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Ely Sy Beye : L’avenir de l’investissement est en Afrique

Sabah Sabet, Mercredi, 04 mars 2020

Lors d’un colloque tenu la semaine dernière au quotidien Al-Ahram, le nouvel ambassadeur du Sénégal en Egypte, Ely Sy Beye, a donné sa vision sur les questions africaines et les relations bilatérales.

L’avenir de l’investissement est en Afrique

Al-Ahram Hebdo : L’un des objectifs communs à tous les pays africains est de parvenir à une vraie intégration africaine. La Zone de Libre-Echange Continentale (ZLEC) permet-elle d’atteindre cet objectif et comment le Sénégal en particulier oeuvre-t-il à cela ?

Ely Sy Beye : La Zlec est très importante pour tous les pays du continent. Le Sénégal a signé la Zlec et ceci lui sera bénéfique dans plusieurs domaines tels que les services bancaires, la création de nouvelles entreprises, etc. Bref, la relance de l’économie en général. Ce dont notre pays a largement besoin en tant que pays qui se développe.

— Pour ce qui est de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de laquelle le Sénégal est partie, qu’est-ce qui est fait pour renforcer l’intégration ?

— Actuellement, les huit pays membres de la Cédéao visent à créer une union monétaire, c’est pourquoi ils ont signé un nouvel accord monétaire mettant fin au franc CFA en vue de le remplacer par la monnaie africaine ECO. Mais malheureusement, le Nigeria, dont l’économie est des plus élevées de la Cédéao, refuse la nouvelle monnaie et y voit un désavantage. Ce qui représente un obstacle face à son application. Pourtant, cette mesure est cruciale pour l’intégration économique et les échanges économiques au sein du groupement. Mais les discussions se poursuivent pour résoudre ce problème.

— La menace terroriste entrave le développement, notamment avec la crise libyenne ...

— Malheureusement, les groupes terroristes trouvent, dans les pays souffrant de conflits, une terre fertile. Pour ce qui est du conflit libyen lui-même, la solution politique est la seule. Les Libyens doivent résoudre leurs problèmes eux-mêmes, pas les autres. Le Sénégal est contre n’importe quelle intervention étrangère. Pendant sa présidence de l’Union africaine, le président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi, qui parle d’une seule voix africaine, a insisté sur ce point.

— Le Sénégal a-t-il exprimé cette opinion au président turc lors de sa dernière visite dans votre pays ? Et la Turquie a-t-elle fait part de son désir d’installer une base militaire au Sénégal ?

— Oui, bien sûr, on a insisté sur la nécessité de parvenir à une solution politique à la crise libyenne sans intervention extérieure. En ce qui concerne la création d’une base militaire, c’est une affaire absolument refusée. Même les Etats-Unis ont exprimé le même désir et nous avons refusé.

La Turquie, comme d’autres pays, cherche à investir en Afrique. Car l’avenir de l’investissement est en Afrique.

— Comment évaluez-vous la présidence de l’UA par l’Egypte ?

— C’est vraiment formidable, le président Al-Sissi a transmis notre voix et nos désirs partout dans le monde. Il a donné la priorité à l’intégration africaine. Personnellement, j’ai eu l’occasion de participer au Forum des jeunes arabes et africains à Assouan, ce qui m’a donné l’occasion de voir les choses de près, et vraiment j’ai apprécié ses efforts.

— Et qu’en est-il des relations bilatérales ?

— Nous avons de bonnes relations et dans tous les domaines. Nous sommes heureux que le Sénégal ait été l’invité d’honneur du Salon du livre du Caire cette année, une centaine d’écrivains sénégalais ont eu l’occasion de présenter leurs oeuvres. De plus, lors de sa visite à Assouan, le président Macky Sall a exprimé son admiration de la nouvelle station de l’énergie solaire de la ville, révélant son désir de lancer un projet similaire au Sénégal. De même, la Nouvelle Capitale administrative est un exemple, nous aussi, nous avons besoin de nous éloigner de la centralisation de la capitale Dakar. En outre, avec les découvertes de gaz naturel et de pétrole, nous avons besoin de l’aide de l’Egypte vu son expertise dans ce domaine. Une visite officielle des ministres du Pétrole et de l’Habitat est prévue prochainement en Egypte pour une coopération dans ces deux domaines. Les deux chefs d’Etat ont le désir de renforcer la coopération bilatérale, ils ont mis les grandes lignes à cet effet, et l’heure est aujourd’hui à la mise en application.

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