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Un conflit cristallisé autour d’Al-Aqsa

Abir Taleb avec agences, Mardi, 18 novembre 2014

Bien qu'elle ait baissé d'intensité, la tension reste vive à Jérusalem-Est. Avec l'accélération de la colonisation, elle risque d'annoncer une nouvelle Intifada.

Un conflit cristallisé autour d’Al-Aqsa
(Photo:AP)

Des affrontements ont opposé, le week-end dernier, des Palestiniens à des policiers israéliens dans le quartier d’Al-Tur, à Jérusalem-Est, annexée et occupée par Israël, faisant au moins un blessé parmi les manifestants. Un scénario devenu routinier depuis plusieurs semaines. Ces heurts quasi quotidiens se sont même étendus à la Cisjordanie et à des villes arabes israéliennes. Au point que certains analystes pointent à l’horizon une nouvelle Intifada, en raison de ces tensions, exacerbées par les projets de colonisation juive.

Leur intensité est, certes, retombée après une visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry à Amman, mais la situation reste aussi vive. M. Kerry a rencontré le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et le roi Abdallah II de Jordanie, laquelle s’est mobilisée cette semaine pour réduire les tensions à Jérusalem. A l’issue de ces discussions, M. Kerry a affirmé que l’Etat hébreu et le Royaume, gardien de l’esplanade des Mosquées, avaient convenu de prendre des mesures pour « faire baisser la tension » à Jérusalem, et « rétablir la confiance ».

Depuis plusieurs semaines, les Palestiniens accusent, en effet, Israël de profanations répétées du lieu. Les Palestiniens et les musulmans s’inquiètent surtout des revendications de plus en plus pressantes de juifs extrémistes qui réclament le droit de prier sur l’esplanade. Ils craignent que M. Netanyahu ne cède à la pression, bien que ce dernier ait répété n’avoir aucune intention de modifier le statu quo. De plus en plus de fidèles juifs obtiennent, néanmoins, de la police israélienne des dérogations à l’interdiction qui leur est faite de fouler l’esplanade sacrée.

Pressions

Le week-end dernier, Israël, sous la pression américaine, a facilité l’accès à la mosquée Al-Aqsa pour tous les musulmans lors de la prière du vendredi. Un geste, sans plus. Car il serait illusoire d’attendre d’Israël et du gouvernement de M. Netanyahu davantage. Pourtant, les pressions ne manquent pas. Après les efforts du secrétaire d’Etat américain, c’est le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, en visite samedi et dimanche en Israël et dans les Territoires, qui a plaidé pour un retour aux négociations de paix. Les Occidentaux plaident également pour un arrêt des projets de colonisation israéliens, sans cesse relancés et qui constituent une entrave à la solution des deux Etats. En effet, les affrontements qui ont lieu à Jérusalem-Est sont le plus souvent causés par de nouvelles annonces de projets de constructions israéliens ou d’expropriations de Palestiniens.

Mais à ce sujet, les nouvelles déclarations israéliennes n’arrangent pas les choses. « Nous n’accepterons aucune limitation à la construction dans les quartiers juifs à Jérusalem », a réaffirmé dimanche le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. « Une chose doit être parfaitement claire : nous n’accepterons jamais que la construction dans les quartiers juifs de Jérusalem soit définie comme une activité de colonisation », a ajouté le chef de la diplomatie israélienne, après sa rencontre avec son homologue allemand. Israël avait annoncé, la semaine dernière, l’accélération des plans pour la construction de 1 000 logements à Jérusalem-Est, empoisonnant encore davantage l’atmosphère déjà très tendue dans la partie palestinienne de la ville sainte. L’Union européenne avait alors appelé Israël à « revenir d’urgence » sur cette décision qualifiée de « peu judicieuse et opportune », tandis que les Etats-Unis ont critiqué une telle action, « incompatible », selon eux avec les efforts de paix entrepris dans la région.

Autant d’appels qui restent sans preneur. Le gouvernement de Benyamin Netanyahu a clairement fait comprendre qu’il n’oeuvrerait pas pour la solution des deux Etats .

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