre 2013

Après le sommet des Grands Lacs centré sur la crise congolaise, des concertations nationales ont commencé cette semaine. Mais le boycott de l'opposition et la tension dans l'est du pays amenuisent les chances de réussite.

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La tension à l'est de la RDC a intensifié les efforts internationaux et nationaux.Photo : AP

Les tentatives à l’inté­rieur et à l’extérieur se poursuivent face à la triple crise politique, sociale et sécuritaire qui frappe la République démocratique du Congo. Samedi, le président congolais Joseph Kabila, réélu dans des circonstances contes­tées en 2011, a donné le coup d’envoi des concertations natio­nales. Il s’agit de discussions entre les différentes parties poli­tiques au sein du Parlement, pré­vues pour une quinzaine de jours. L’objectif officiel est d’in­viter toutes les composantes de la vie publique congolaise à apaiser leurs divergences et à favoriser l’émergence d’une cohésion nationale. « Les concertations nationales doivent permettre de rétablir et consoli­der la cohésion interne en vue (...) de renforcer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du terri­toire national et de mettre fin au cycle infernal de violences, dans l’est du pays », a annoncé Kabila devant 700 délégués de diffé­rents courants politiques.

Mais plusieurs partis d’opposi­tion ont d’ores et déjà annoncé leur boycott de ces consulta­tions, à l’instar de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), première force de l’opposition, ainsi que d’autres formations d’opposants comme l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Ces partis ont déclaré qu’ils auraient voulu que les discussions débordent du champ fixé par Kabila et qu’elles incluent les questions tels la gou­vernance, l’économie, le désar­mement des groupes armés, les conflits communautaires et la décentralisation. Or, tout ceci est absent du dialogue, un dialogue pour la forme.

Ainsi, avec ce boycott, le dia­logue risque de se limiter à un simple échange entre la majorité et la société civile, elle même divisée sur la position à adopter entre participation et boycottage. En juillet, près de 80 partis d’op­position avaient estimé que la forme retenue pour les assises ne correspondait pas à la recom­mandation de l’Onu d’organiser « un dialogue politique transpa­rent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises ». Or, dans son dis­cours, Kabila a pris soin de poser clairement les limites : « Les délégués aux concertations nationales n’ont pas vocation à se substituer au souverain (...), moins encore à remettre en cause les décisions qui relèvent du pouvoir exclusif de ce dernier ».

Tension régionale

Autre entrave à la réconcilia­tion nationale, ces négociations interviennent alors que la tension règne dans l’est de la République, où des combats opposent l’ar­mée congolaise et les rebelles du M23. Depuis le 30 août, le M23 est replié à Kibumba, à une tren­taine de kilomètres au nord de Goma, après une offensive de la brigade d’intervention de l’Onu et des forces congolaises. Mais la rébellion du M23 n’est pas la seule à sévir dans l’est de la RDC, d’autres groupes armés sont implantés dans la province du Nord-Kivu. De plus, le Rwanda voisin est accusé par la RDC ainsi que par l’Onu de sou­tenir le M23.

Avec ces accusations, la ten­sion dans l’est du Congo prend des proportions régionales. D’où la tenue d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des Grands Lacs jeudi dernier à Kigali, précédé d’une tournée de l’envoyée spéciale de l’Onu pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson. Lors de ce sommet, les participants ont exigé que les rebelles congolais du M23 dépo­saient les armes pour permettre une reprise des négociations avec Kinshasa.

Une demande qui semble irréaliste à l’heure actuelle, alors que l’Etat peine à imposer son autorité sur l’ensemble du terri­toire, face aux nombreux groupes armés, mais surtout face au rôle joué par les pays voisins .

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